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Le Courrier | Nouveau foyer pour MNA à Genève: L’encadrement proposé ne convainc pas encore

En ligne depuis le 8 juin 2017

Situé à côté de l’école d’Aïre, une infrastructure dédiée aux requérants d’asile mineurs non accompagnés devrait voir le jour en 2019. Elle accueillera 120 personnes.

Article de Selver Kabacalman, publié dans Le Courrier, le 8 juin 2017. Cliquez ici pour lire l’article sur le site du Courrier.

Le projet de centre d’accueil pour requérants mineurs prévu à Aïre accueillera 88 jeunes et 32 membres de famille. Il avait d’abord été question de 200 personnes. Le canton et l’Hospice général ont présenté l’évolution du projet mardi soir aux Verniolans lors d’une deuxième séance d’information publique.

«Même si la situation s’est calmée en Suisse, nous avons un nombre croissant de réfugiés mineurs, précise Mauro Poggia, conseiller d’Etat en charge des Affaires sociales. Et le bâtiment que nous voulons construire est destiné à cette population. Il s’agit qu’elle soit bien encadrée et intégrée à Genève», relevant que c’est une obligation fédérale de les recevoir pour le canton. «Ils proviennent principalement d’Irak, de Syrie, d’Afghanistan et d’Erythrée. Des zones en conflit où ils ne pourront pas retourner.»

Fréquentation limitée

Dans la salle, l’inquiétude se lit sur certains des 150 visages. Conseillers administratifs, communaux et habitants prennent tour à tour la parole. L’un d’eux, qui s’annonce UDC, pose avec virulence la question de la criminalité. «Statistiquement, il n’y a eu aucune augmentation de la délinquance dans les quartiers où des centres de ce genre ont été placés, balaie le magistrat, applaudi par une partie de la salle. De plus, les problèmes de délinquance touchent plutôt des requérants déboutés que des mineurs.»

Et Mauro Poggia de rassurer une autre habitante. «Il n’y aura pas plus de personnes que les 88 mineurs et les 32 membres de famille annoncés. C’est la limite. Une extension du bâtiment n’est pas non plus envisagée.» Christophe Girod, directeur de l’Hospice général, ajoute: «Si le bâtiment n’est pas entièrement occupé, les chambres vides pourront être attribuées à des étudiants, mais certainement pas à des adultes».

En Suisse, les requêtes d’asile émanant de mineurs non accompagnés (RMNA) se montent à 1997 (soit 7,3% du total des demandes d’asile) en 2016 contre 2736 (6,92%) en 2015. Agés de 12 à 18 ans, les RMNA sont 206 à Genève. En 2015, ils n’étaient qu’une cinquantaine.

Ariane Daniel Merkelbach, directrice de l’aide aux migrants à l’Hospice général, rappelle que «ce nouvel hébergement permettra de décharger le foyer de l’Etoile situé à Carouge, destiné à l’accueil des familles et des personnes seules». Elle souligne aussi que l’enjeu véritable est l’intégration de ces jeunes à la vie genevoise.

Un éducateur pour 5 à 6 mineurs

Le bâtiment de deux étages est prévu sur une parcelle appartenant à l’Etat, située à côté de l’école d’Aïre. Le rez-de-chaussée permettra de loger les 32 membres de familles dans 6 appartements différents. Les mineurs seront placés dans chacune des ailes de l’étage. Un éducateur pour 5 à 6 mineurs est notamment prévu. Les veilles seront assurées par des intervenants de nuit et des agents de sécurité privés seront mandatés de jour comme de nuit, ainsi que les week-ends.

Controverse: le taux d’encadrement des éducateurs est jugé trop faible dans l’assemblée. Et les réponses à ce propos trop floues. Esther Schaufelberger, conseillère municipale verte, rappelle qu’une répartition des mineurs sur deux centres aurait été plus favorable pour leur encadrement.

Clarification sur le financement

La salle demande aussi une clarification sur les finances. «La construction coûtera 20 millions de francs, sans compter les frais d’exploitation. Le personnel (transféré du foyer de l’Etoile) et les prestations seront à la charge de l’Etat», indique Christophe Girod. Un habitant enchaîne: «Qui va payer pour l’investissement des associations qui mettront la main à la pâte?» La question est restée sans réponse mardi soir.

Une autre interrogation ressurgit toute la soirée: pourquoi cette construction a-t-elle lieu sur ce terrain et pas ailleurs? «C’est le seul disponible et constructible pour ce projet», répond fermement le magistrat. Finalement, plusieurs habitants remettent en cause la concertation avec les autorités cantonales et estiment que l’Etat force la main de la commune. Mauro Poggia se veut rassurant: la concertation se poursuivra.

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