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Solidarité Tattes | Opération parrainages contre des renvois Dublin

En ligne depuis le 3 juin 2016 - modifié le 6 septembre 2016

Lisa Mazzone, conseillère nationale (Les Verts) et Carole-Anne Kast, Maire de la commune d’Onex, ont décidé de parrainer deux familles menacées de renvoi Dublin et revendiquer l’examen de leur demande d’asile par la Suisse. Cette opération de parrainages vient de démarrer à Genève à l’initiative du collectif Solidarités Tattes. Elle vise à mobiliser des personnalités afin de protéger d’un renvoi Dublin des personnes pour lesquelles l’application du règlement est particulièrement absurde, comme les familles vulnérables ou celles ayant déjà de la famille en Suisse. Des personnes pour lesquelles la Suisse pourrait parfaitement déclencher sa clause de souveraineté et examiner la demande d’asile, puisque le Règlement Dublin le prévoit.

Solidarité Tattes a annoncé, le vendredi 3 juin 2016, avoir constitué un réseau d’une dizaine de parrains et de marraines prêts à s’opposer publiquement au renvoi Dublin de personnes en particulier et appelle les particuliers à s’engager à leurs côtés. Si les modalités sont   quelque peu différentes, l’action Parrainage initiée par Solidarité Tattes rejoint le mouvement lancé dans le canton de Vaud par le Collectif R, où de nombreuses personnalités revendiquent une forme de désobéissance civile en domiciliant chez elles des réfugiés menacés de renvoi. Avec déjà des succès.

Ci-dessous le communiqué de Solidarité Tattes et un descriptif des familles protégées.

Famille Algoush et fratrie Musa: l’application dangereuse et absurde des accords Dublin

Une machine qui tourne à plein régime

Pas un jour ne passe sans que les journaux en parlent: les réfugiéEs continuent d’affluer et il faut s’attendre à une arrivée continue de personnes fuyant la violence politico-économique de leur pays. Face à cette situation, la Suisse réagit de manière efficace et rapide: 7915 décisions «NEM Dublin» («non entrée en matière au nom du Règlement de Dublin») ont été rendues en 2015, 3510 depuis le début de l’année 2016.

Une procédure automatique et déshumanisée

Les accords de Dublin permettent le renvoi d’une personne vers le premier pays où elle est entrée en Europe. La procédure est simple et automatique: on n’entre pas en matière, c’est-à-dire qu’on n’ouvre même pas le dossier! La décision de «non entrée en matière» ne dépend pas des situations individuelles, mais de la «preuve» d’un passage par un autre pays européen (par exemple, la prise d’empreinte dans un autre pays européen). Dans cette procédure «simple» et expéditive, les motifs d’asile de la personne ne sont pas pris en considération, l’histoire et le parcours des personnes pour arriver jusqu’en Suisse sont ignorés, effacés, annihilés.

Contre les renvois Dublin

La Suisse ne peut pas continuer à appliquer cette politique dite d’«asile» qui ose mettre l’étiquette «NEM» sur le front des requérantEs, étiquette qui entraîne quasi automatiquement un «renvoi Dublin»! Traiter les demandes d’asile de manière administrative, sans prendre en compte la situation de chacunE, cela est contraire à l’essence même de toute politique d’asile.

Les personnes frappées de «NEM Dublin» ont chacune leur histoire et elles ont le droit de se faire entendre. Afin de sortir les personnes menacées de renvoi Dublin de cet anonymat et de leur rendre la parole, deux personnes du monde politique genevois s’engagent concrètement en faveur de familles menacées de renvoi
Dublin:

  • Madame Carole-Anne Kast, Maire de la commune d’Onex, s’oppose à la décision qui frappe la famille Algoush. Cette famille est composée d’un couple, dont l’épouse est enceinte de 7 mois et demi, et de leurs 3 enfants.
  • Madame Lisa Mazzone, Conseillère nationale, conteste la décision à l’encontre des frères MUSA, un adolescent et ses 3 jeunes frères et soeurs, menacés de renvoi alors que leurs oncles et tantes vivent à Genève.

La fratrie Musa et la famille Algoush resteront!

Les frères Musa et la famille Algoush sont en instance de renvoi au nom des accords Dublin.

Décision absurde! Est-ce qu’il existe une meilleure destination que de se réfugier là où résident les membres de sa famille ou ses connaissances? N’est-ce pas le meilleur moyen de s’intégrer rapidement au pays d’accueil?

