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Selon un rapport du HCR, plus de 168’000 Rohingya auraient fui le Myanmar depuis 2012

En ligne depuis le 15 mai 2017

D’après cette étude, des milliers de Rohingya auraient fui les violences et le désespoir pendant les cinq dernières années pour trouver sécurité et stabilité dans des pays tels que le Bangladesh et la Malaisie.

Article de Vivian Tan, publié sur le site du HCR, le 3 mai 2017. Cliquez ici pour lire l’article sur le site du HCR.

Selon les estimations d’un nouveau rapport du HCR, l’Agence des Nations Unies pour les réfugiés, sur les déplacements forcés en Asie du Sud-Est, plus de 168’000 Rohingya ont fui le Myanmar au cours des cinq dernières années, chassés par les violences et le désespoir.

La récente publication du HCR, intitulée 2016 Report on Mixed Movements in South-East Asia (en anglais), expose la complexe dynamique des causes et modalités de l’exode incessant depuis l’État de Rakhine. Le rapport puise à des sources très diverses: services publics, organisations non gouvernementales, articles de presse ainsi que plus de 1000 entretiens en face à face avec des réfugiés rohingya dans la région.

Même si les déplacements de Rohingya durent depuis des décennies, ils ont fait les gros titres en octobre l’an dernier lorsque les attaques de postes-frontières dans le nord de l’État de Rakhine ont déclenché une opération de sécurité qui a chassé quelque 43’000 civils vers le Bangladesh avant la fin de l’année. En février, le nombre de déracinés était estimé à 74’000 personnes.

Nombre de nouveaux arrivants dans les camps et les campements de fortune du Bangladesh ont raconté aux équipes du HCR les horreurs auxquelles ils ont échappé: incendies, pillages, fusillades, viols et arrestations.

«Ces enfants, ces femmes et ces hommes sont extrêmement vulnérables. Si des mesures urgentes ne sont pas adoptées, ils resteront des victimes potentielles, même en exil,» a déclaré Shinji Kubo, le représentant du HCR au Bangladesh. «Nombre d’entre eux doivent avoir un abri convenable avant le début de la saison des pluies. S’ils n’obtiennent pas le soutien nécessaire, ils risquent également d’être l’objet de travail forcé des enfants, de violences sexistes et de trafics d’êtres humains.»

Avant les violences récentes, la Malaisie était la destination de choix pour de nombreux Rohingya. Entre 2012 et 2015, ils seraient 112’500 à avoir risqué leur vie pour traverser la Baie du Bengale et la mer d’Andaman dans les bateaux de passeurs afin d’atteindre la Malaisie où une communauté de Rohingya s’est établie et où le secteur informel peut offrir quelque emploi.

Nombreux sont ceux qui ont entrepris ce périple, que ce soit pour fuir les violences interethniques à Rakhine en 2012, ou parce qu’ils ressentaient de plus en plus douloureusement les restrictions posées à leur liberté de mouvement, à l’accès aux services et aux moyens de subsistance.

La voie maritime n’est plus accessible depuis que les gouvernements de la région se sont attaqués aux réseaux de passeurs vers le milieu de 2015. Le HCR n’a pas pu confirmer l’arrivée d’un quelconque bateau en Malaisie durant l’année passée.

Sur l’ensemble des personnes qui ont tenté de rejoindre la Malaisie par voie terrestre en 2016, plus de 100 — dont la moitié environ était des Rohingya – auraient été arrêtées au Myanmar et en Thaïlande.

Le rapport de 2016 étudie les autres voies empruntées par les Rohingya, notamment vers l’Inde via le Bangladesh. Il constate un léger ralentissement du flux d’arrivants depuis 2012, avec malgré tout 13’000 personnes au moins.

«Quand on observe le recul du nombre d’arrivants en Inde, on peut raisonnablement avancer que cette voie terrestre n’a pas remplacé la voie maritime,» explique Keane Shum, de l’unité Asile et migration du HCR qui a produit le rapport. «Par comparaison avec ceux qui ont rejoint la Malaisie par la mer, les Rohingya réfugiés en Inde ont voyagé en famille et ont choisi cette voie parce qu’elle était moins coûteuse et plus sûre.»

Outre l’analyse des schémas migratoires des Rohingya, le rapport présent également 85 portraits de femmes et de filles rohingya en Inde, en Indonésie et en Malaisie. En majorité, elles se sont mariées jeunes, entre 16 et 17 ans, et ont donné naissance en moyenne à 18 ans.

Celles qui vivent en Inde ont tendance à être alphabétisées, mieux éduquées et ont généralement choisi leur époux. A contrario, celles qui vivent en Malaisie ont plutôt épousé un homme choisi par leur famille, par des intermédiaires ou des agents.

Un tiers de ces 85 femmes et filles disent être victimes de violences conjugales. Nombre d’entre elles aimeraient gagner leur propre argent, certaines ont des compétences utiles, mais rares sont celles qui peuvent effectivement gagner leur vie par elles-mêmes.

Le HCR travaille avec les pays hôtes pour résoudre les questions touchant au séjour temporaire et à la protection des réfugiés rohingya, notamment pour s’assurer qu’ils aient accès aux services élémentaires et le droit de travailler. Ils pourront ainsi s’autonomiser jusqu’à ce que des solutions à plus long terme soient trouvées.

En outre, le HCR incite les autorités du Myanmar à restaurer le plein accès humanitaire aux personnes vulnérables dans le nord de l’État de Rakhine.

Le HCR est prêt à apporter son soutien aux efforts des pouvoirs publics pour promouvoir une coexistence pacifique et résoudre les problèmes de citoyenneté.

Selon les estimations, la région abriterait 420’000 réfugiés et 120’000 déplacés internes d’origine rohingya.

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