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HCR | Des Rohingyas retrouvent l’humanité en Indonésie…

En ligne depuis le 21 mai 2015

… après une terrible épreuve en mer.

Alors que les gouvernements de la région délibèrent pour savoir que faire des bateaux remplis de personnes vulnérables échoués en mer, le peuple d’Indonésie a agi.

Article de Mitra Salima Suryono paru sur le site du HCR, le 18 mai 2015. Cliquez ici pour lire l’article sur le site du HCR.

La semaine dernière, des pêcheurs indonésiens ont secouru plus de 1300 Bangladais et Rohingyas du Myanmar après qu’ils aient dérivé ou nagé jusqu’aux côtes des provinces d’Aceh et du Sumatra du Nord. Les communautés locales ont mobilisé des dons de nourriture et d’eau et leur ont offert un soutien moral tout ce dont les boat people avaient désespérément besoin après la terrible épreuve qu’ils avaient endurée.

Fatimah*, âgée de 18 ans, a tout juste survécu au périple. Elle avait décidé de quitter un camp de personnes déplacées à Sittwe, la capitale de l’Etat de Rakhine au Myanmar, après l’assassinat de son mari pêcheur dans des circonstances mystérieuses il y a plus d’un an, étant dans l’incapacité de s’assumer ainsi que ses deux fillettes.

Espérant rejoindre sa sœur en Malaisie, elle a donné tout ce qu’elle possédait 200’000 kyats (180 dollars E.-U.) pour monter à bord d’un bateau de passeurs il y a environ trois mois. Le bateau a fait des arrêts pour transférer et embarquer d’autres passagers, ce qui a conduit à une surcharge importante. Les passagers étaient nourris deux fois par jour, parfois de riz, de bouillie, de poisson frit ou de patates. Il y a plus d’une semaine, l’équipage s’est enfui sur un hors-bord et les a abandonnés en pleine mer.

«Certains passagers qui savaient naviguer ont pris le contrôle du bateau. Nous avons navigué jusqu’à ce que nous soyons à court d’essence», a expliqué Fatimah, en indiquant que certaines personnes sont parties à la nage pour chercher de l’aide. «Le 10 mai, le bateau transportant 584 hommes, femmes et enfants originaires du Myanmar et du Bangladesh a été secouru par des pêcheurs locaux dans la province d’Aceh, en Indonésie».

«Les pêcheurs et les habitants sont extrêmement serviables et gentils avec nous», a témoigné Fatimah. «Ils nous ont emmenés à la mosquée la plus proche et nous ont permis de nous reposer tout en nous offrant de la nourriture, de l’eau et des casse-croûtes».

Sa fille ainée, Anwara, âgée de trois ans, a souffert de déshydratation les premiers jours. Rusmawati, une habitante, les a invitées chez elle pour se laver et s’inquiétait de l’état de faiblesse de la petite fille encore le lendemain.

«Nous ne parlons pas la même langue, il est très difficile de comprendre ce qu’elles disent, mais je sais que nous avons la même religion et nous sentons qu’elles ont besoin d’aide», a déclaré Rusmawati, en souhaitant un prompt rétablissement à Anwara.

Pendant les premiers jours, les boat people ont été hébergés dans une salle de sport à Lhoksukon sous la coordination de Dinas Sosial, le centre d’assistance sociale du district. Tandis que le HCR s’activait pour enregistrer les Rohingyas au sein du groupe, la nourriture et les vêtements offerts par les habitants et les organismes gouvernementaux ne cessaient d’affluer. Le personnel local se relayait trois fois par jour pour préparer des repas pour le groupe.

Ani, une enseignante au lycée qui travaille à une heure de Lhoksukon, est venue avec tous ses élèves pour apporter des boites de nouilles déshydratées et des casse-croûtes. Elle a ensuite demandé aux employés du HCR de leur faire une courte session de sensibilisation pour expliquer pourquoi les réfugiés venaient et pourquoi la population devait les aider.

Quand l’heure est venue de partir pour un autre site mercredi dernier, des centaines d’habitants se sont rassemblés à l’extérieur de la salle de sport pour dire au-revoir aux personnes dont ils avaient si intensément pris soin. Les femmes ont versé des larmes d’empathie et d’inquiétude. Beaucoup de leurs invités involontaires leur ont serré la main, essayant d’exprimer leur gratitude pour leur générosité et leur affection.

«Anwara se sent mieux aujourd’hui», a déclaré Fatimah en s’apprêtant à monter dans le bus avec ses filles. «Seul Allah peut leur rendre la bonté qu’ils nous ont manifestée».

Plus de 1300 Rohingyas et Bangladais sont arrivés dans les provinces d’Aceh et de Sumatra du Nord la semaine dernière.

*Les noms ont été modifiés pour des raisons de protection

 

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