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Le Courrier | Y a-t-il un pilote dans l’asile?

En ligne depuis le 25 juin 2015

Mauro Poggia se fâche, il se lâche sur son blog et dans les médias, car il en a marre des «Y a qu’à»! Non, le Conseil d’Etat genevois n’est pas inactif face à la pénurie de places d’accueil pour requérants d’asile. Il se démène, mais la crise du logement étant ce qu’elle est, il n’y a rien en vue dans l’immédiat, attendez la fin de l’année. Au mieux. Face à l’urgence et à l’arrivée de nombreux migrants, l’ouverture de nouveaux abris de protection civile n’est «humainement et économiquement pas supportable». Mais il n’y a pas d’autre choix pour l’instant, tranche le ministre MCG.

Editorial de Rachad Armanios, publié dans Le Courrier, le 24 juin 2015. Cliquez ici pour lire l’éditorial sur le site du Courrier.

Hélas pour lui, au lieu d’accepter docilement d’aller s’enterrer dans des bunkers, une trentaine de déboutés de l’asile ont exigé d’être traités comme des êtres humains et non comme des rats. Ils ont le soutien d’un vaste mouvement militant, des partis de gauche et des exécutifs des Villes de Genève et de Carouge.

Premier constat de M. Poggia: les donneurs de leçon sont incapables de proposer des alternatives crédibles. Problème: ce n’est pas à eux d’en trouver, même s’il faut saluer leurs efforts. Ce qui, en creux, met en exergue le terrible échec des autorités cantonales. On ne pouvait anticiper un tel afflux? Comme si le Moyen-Orient venait de s’embraser. Et comme si les foyers genevois n’étaient pas inadaptés et débordés depuis longtemps. L’incendie du foyer des Tattes l’avait cruellement révélé. A cette occasion, le ministre Poggia avait déjà fait preuve de sa tendance à se défausser de ses responsabilités. Selon lui, les défenestrations étaient dues à la panique: «Il ne faut pas oublier que beaucoup de résidents viennent de pays où l’on n’a pas l’habitude d’être secouru», avait-il déclaré au Courrier. Sauf qu’en réalité les issues de secours étaient fermées à clef…

L’autre angle d’attaque consiste à délégitimer les protestataires: des déboutés qui n’ont rien à faire chez nous, au casier judiciaire chargé, des égoïstes voulant passer devant des familles. De quoi justifier un traitement qui ne serait finalement pas si insupportable que ça? Mais voyons cela point par point: s’agissant de certains pays d’origine, impossible pour les gros bras de Pierre Maudet de renvoyer ces personnes, faute d’accord de réadmission; quant aux démêlés avec la police, gare à la généralisation et aux réflexes de shérifs. Car, en s’improvisant justicier, M. Poggia invente le concept de triple peine – prison, refus de l’asile, hébergement sous terre. Enfin, le magistrat occulte un «détail»: Stop Bunkers porte une revendication collective: pas d’accueil en abri PC, que ce soit pour des hommes seuls, des familles, des requérants ou des déboutés.

En faisant passer pour acceptable la solution prétendument provisoire des abris PC, ce Conseil d’Etat montre qu’il se contente de jouer les portiers, en triant les «bons» migrants des «mauvais». Oui, telle est la Genève «humanitaire», qui transforme ses valeurs en une déplorable éthique du gestionnaire… Comment pourrait-il en être autrement, quand les préoccupations de la population, en particulier des franges les moins favorisées, se heurtent à la seule priorité politique qui compte vraiment pour le Conseil d’Etat: assécher les recettes fiscales, quitte à gérer ensuite la pénurie.

 

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