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Le Courrier | «Vivre Ensemble», trente ans de vigilance sur le front de l’asile

En ligne depuis le 20 octobre 2016 - modifié le 4 novembre 2016

Le Prix Courrier des droits humains 2016 a été décerné mercredi à Genève.

Article de Philippe Bach , publié le 20 octobre 2016. Cliquez ici pour le lire sur le site du Courrier.

«Vivre Ensemble», trente ans de vigilance sur le front de l’asile

Un lieu solennel – le Club suisse de la presse- pour un prix qui se veut placé sous le signe de la convivialité. L’association Vivre Ensemble a reçu mercredi le Prix Courrier des droits humains pour son patient et minutieux travail d’information dans le domaine de l’asile et de la migration. Une cinquantaine de personnes avaient fait le déplacement pour assister à la cérémonie.

C’est à double titre que Jean-Jacques Isaac a remis cette récompense. Tout d’abord, officiellement, en tant président de la Nouvelle association du Courrier, l’organe éditeur du journal. Mais aussi en en tant que lecteur, depuis 1993.

Tâche méconnue
L’occasion pour M. Isaac de citer un autre Jean-Jacques, le citoyen de Genève, qui plaidait déjà au temps des Lumières: «Les fruits sont à tous et la terre n’est à personne». Et d’ouvrir le dernier numéro de Vivre Ensemble1, la revue éponyme, et d’y trouver ces propos d’Alphonse de Lamartine, toujours d’actualité bien qu’écrits en 1841: «Et pourquoi nous haïr et mettre entre les races ces bornes ou ces eaux qu’abhorre l’œil de Dieu? De frontières au ciel voyons-nous quelques traces? Sa voûte est-elle un mur, une borne, un milieu».

Sophie Malka a relevé l’importance pour une association comme la sienne de recevoir une telle récompense. «Il est très rare que le travail d’information en tant que tel soit reconnu et primé», relève la rédactrice responsable de la publication. En effet, les bonnes volontés ne manquent pas dans le domaine de l’asile; mais les bénévoles ont souvent envie de faire «du concret».

Or, Vivre ensemble agit au niveau de l’information. En diffusant des données solides, argumentées, vérifiées, recoupées. Un travail plus austère. Mais ô combien utile dans un domaine où l’approximation est reine et où la propagande populiste fait tant de dégâts.

C’est cette stratégie du dévoilement et d’émancipation que le Prix Courrier des droits humains à choisi de mettre –modestement – en lumière. Relevons ainsi dans la dernière livraison de la revue de très intéressantes cartes élaborées par le géographe Philippe Rekacewicz, qui a aussi beaucoup contribué au Monde Diplomatique.

En un coup d’œil, la géographie et la géopolitique de la migration est rendue lisible, intelligible. Frappantes, ces forteresse européenne, étasunienne, océanienne, du sud du continent africain ou sud-américain. Avec des zones tampons, ou des zones sanctuarisées. Terrible, cette Europe de Schengen et ces zones tampon intermédiaires, avec ces milliers des morts à la clé. Et quel contraste entre les flux touristiques, et à l’inverse, les zones de guerres et les régions à forte densité de personnes déplacées ou réfugiées.

Sensibilisation des médias

Relevons enfin le travail fourni par le Comptoir des médias. Une petite structures qui prolonge le travail de Vivre Ensemble et qui fait œuvre de pédagogie et de sensibilisation auprès des producteurs d’information. Lorsqu’une donnée est imprécise ou fausse, un petit courriel est envoyé à la rédaction concernée.

Pour la petite histoire, prise dans son propos, Sophie Malka a évoqué un peu imprudemment «les vagues de réfugiés», formule précisément à bannir. Sourires dans la salle. «Le discours dominant s’impose même à nous, cela montre qu’il y a encore du travail», a remarqué une personne dans la salle. Vivre Ensemble a – malheureusement – encore beaucoup de pain sur la planche.

Philippe Bach

Lire également : Parlez-vous l’asile? Réfugié ou migrant: «Et vous, vous diriez quoi?», un reportage de Laura Drompt lors de la table ronde organisée par Vivre Ensemble avec les médias pour aborder la question de la terminologie.