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Le Courrier | Le refuge de Saint-Laurent gagne une manche contre l’Eglise

En ligne depuis le 10 février 2016

La requête de l’Eglise évangélique réformée vaudoise pour expulser les occupants du refuge de Saint-Laurent a été déclarée irrecevable.

Article de Sophie Dupont, paru dans Le Courrier, le 10 février 2016. Cliquez ici pour lire l’article sur le site du Courrier.

(c) Collectif R

(c) Collectif R

Le refuge Saint-Laurent tient bon. La justice vient de débouter l’Eglise évangélique réformée vaudoise (EERV), dans son action en justice pour expulser les occupants de l’église du centre-ville de Lausanne. Depuis le 8 mars 2015, six requérants d’asile soutenus par le collectif R sont installés dans la salle de paroisse. Ils sont menacés de renvoi selon les accords Dublin.

Le tribunal d’arrondissement de Lausanne a jugé la requête de l’EERV irrecevable. En cause, l’impossibilité de déterminer qui exerce un droit de possession de l’Eglise de Saint-Laurent. Celle-ci appartient à la commune de Lausanne, qui la met à disposition du Conseil de paroisse. L’action en justice n’est pas intentée par la paroisse, mais par l’autorité supérieure de l’Eglise. Cet imbroglio a semé le doute dans le tribunal sur la légitimité d’action.

L’EERV avait opté pour une procédure sommaire, dite «requête en cas clair». Mais pour le juge, la complexité de la situation nécessite une instruction complète. Président du Conseil synodal, Xavier Paillard indique qu’il fera appel. «Ce jugement découle d’une incompréhension du tribunal sur le fonctionnement de l’EERV», argumente-t-il, en précisant que le juge ne s’est pas prononcé sur le fond.

Soulagé par la décision de justice, le collectif R regrette la position de l’EERV. «Nous avons produit des témoignages qui montrent que les activités du lieu ne sont pas perturbées», avance Pauline Milani, membre du collectif. «Des paroissiens font partie du collectif, nous travaillons avec la base», ajoute-t-elle. Le collectif ne désespère pas de renouer le dialogue. Il a récemment proposé son soutien à l’EERV dans son action de parrainages aux requérants d’asile et aux réfugiés, lancée en janvier. «C’est exactement ce que nous faisons, des synergies sont possibles», assure Pauline Milani.

Depuis le début de l’occupation, l’EERV a sommé plusieurs fois le collectif de quitter les lieux. Le 30 octobre dernier, il lançait un ultimatum avant d’entamer une procédure judiciaire. Le collectif a catégoriquement refusé d’abandonner le refuge en pleine crise migratoire, arguant que les structures d’hébergement du canton sont débordées et les conditions d’accueil à l’étranger incertaines. Il se dit prêt à évacuer l’Eglise de Saint-Laurent dès qu’un autre refuge est trouvé.

Pour un moratoire sur les renvois Dublin

Sur les six requérants qui se sont installés dans la salle de paroisse en mars 2015, quatre sont sortis de la procédure Dublin et ont ainsi évité d’être expulsés dans le premier pays européen où ils ont été enregistrés. Leur demande d’asile est examinée en Suisse. D’autres requérants  se sont succédé dans le lieu occupé. «Grâce à l’action du collectif, vingt-quatre personnes ont échappé à un renvoi, dont beaucoup ont transité par le refuge», se réjouit Pauline Milani.

Le collectif plaide pour un moratoire sur les renvois Dublin. «Nous n’avons pas reçu de réponse politique satisfaisante. Tant que des gens sont expulsés en pleine crise migratoire, le refuge garde sa raison d’exister», continue-t-elle. Des actions sont régulièrement menées pour attirer l’attention du public. Samedi, le collectif déployait une banderole portant l’inscription «Stop aux renvois des réfugiés Dublin» sur la cathédrale de Lausanne.

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