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Le Courrier | «Un manque d’humanité regrettable»

En ligne depuis le 4 août 2015

Malgré son état de santé et la coopération dont il a fait preuve, S. devra attendre son départ pour l’Italie en détention administrative à Frambois.

Article paru dans Le Courrier, le 4 août 2015. Cliquez ici pour lire l’article sur le site du Courrier.

Le parcours de S., requérant d’asile érythréen de 25 ans, est, pour son avocat, Me Dominique Bavarel, révélateur d’un durcissement général de la politique d’asile. S. accepte d’être renvoyé en Italie, mais il demande simplement à ne pas être détenu, en attendant. Faisant fi de son état de santé ou de son attitude coopérative, le Tribunal administratif de première instance (TAPI) a confirmé, hier, l’ordre de détention administrative à son égard. «Cette décision reflète un manque d’humanité regrettable», déclare l’avocat.

Un parcours long et difficile

Après avoir quitté l’Erythrée, S. a traversé le Soudan, puis la Libye. Les autorités italiennes l’ont secouru en Mediterranée, et il a continué son chemin jusqu’en Suisse.

Le 15 octobre 2014, S. a déposé une demande d’asile sur laquelle le Secrétariat d’Etat aux migrations refuse d’entrer en matière. Dans le cadre du Règlement Dublin III, ce dernier a prononcé un renvoi vers l’Italie, premier pays européen dans lequel S. est entré. Après s’être opposé à son renvoi dans un vol de ligne, S. est refoulé en Italie par un vol spécial. La police romaine l’a interpellé à son arrivée et lui a donné sept jours pour quitter le sol italien. S. est donc retourné à Genève, pour être, à nouveau, retenu en détention en attendant son renvoi vers l’Italie.

Remis en liberté grâce à un vice de forme, il a résidé dans l’abri PC de Châtelaine durant près de deux mois.

S. souffre de douleurs abdominales. Il a alors commencé à passer des examens aux HUG. Il s’est tenu à disposition des autorités et s’est rendu régulièrement à l’Office cantonal de la population (OCP) pour faire renouveler son attestation d’aide d’urgence. Lors d’un de ces rendez-vous, S. a même affirmé qu’il retournerait en Italie s’il obtenait un délai de son renvoi jusqu’à la fin de ses examens ainsi que l’assurance d’une prise en charge médicale en Italie.

«La détention devrait être utilisée en dernier ressort»

La police a émis un nouvel ordre de détention, et S. a été placé au centre de détention administrative de Frambois. Il est très affecté par cette privation de liberté. Dominique Bavarel a donc demandé au tribunal d’examiner la légalité et l’adéquation de sa détention. Il a fait valoir l’attitude coopérative de S., son état de santé, mais aussi des directives du Haut Commissariat pour les réfugiés. «La détention devrait être utilisée en dernier ressort. C’est désespérant de ne jamais voir ces principes mis en œuvre.»

La réponse de la police à cette requête est sans appel: «Le fait de se présenter régulièrement à l’OCP dans le but de pouvoir continuer à être nourri, logé, blanchi et médicalisé aux frais de la collectivité suisse ne peut en aucun cas être qualifié de coopération: il faudrait être le dernier des sots pour ne pas profiter d’une telle possibilité.» «S. est un homme intègre, rétorque Dominique Bavarel. Il a besoin de soutien, de bienveillance, mais il s’entend dire qu’il est nuisible et profiteur.» Le TAPI a confirmé hier l’ordre de détention, craignant que S. ne se soumette pas au renvoi, le temps venu.

C’est à croire que si les parcours ne sont pas les mêmes, la destination, elle, semble toujours être l’Italie. C’est justement ce que critique l’avocat: «C’est une machine, un rouleau compresseur, qui ne fait pas de distinction entre les personnes.»

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