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Eclairage

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Le travail communautaire stimule les compétences de chacun

En ligne depuis le 6 août 2015 et publié dans - modifié le 13 août 2017

Émanciper plutôt qu’assister

Depuis un peu plus d’un an, l’Hospice général, chargé de l’accueil des demandeurs d’asile sur le canton de Genève, a développé la notion de «travail communautaire» dans les foyers. Une approche visant non seulement à favoriser les liens entre résidents, avec le voisinage et la société d’accueil, mais aussi à renforcer l’autonomisation des personnes. Dans un contexte législatif et administratif très rigide, l’action communautaire redonne aux demandeurs d’asile un bout de dignité. Elle redonne sans doute aussi sens au travail des assistants sociaux, dont le rôle sur le terrain est directement en prise avec les réalités humaines. Si l’institution qui les emploie est régulièrement sous le feu des critiques, celles-ci ne doivent pas éclipser l’investissement et le travail de proximité fait par les intervenants sociaux. Nous avons demandé à Katia Zenger, responsable d’unité, de décrire ce que recouvre ce changement de paradigme. (réd.)

Les jardins communautaires au foyer d'Anières. Photo: Magali Girardin

Les jardins communautaires au foyer d’Anières.
Photo: Magali Girardin

L’Hospice général a développé, au mois de mars 2014, le travail communautaire dans les centres hébergeant des personnes requérantes d’asile avec la mise en œuvre de l’AMIG (Aide aux migrants). Son objectif principal est de créer, de restaurer et de renforcer les liens entre les résidents et avec la société d’accueil. Cette pratique est basée sur un modèle co-participatif dont le but est de passer du «faire pour» au «faire avec» en identifiant les compétences et les forces plutôt que les faiblesses et les manques des personnes migrantes. Accompagner le résident à découvrir et à amplifier ses propres ressources (aptitudes, qualités, accès à l’information, connaissance du réseau,…), lui permet de renforcer son estime personnelle et sa confiance en soi. Le travailleur social, véritable tuteur de résilience et facilitateur de l’action, abandonne une relation d’aide qui génère la dépendance, en faveur d’un modèle qui favorise l’autonomie et le pouvoir d’agir (empowerment).

L’assistant social change de rôle

Pour ce faire, il adopte des pratiques dites émancipatrices d’intervention, c’est-à-dire qu’il quitte sa position d’expert pour celle de « non savoir »: il mise sur les questions plus que sur les affirmations, il valorise ce qui fonctionne, valide le savoir-faire et le savoir-être; il favorise les projets visant une gratification et reconnaissance au travers d’objectifs à court et moyen terme, pour permettre aux résidents de parvenir à se projeter dans un futur qui leur est accessible, compte tenu de leur procédure d’asile. Depuis une année, les équipes du terrain ont déjà organisé, avec l’aide et la participation des bénéficiaires, de nombreuses activités à l’interne comme à l’externe qui ont favorisé:

  • L’intégration: collaborations renforcées avec les communes, synergies avec les associations de quartier, participations actives aux évènements publics, création d’espaces parents-enfants autogérés par les résidents, excursions et visites pour découvrir Genève, la Suisse et les différentes institutions.
  • L’acquisition des apprentissages: animations et activités pour les mineurs, aide aux devoirs, interventions de professionnels pour les enfants en âge préscolaire, cours de langue et de culture d’origine (LCO) pour les enfants, renforcement des cours de français (écrit et conversation) pour les adultes.
  • La restauration psychosociale: activités d’utilité communautaire dans les centres, jardins communautaires, cyber-café, salles de sport, cours de gymnastique et de zumba, ateliers créatifs (bijoux, peinture, dessins).
  • Le développement du réseau primaire et secondaire: groupes de paroles, repas communs, manifestations organisées dans les foyers ouvertes au public, rencontres et échanges avec des citoyens de la société d’accueil, bénévolat pour les associations de quartier. La mise en place du travail communautaire au sein des foyers de l’AMIG a permis un essor incroyablement riche des prestations et interventions co-construites avec nos résidents. C’est un outil puissant qui permet aux bénéficiaires de retrouver une part de dignité souvent perdue dans les affres de l’exil et dans les méandres de l’asile.
Boom pour les enfants au foyer d'Anières. Hospice Général. Photo: Magali Girardin

Boom pour les enfants au foyer d’Anières. Hospice Général. Photo: Magali Girardin

Katia Zenger
Responsable d’unité à l’Hospice Général

La politique d’action communautaire de l’AMIG est construite sur 3 piliers:

  • Les valeurs: la solidarité, l’entraide, l’ouverture à la diversité, le dialogue et la coresponsabilité
  • La posture professionnelle: stimuler la capacité des individus et des groupes à faire face à l’adversité et à se reconstruire après les événements difficiles qu’ils peuvent avoir vécus
  • Le cadre: les normes telles que le règlement de foyer et la convention d’hébergement et également les contraintes de l’environnement social, culturel et physique avec lesquelles les acteurs doivent composer
Elle s’exprime à travers 4 principaux axes d’intervention:
  • Accueillir et informer: accueillir et souhaiter la bienvenue aux nouveaux résidents, expliciter le rôle des différents intervenants et fournir les informations pertinentes pour la vie dans le foyer.
  • Construire un projet commun pour le lieu de vie: Ce projet commun définit les effets de l’intervention que les résidents estiment utiles pour eux et qui, du point de vue des collaborateurs,sont acceptables et font partie de leurs attributions.
  • Promouvoir la qualité de vie au sein des foyers, en identifiant, mobilisant et valorisant les ressources internes au foyer.
  • Mobiliser les ressources externes au foyer et inscrire celui-ci dans la cité.

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