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Le Courrier | Genève: L’abri PC des Trois-Chêne ferme

En ligne depuis le 15 mars 2017

L’Hospice général transférera les requérants d’asile dans d’autres bunkers du canton. L’association «3ChêneAccueil» voit ses efforts d’intégration mis à mal.

Article de Iliann Dunand, publié le 15 mars dans Le Courrier. Cliquez ici pour lire l’article sur le site du Courrier.

Le 17 mars, l’abri PC des Trois-Chêne, où logent une cinquantaine de personnes requérant l’asile en Suisse, fermera ses portes. Une nouvelle positive en apparence, qui complique pourtant les efforts d’intégration de l’association «3ChêneAccueil». La plupart des résidents seront déplacés dans d’autres bunkers du canton.

L’Hospice général, qui a augmenté la capacité des hébergements en surface, rassemble les personnes logeant encore sous terre – aujourd’hui environ deux cents – dans certains abris, notamment pour des raisons de coûts d’exploitation. Cette fermeture aux Trois-Chêne porte à quatre le nombre d’abris PC encore occupés dans le canton, contre neuf en septembre.

Un bien pour un mal

L’Hospice général se réjouit de cette évolution. Selon son porte-parole Bernard Manguin, «l’institution a toujours considéré ce type d’hébergement comme humainement insatisfaisant et beaucoup trop coûteux: la fermeture des abris est une priorité». Cependant, l’association 3ChêneAccueil, qui compte quelque cent membres et a organisé de nombreuses rencontres avec les personnes en exil, déplore cette décision. Selon l’organisation, elle détériore des conditions de logements déjà précaires – en concentrant les personnes dans moins de lieux – et met à mal les efforts d’intégration, entre exilés et habitants des trois communes.

Jeudi passé, Le Courrier a rencontré cinq habitants de l’abri des Trois-Chêne lors d’un repas avec des membres de l’association. Kurdes de Syrie, d’Irak et d’Iran pour quatre d’entre eux, le dernier requérant d’asile était un Afghan né en Iran. Tous ont résidé de nombreux mois dans l’abri PC.

Tout recommencer

Dépités, certains se disent résignés, d’autres s’indignent. Silvain* et Christophe*, les plus chanceux, ont trouvé un logement grâce à la mobilisation de 3ChêneAccueil. Une chambre chez l’habitant pour le premier, un studio pour le second, détenteur d’un permis B depuis quelques mois. Kurosch* a rejoint le foyer des Tattes. Soso* et Mahdi* devront en revanche s’habituer à un nouveau bunker. Ils craignent que leur dossier ne soit entravé par le transfert.

Un membre de 3ChêneAccueil insiste sur le rôle d’intermédiaire joué par l’organisation sur les questions de logement: «Trouver une chambre chez l’habitant est un processus difficile, à cause de la peur des potentiels hôtes à s’engager dans une telle démarche.» Les lenteurs dans la recherche de solutions alternatives d’hébergement de la part des services de l’Hospice général sont d’ailleurs ce qui fâche le plus les membres de l’association. Ils disent devoir faire du forcing auprès des assistants sociaux pour faire avancer les dossiers. Avant son dernier rendez-vous, Silvain n’aurait pas vu son assistante sociale pendant dix mois. Du côté de l’Hospice général, Bernard Manguin s’étonne fortement de cette affirmation.

Politique schizophrène dénoncée

Par ailleurs, 3ChêneAccueil dit ne plus avoir le droit de se rendre à l’intérieur de l’abri PC depuis un mois. «Seuls les résidents et les personnes spécialement autorisées y sont admis, commente Bernard Manguin. Si les membres de l’association ont pu y entrer par le passé, il a dû s’agir d’opportunités exceptionnelles.» Face à cette situation, l’association se trouve partagée entre sentiments d’exclusion et nécessité de continuer à travailler avec l’Hospice général. Dans une missive anonyme transmise au Courrier, une source proche du dossier dénonce ce qu’elle considère comme une politique schizophrène: «D’un côté, l’institution collabore pour stimuler l’accueil patiemment construit en 18 mois, et de l’autre, elle casse […] les efforts déployés.»

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