top menu

Plateforme d’information sur l’asile

Actualités et documentation sur les réfugiés en Suisse et dans le monde

Comptoir des médias

Une veille médiatique sur les questions d’asile, pour une information sans préjugés

Réfugiés | Préjugés et réalité

Des faits et des chiffres pour lutter contre les idées reçues

Revue Vivre Ensemble

Bulletin de liaison pour la défense du droit d’asile

Agenda de l’asile

Evénements et manifestations sur l'asile et sur les migrations

Association Vivre Ensemble

Service d'information et de documentation sur le droit d'asile

Glossaire de l’asile

Mémo[ts] pour parler d'asile et de migrations

Témoignages video

Une plateforme de témoignages videos

Comment expliquer cela?!!

En ligne depuis le 3 septembre 2015

La honte de l’Europe.

Il s’appelait Aylan. Son frère aussi est mort noyé.

Aylan

Cette histoire tragique a inspiré Sylvain Thévoz, qui a rédigé la poésie publié sur son blog hébergé sur le site de la Tribune de Genève et que vous pouvez aussi lire en cliquant ici.

Sur la plage abandonnée…

Sur la plage abandonnée

Coquillages et crustacés

Qui l’eût cru déplorent la perte de l’été

Qui depuis s’en est allé…

C’était une autre époque: Brigitte Bardot, cheveux blonds brillants chantait les pieds dans l’eau une chanson insouciante.

Aujourd’hui, 2015, la fin de l’été se marque avec un enfant que l’on ramasse sur une plage de Turquie comme un petit paquet de linge mouillé. L’enfant, échoué sur la plage, on le nettoie, comme une méduse, un coquillage, un crustacé. Puis, on le range dans une boîte en métal après l’avoir pris en photo, de dos et de profil, comme un souvenir de vacances que l’on voudrait oublier.

 

Hier matin, personne n’a réveillé l’enfant d’un baiser

Personne ne lui a donné un bol de chocolat chaud

La bouche de l’enfant remplie de force de sable et d’eau salée.

 

Hier matin personne n’a accompagné l’enfant sur le chemin de l’école

Il n’y a plus d’école

C’est la cale du bateau ou les flammes.

Personne n’a aidé l’enfant à traverser un passage piéton

Pour seul passage : la mer

Et la nuit où nul adulte n’a pied.

 

Pas d’histoire de princes, pas de lectures

Le ressac les nuages et les vagues

Les cris étouffés des noyés, le silence des poissons.

 

Hier matin

Personne n’a caressé l’enfant, ne l’a bercé

Personne n’a calmé sa peur, ne lui a chanté de chansons

Personne n’a essuyé ses larmes

Pas de petit lit chaud, pas de doudou, de lumière dans la nuit juste le fond de la mer sans fin.

On l’a peut-être jeté par dessus bord pour lester l’embarcation

Ou coulé parce qu’un patrouille de police s’approchait

Nettoyé avec des gants de plastique 

Avant que les touristes s’étirent sur la plage

S’enduisent de crème solaire et fredonnent des chansons:

Sur la plage abandonnée…

Hier.

Et demain?

Sylvain Thévoz