Décision dangereuse! Renvoyer une femme enceinte de 7 mois et demi dont les médecins recommandent un suivi médical strict en raison d’un accouchement à risque et de complications a déjà mené à un drame en 2014. Pourquoi les autorités persistent dans cette voie criminelle?

Enfin, pourquoi séparer encore une fois ces familles qui le sont déjà avec les survivants restés dans leur pays en guerre?

Nous demandons aux autorités fédérales et cantonales de faire preuve de sagesse et de bon sens en arrêtant la procédure de renvoi des familles Musa et Algoush.

Stop renvois! Stop Dublin!
Solidarité Tattes
078 620 95 46

Toute personne voulant participer à l’Action parrainage peut nous contacter par email: <Solidaritetattes@gmail.com>

Solidarité Tattes est un collectif qui s’est créé en réaction à l’incendie du foyer des Tattes en novembre 2014. Solidarité Tattes lutte pour des conditions d’accueil dignes et pour une politique d’asile humaine.

Le parcours des deux familles:

La Famille Algoush est syrienne de Damas. Ils ont 3 enfants: 11 ans, 10 ans et 4 ans. M. Algoush a perdu une grande partie de sa famille tuée dans le conflit en 2013. Il a passé lui-même 4 ans en prison. Mme Algoush est enceinte de sept mois et demi, le terme est prévu le 7 juillet 2016. Le bébé à naître est de petite taille donc l’accouchement est à risque.

La famille ALGOUSH quitte la Syrie en août 2015. Ils parcourent la route des Balkans, qu’ils font à pied en grande partie. Le 23 septembre 2015, ils arrivent en Allemagne. Mme Algoush doit se rendre à l’hôpital et est forcée de demander l’asile. Pourtant, Mme et M. Algoush voulaient demander l’asile en Suisse, car ils y ont leur famille. En effet, le père, la mère et le frère de Mme Algoush, résident à Fribourg. En Allemagne ils n’ont aucune attache et ne connaissent personne.

Le 25 septembre 2015, ils arrivent en Suisse. Mais Alaa reçoit une décision de non entrée en matière (puisque ses empreintes ont été prises en Allemagne, lors de son passage à l’hôpital) alors que son mari et ses enfants reçoivent un permis N.

Quelques recours plus tard, la décision est prise: l’ensemble de la famille est étiqueté NEM et doit être renvoyé en Allemagne. Aujourd’hui, Mme Algoush est enceinte de 7 mois et demi et est suivie à la maternité pour des complications liées à sa grossesse. Un renvoi dans ces conditions mettrait la vie de son bébé en danger selon les médecins. Pourtant, les autorités persistent à vouloir renvoyer cette famille.

Madame Carole-Anne Kast, Maire d’Onex, parraine la famille Algoush et s’oppose à son expulsion vers l’Allemagne.

La fratrie Musa est composée de deux frères et de deux soeurs, âgés de 18 à 25 ans. L’un était mineur à son entrée en Suisse. Il a 18 ans aujourd’hui et est porteur d’un permis N.

Un oncle et une tante sont partis de Syrie en même temps qu’eux. Les parents sont restés en Syrie  et ont voulu mettre leurs enfants à l’abri à Genève, où vivent 2 de leurs tantes, l’une depuis 10 ans (permis C) et l’autre depuis 4 ans.

Les 4 frères et soeurs, ainsi qu’un oncle et une tante, sont passés en Turquie et la traversent d’est en ouest. Ils rejoignent la Grèce par la mer. Ils arrivent à pied jusqu’en Croatie où ils ne font que passer pour arriver en Suisse. Ils sont enregistrés au centre d’enregistrement d’Altstätten (canton de Saint-Gall) et sont envoyés à Genève le 9 octobre 2015. A cette occasion ils sont séparés de la tante et de l’oncle attribués à d’autres cantons. Lors de cet internement dans le centre d’Altstätten, les documents de passage fournis par l’administration croate leur ont été confisqués. De ce fait les juristes qui les ont pris en charge n’ont eu aucune pièce en main pour défendre le dossier.

A Genève, les deux soeurs habitent le foyer du Contrat social et les deux frères, le foyer du Grand-Saconnex.

Le 31 mars 2016, une décision NEM Dublin frappe trois des jeunes, alors que le cadet a le droit de rester en Suisse.

Après l’expérience de la guerre et la séparation des parents, les voici en passe d’être éloignés du reste de la famille qui se trouve en Suisse et abandonnés en Croatie où il n’y a personne pour s’occuper d’eux.

Madame Lisa Mazzone, Conseillère nationale, parraine la fratrie MUSA et s’oppose à son expulsion vers la Croatie.

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