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HCR | Grèce: situation des femmes et enfants réfugiés

En ligne depuis le 20 février 2018

Les femmes et les enfants réfugiés sont davantage exposés aux agressions sexuelles dans le climat de tensions et de surpopulation régnant dans les centres d’accueil des îles grecques

Ceci est un résumé des déclarations du porte-parole du HCR Cécile Pouilly – à qui toute citation peut être attribuée – lors de la conférence de presse du 09 février 2018 au Palais des Nations à Genève. Cliquez ici pour lire les déclarations sur le site du HCR.

Le HCR, l’Agence des Nations Unies pour les réfugiés, est très préoccupé par les déclarations de certains demandeurs d’asile dénonçant harcèlement et violences sexuels dans les centres d’accueil situés sur les îles grecques qui ne respectent pas les normes d’accueil requises. Le HCR se félicite toutefois des mesures prises par le gouvernement en vue de régler la question de la surpopulation et des conditions de vie désastreuses dans ces centres.

En 2017, le HCR a reçu des informations émanant de 622 survivants de violences sexuelles et de genre sur les îles grecques de la mer Egée, dont 28% ont été subies après leur arrivée en Grèce. Les formes les plus courantes de violences dénoncées par les femmes concernaient des comportements incorrects, du harcèlement sexuel et des tentatives d’agression sexuelle.

La situation est particulièrement inquiétante dans les centres d’accueil et d’identification de Moria (Lesbos) et de Vathy (Samos) où des milliers de réfugiés continuent d’être abrités dans des hébergements inadéquats sans sécurité suffisante. Quelque 5500 personnes séjournent dans ces centres, soit le double de la capacité prévue. Les informations faisant état de harcèlement sexuel sont particulièrement nombreuses à Moria.

Dans ces deux centres, les salles de bain et les latrines sont des zones non fréquentables pour les femmes et les enfants après la tombée de la nuit, à moins d’être accompagnés. Il peut même être dangereux de faire sa toilette pendant la journée. A Moria, une femme a raconté à nos équipes qu’elle n’avait pas pris de douche depuis deux mois, de peur d’être agressée.

L’identification et l’aide aux survivants sont entravées par la réticence à signaler les agressions en raison de la peur, de la honte, de l’impuissance, des préoccupations de discrimination, de la stigmatisation et des représailles, ainsi que d’un manque de confiance, y compris envers le HCR et les experts médicaux et de santé mentale des services publics. Le nombre réel d’incidents est par conséquent certainement beaucoup plus élevé que le nombre signalé.

Grâce à l’accélération récente des transferts vers le continent par les autorités, la surpopulation a légèrement diminué ces dernières semaines. La saturation des centres empêchent les activités de proximité et de prévention. Par exemple, à Moria, 30 membres du personnel médical gouvernemental, psychologues et travailleurs sociaux se partagent trois pièces, ce qui les oblige à réaliser leurs examens et contrôles sans respecter l’intimité des patients. Cela affecte les conditions de travail du personnel ainsi que sa capacité à identifier et à aider les survivants de violences sexuelles et de genre.

L’insécurité constitue un autre problème. Bien qu’il y ait des patrouilles de police, celles-ci demeurent insuffisantes, en particulier la nuit, et ne couvrent pas les vastes zones adjacentes aux centres d’identification et d’accueil où les personnes sont abritées sous des tentes sans aucune présence des forces de sécurité.

La situation entraine également de la frustration chez les personnes, ce qui conduit à un environnement sécuritaire difficile et tendu et ce qui accroit encore le risque de violences sexuelles et de genre.

Le HCR se félicite des mesures prises par le gouvernement pour réduire le risque de violences sexuelles et de genre. Nous estimons cependant que des mesures vitales supplémentaires s’imposent pour protéger les personnes hébergées dans les centres d’accueil, notamment les enfants, les femmes et les hommes. Ces mesures impliquent notamment de:

  1. Répartir les abris de manière adéquate: une séparation entre les genres doit être assurée pour éviter que des femmes soient obligées de cohabiter avec des hommes qu’elles ne connaissent pas;
  2. Garantir la séparation entre les genres, la sécurité et l’éclairage dans les zones où les personnes se lavent;
  3. Améliorer les conditions de vie et les services, notamment le soutien médical et psychosocial, ainsi que la médiation culturelle;
  4. Renforcer la présence et les patrouilles de la police, en ajoutant notamment des membres de la police de sexe féminin;
  5. Renforcer l’éclairage des espaces publics;
  6. Intensifier les efforts pour réduire la surpopulation, notamment en poursuivant et en augmentant les transferts vers le continent;
  7. Désigner du personnel supplémentaire spécialisé dans la réponse à la violence sexuelle et de genre;
  8. Renforcer les activités de sensibilisation.

Les risques et l’exposition à la violence sexuelle et de genre aggravent les expériences que les personnes ont  vécues en risquant leur vie après avoir fui des pays déchirés par la violence et des violations des droits humains et traversé parfois des territoires dangereux pour atteindre un lieu sûr.

Le HCR continuera de coopérer avec le gouvernement et reste disposé à le soutenir pour renforcer sa réponse opérationnelle et ses capacités afin de prévenir les violences sexuelles et de genre et d’identifier et d’orienter les survivants de telles violences vers les services et les centres d’accueil adaptés.

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