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Le Courrier | Genève souhaite rejoindre le réseau des Villes de Refuge

En ligne depuis le 12 avril 2016 - modifié le 10 juillet 2020

Les élus de la Ville demandent le retour d’Amanuel G., des capacités d’accueil accrues et de favoriser la solidarité des habitants.

Article de Rachad Armanios, publié dans Le Courrier, le 7 avril 2016. Cliquez ici pour lire l’article sur le site du Courrier.

Hier, Genève a accepté l’idée de se déclarer «Ville de Refuge» et de soutenir l’objectif d’accueillir en Suisse 50’000 réfugiés, deux propositions contenues dans un appel national lancé par plus de septante personnalités – notamment du monde politique 1 –, et signé à ce jour par près de 5000 personnes. Ainsi, le Conseil municipal de la Ville de Genève a-t-il renvoyé en commission des finances une résolution socialiste reprenant les termes de cet appel. A savoir l’urgence de la crise migratoire et humanitaire et le concept de «Ville de Refuge», lancé par Barcelone et Madrid qui se sont déclarées comme telles. Un concept visant surtout à favoriser l’accueil de réfugiés par des privés ainsi que les réseaux de soutien.

Deux autres motions, directement renvoyées au Conseil administratif, vont dans un même sens. L’une demande d’augmenter de 500 places les capacités d’accueil de la Ville. L’autre prie l’exécutif municipal de faire pression sur le canton pour obtenir le retour d’Amanuel G. Ce requérant d’asile avait été refoulé au petit matin devant ses enfants et sa femme enceinte. Il erre aujourd’hui à Rome. Ces trois sujets ont fait l’objet d’un seul débat, par conséquent difficile à suivre. PLR, UDC et MCG ont été minorisés grâce à l’alliance de la gauche et du PDC.

Le socialiste Emmanuel Deonna a affirmé que la Suisse avait la capacité d’accueillir 50’000 réfugiés. Le Vert Alfonso Gomez a, lui, pointé la faillite de l’Union européenne, accusée de manquer à son devoir d’asile. Genève doit prendre ses responsabilités, ajoute Morten Gisselbaek (Ensemble à Gauche).

«Nous sommes débordés!»
Quant à Amanuel G., «c’est un cas d’application inhumaine des accords de Dublin», tonne M. Deonna. «On demande à un chef d’Etat un comportement humain, pas de chef de caserne», ajoute M. Gomez en référence au patron de la Sécurité cantonale Pierre Maudet.

Tout cela est de compétence fédérale, rejette le MCG Pascal Baertschi, ajoutant que le cas de l’Erythréen, «monté en épingle», relève d’une «manipulation médiatique». Michèle Roulet (PLR): «La justice a ordonné son renvoi, vous voulez rejeter Schengen et Dublin pour un seul cas?» Genève Ville de refuge? Augmenter les places d’accueil? Le MCG Daniel Sormanni accuse la gauche de privilégier les réfugiés aux chômeurs genevois et autres précarisés «de chez nous». Pour l’UDC Eric Bertinat, «nous sommes tous simplement débordés par les demandes et ne savons pas où loger ces personnes. Et en plus, la gauche refuse les solutions en abri PC!»

Des solutions indignes, rebondit le magistrat Sami Kanaan, soulignant que les villes sont «aux premières loges», sollicitées à juste titre par le canton pour trouver des solutions d’hébergement, ce à quoi son collègue Rémy Pagani s’attelle.
Notons toutefois que la collaboration n’est pas au beau fixe, puisque le conseiller d’Etat Mauro Poggia prévoit 380 places au chemin Rigot, près de l’ONU. Un lieu peu accueillant et inadapté, selon M. Pagani, qui veut plutôt construire 380 places dans des containers préfabriqués à Montbrillant. Mais M. Poggia affirme que seules 200 places pourront y voir le jour…

Un symbole pour Genève
La maire Esther Alder, pour sa part, se réjouit de la perspective de rejoindre le réseau des Villes de Refuge et a déjà pris contact avec la maire de Barcelone Ada Colau. Soulignant la valeur de symbole pour Genève, berceau du droit d’asile, elle prévient toutefois que le concept, en est à ses balbutiements en Espagne. «Il faudra qu’à Genève, il se concrétise en solutions concrètes.»

Au final, le PDC fait pencher la balance en soulignant la tradition historique des Refuges huguenots à Genève (Le Courrier du 9 octobre 2015). «Le Conseil administratif doit apporter un soutien pragmatique et complémentaire à l’action du canton, plaide Lionel Ricou. Quant à Amanuel G., «lorsque des enfants sont concernés, le PDC privilégie le regroupement familial.»

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