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Intégration | Des réfugiés-auditeurs à l’Université de Genève

En ligne depuis le 14 juin 2016 et publié dans

Parmi les réfugiés qui vivent à Genève, un nombre important est âgé de 18 à 30 ans. Certains sont diplômés, qualifiés et expérimentés; d’autres ont dû interrompre leurs études pour fuir. Ils sont motivés à apprendre notre langue, terminer leur formation ou obtenir une équivalence. Ils souhaitent contribuer à la société qui les a accueillis, notamment par le travail. Or à ce jour, les mesures d’intégration proposées en matière d’apprentissage du français, de reconnaissance des diplômes ou de poursuite d’une formation entamée ailleurs ne sont pas adaptées au potentiel des réfugiés qualifiés.

Ces derniers mois, la vague de solidarité qui s’est manifestée un peu partout en Europe a permis une prise de conscience et une amorce de réflexion sur les questions d’intégration et de qualification des migrants, les percevant davantage comme une chance et de véritables ressources pour nos sociétés que comme un fardeau. Plusieurs acteurs importants ont commencé à réfléchir autrement, en partant de l’expérience des personnes, de leurs compétences et de leurs projets… Ce dont nous pouvons nous réjouir car des mesures d’intégration personnalisées et bien ciblées sont plus efficaces. A terme, ce n’est pas un coût mais un investissement qui permettra des économies plus tard pour la société d’accueil.

Une fenêtre sur le savoir…

C’est dans ce contexte que l’Université de Genève et la Conférence universitaire des associations d’étudiant.e.s (CUAE) proposent un projet pilote sur le semestre de printemps 2016: « Réfugiés-auditeurs ». La Coordination asile.ge a participé également à l’élaboration du projet et à son suivi. Cette expérience innovante a pour but de faciliter l’intégration à Genève des demandeurs d’asile (permis N), des personnes admises à titre provisoire (permis F) et des réfugiés reconnus (permis B ou C réfugiés) qui envisagent de poursuivre des études supérieures. A ce jour, une vingtaine de candidats sont répartis entre les différentes facultés participantes. En parallèle à la participation à 5 cours maximum comme auditeurs, les étudiants-réfugiés pourront accéder à des cours de français dispensés par la Maison des langues de l’université. Un mentorat étudiant est instauré. Il permettra d’orienter les candidats, de les accompagner dans leurs projets et dans les nombreuses démarches administratives.

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Des habitants de la commune de Carouge se sont mobilisés pour proposer aux demandeurs d’asile hébergés dans les abris de protection civile divers cours de langue, ateliers théâtres et moments d’échanges. Photo: Sham Alkhatib

…et un bol d’air pour les exilés

Il s’agit d’une petite révolution car, bien que théoriquement ouverte à toutes et tous, l’université reste dans les faits quasiment inaccessible aux migrants qui se heurtent à un véritable parcours du combattant: d’abord pour obtenir les bonnes informations, puis pour constituer un dossier complet et finalement, s’il est accepté, pour s’insérer dans un cursus. Nombreux sont celles et ceux qui renoncent, parfois après des mois de démarches. Ce projet est ambitieux et porteur d’espoir à plus d’un titre. Il prend en compte l’expérience, la motivation et les projets des réfugiés qui sont partie prenante. Il ambitionne de rassembler autour de la table tous les acteurs concernés afin de construire ensemble un projet qui devrait faciliter l’accès aux études supérieures pour les réfugiés concernés. Par l’immersion au sein de l’université, avec un accompagnement par des pairs, il favorise le processus d’intégration. Il facilite l’élaboration d’un projet professionnel articulant expériences antérieures et possibilités ici. Il crée des liens.

Un pas vers l’intégration

Et après? Il est probable que certains étudiants souhaiteront suivre un bachelor ou un master. D’autres partiront sur d’autres pistes, soit de formation, soit de travail. L’enjeu n’est pas d’inscrire toutes les personnes dans un cursus universitaire mais d’initier un processus qui peut déboucher sur une réelle intégration.

Pour le maintien des potentiels

C’est un beau projet, ambitieux, qui évoluera avec le temps. Il est à la hauteur du potentiel que nous amène ces jeunes hommes et femmes remplis d’espoir, de courage et de projets. Il est à la hauteur de la mobilisation qu’il suscite au sein de la communauté universitaire. De belles solidarités, de belles rencontres en perspective et une grande bouffée d’oxygène. Merci.

LUCINE MISEREZ
ASSISTANTE SOCIALE AU SECTEUR RÉFUGIÉS DU CSP GENÈVE ET PRÉSIDENTE DE LA COORDINATION ASILE.GE

Les initiatives solidaires se multiplient en Suisse romande. Si vous aussi vous avez envie de vous engager,  consultez le “Petit guide solidaire” de la coordination asile.ge.

Vous êtes un groupement ou une association active, d’une manière ou d’une autre, auprès des réfugiés en Suisse romande? Vous récoltez des  habits, cherchez des  bénévoles pour des cours de français, accompagner les réfugiés ou les demandeurs d’asile? Nous pouvons relayer vos actions et vos besoins: écrivez vivre.ensemble@asile.ch.

Cet article a été publié dans le cadre du dossier de notre numéro 157 de la revue Vivre Ensemble, sur le thème de l’engagement et la solidarité, qui comprend également les articles suivants:

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