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En ligne depuis le 8 juillet 2015 et publié dans - modifié le 13 août 2017

1000 personnes seraient toujours hébergées dans les foyers collectifs de l’Hospice général normalement destinés aux demandeurs d’asile, alors qu’elles ont obtenu une protection de la Suisse et sont titulaires d’un permis B, d’un permis C ou sont mêmes naturalisées suisses, selon la Tribune de Genève. Soit une personne sur 5. S’ajoute à ce nombre une partie des personnes titulaires du permis F, soit l’admission provisoire, également amenées à rester en Suisse. Mais l’Hospice général «fait tout» ce qu’il faut pour y remédier, assure le directeur de l’institution genevoise, tout en annonçant l’ouverture de nouveaux abris de protection civile. Tout, vraiment? Lucine Miserez Bouleau, assistante sociale au secteur réfugiés du Centre social protestant à Genève, observe des lacunes et des disparités dans le soutien qu’offre l’Hospice général aux personnes cherchant à sortir des foyers. Témoignage.

Dans ma pratique professionnelle, je reçois des personnes titulaires d’un permis F me demandant de l’aide par rapport à leur hébergement. Logées par l’Hospice général, parfois depuis de longues années et le plus souvent en foyer collectif, elles aspirent à un logement individuel, mieux adapté à leur situation familiale.

Régulièrement, aucune demande de logement auprès des régies publiques n’a été faite, bien que les personnes en remplissent toutes les conditions, certaines depuis plusieurs années. Parfois parce qu’elles ignorent cette possibilité, parfois par manque de soutien concret -les formulaires à remplir ou le nombre de documents à fournir leur apparaissent souvent comme un mur infran- chissable. En principe, elles ont un assistant social, et ils sont nombreux à faire ce travail d’accompagnement. Mais ce n’est de loin pas systématique.

Pour les demandeurs de logement comme pour l’Hospice général, c’est du temps perdu. On sait qu’il faut en moyenne 4 à 5 ans pour trouver un logement à Genève. Les titulaires d’une admission provisoire, dont le séjour en Suisse est en réalité pour la plupart définitif, devraient systématiquement, dès l’obtention du permis F être accompagnés dans ces démarches. Cela contribuerait à éviter l’engorgement des foyers. Nous sommes devant une situation paradoxale où la conséquence directe est un rapport perdant-perdant alors que la tendance pourrait facilement s’inverser en faveur d’un rapport gagnant-gagnant.

« Faire avec », vraiment?

L’Hospice promeut l’action communautaire dans les centres (p.4 Vivre Ensemble, n°153, juin 2015). Pourquoi ne pas s’en inspirer dans le cadre de la recherche de logement? Pourquoi ne pas partir de la motivation des intéressés, très légitime, à accéder à de meilleures conditions de logement pour mobiliser leurs compétences et ressources personnelles et ainsi leur permettre de prendre une part active à la recherche d’un appartement? Je dis souvent aux personnes qui me consultent que les perspectives sont limitées, les chances de succès restreintes, j’explique le contexte et ce que nous pouvons faire ensemble, car c’est un travail d’équipe! Cette manière d’aborder le problème redonne de la dignité et du pouvoir aux personnes qui arrivent à se remobiliser… même si ce n’est pas sans difficultés.

Il est indispensable de bien évaluer chaque situation afin de renforcer les ressources de chacun. Mais aussi de mettre à disposition les moyens nécessaires pour mener à bien le projet. Par exemple: apporter une aide pour remplir les formulaires, expliquer où se procurer les documents à joindre au dossier, vérifier ce dernier avant dépôt, fournir une garantie de prise en charge du loyer, etc.

Certaines situations qui semblaient figées peuvent se remettre à bouger grâce à une attitude bienveillante et constructive, en associant ainsi les personnes à la construction de leur avenir. Une unité logement existe pour tous les bénéficiaires de l’Hospice général. Sa fonction est de fournir tant l’information de base sur les démarches à entreprendre pour trouver un appartement qu’un soutien concret. La plupart des personnes qui me sollicitent n’avaient jamais entendu parler de ce service. C’est dire que l’Hospice général a encore une marge d’action… Faut-il encore que le regard porté sur les personnes relevant de l’ «Aide aux migrants » évolue. Une utopie ? Non, une question de volonté.

Lucine Miserez Bouleau
Assistante sociale du Secteur réfugiés du CSP Genève

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