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FRA | Le franchissement des frontières par les migrants reste difficile dans certains États membres

En ligne depuis le 2 mars 2018
Selon le dernier rapport de l’Agence sur les questions de droits fondamentaux liées à la migration, des politiques de gestion plus strictes des frontières sont toujours en vigueur dans plusieurs États membres. Les refoulements et refus d’admission des demandeurs d’asile comptent parmi les difficultés rencontrées par les migrants lorsqu’ils essaient d’entrer dans l’Union européenne ou de voyager dans celle-ci. Les conditions hivernales difficiles compliquent également la situation des migrants.
Communiqué et rapport publiés sur le site de l’Agence des droits fondamentaux de l’Union européenne (FRA), le 26 février 2018. Cliquez ici pour lire le communiqué sur le site de la FRA.

Le rapport s’est penché sur la situation dans 14 États membres de l’Union européenne (UE) et révèle de quelle manière les migrants sont refoulés en Croatie, en France et en Pologne sans pouvoir présenter une demande de protection internationale. En Hongrie, la zone de transit aux frontières s’est réduite, tandis que le quota journalier de personnes admises a chuté de dix à deux. Une conséquence de cela serait que de nombreuses personnes restent en attente en Serbie pendant des années. En outre, l’Allemagne, l’Autriche, le Danemark, la France et la Suède continuent d’effectuer des contrôles temporaires aux frontières.

Bien que les demandes d’asile dans l’UE aient presque diminué de moitié en 2017 par rapport à 2016, la situation varie d’un pays à l’autre. Dans la plupart des États membres, les chiffres ont continué de baisser, sauf en France, en Grèce et en Espagne.

Des difficultés demeurent toujours pour les personnes qui se trouvent déjà dans l’UE. La situation est restée critique pour les personnes en situation irrégulière arrivant en Espagne par la mer. Selon le ministère de l’Intérieur, plus de 22’100 personnes sont arrivées en 2017, soit près du triple par rapport à 2016. L’année dernière, environ 223 personnes sont mortes en traversant la mer Méditerranée pour atteindre l’Espagne et au moins 75 personnes ont déjà perdu la vie cette année. Les primo-arrivants ont encore été confrontés à des difficultés pour accéder aux procédures d’asile, tandis que l’identification et le traitement des personnes vulnérables, telles que les enfants, les femmes et les victimes de la traite des êtres humains, n’étaient toujours pas appropriés.

En Grèce, dans les hotspots des îles de Chios et Samos, plusieurs personnes, dont des familles avec de très jeunes enfants, ont dû faire face à des conditions météorologiques difficiles dans des tentes non chauffées.

En France, les autorités ont continué d’adopter des mesures d’évacuation (parfois violentes) contre les campements de fortune qui réapparaissent dans le nord de la France, à Calais et à Grande-Synthe, dans lesquels vivent plusieurs centaines de personnes, selon des ONG. À Vintimille, en Italie, de nombreux enfants vivent dans des campements improvisés dans des conditions épouvantables ou dans le centre d’accueil local aux côtés de demandeurs d’asile adultes, selon des informations relayées par les médias. En Sicile, l’ONG «Terres des Hommes» a indiqué que des enfants arrivés de Libye dans de très mauvaises conditions psychologiques et physiques ont dû attendre jusqu’à 13 mois dans des centres de premier accueil avant d’être transférés dans des centres d’accueil pour enfants.

Le regroupement familial a également posé des difficultés dans bien des endroits. Plus de 3 800 demandeurs d’asile pouvant prétendre au regroupement familial au titre du règlement de Dublin attendent depuis plus de six mois en Grèce pour pouvoir rejoindre l’Allemagne. Aux Pays-Bas, les demandes de regroupement familial prennent en moyenne 10 mois, alors que la législation en prévoit six. En Allemagne et en Suède, la législation limite le regroupement familial et en Croatie, les procédures de regroupement sont complexes.

L’Agence recueille des données sur la situation des droits fondamentaux des personnes arrivant dans les États membres particulièrement concernés par d’importants mouvements migratoires. Ce rapport porte sur les 14 États membres suivants : l’Allemagne, l’Autriche, la Bulgarie, la Croatie, le Danemark, l’Espagne, la Finlande, la France, la Grèce, la Hongrie, l’Italie, les Pays-Bas, la Pologne et la Suède.

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