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Human Rights Watch | Grèce: insoutenable détention pour des demandeuses d’asile

En ligne depuis le 15 juin 2018

Dans la région d’Evros, située dans le nord de la Grèce, à la frontière avec la Turquie, les autorités grecques détiennent de manière systématique des demandeuses d’asile avec des hommes qui ne sont pas des membres de leurs familles, les exposant ainsi à de graves risques de violences sexuelles et de harcèlement, a déclaré Human Rights Watch. Les autorités grecques devraient immédiatement mettre fin à ces conditions de rétention.

L’information a été diffusée le 7 juin 2018 sur le site de Human Rights Watch. Nous en reproduisons ci-dessous un aperçu, pour lire l’intégralité sur leur site, cliquez ici ou sur l’image ci-dessus.

Les recherches effectuées par Human Rights Watch dans le nord de la Grèce fin mai 2018 ont conclu que des femmes et des filles partageaient les mêmes locaux que des hommes sans lien de parenté avec elles, dans des sites d’accueil et/ou de rétention réservés aux demandeurs d’asile. Douze femmes et deux filles interrogées ont déclaré avoir été enfermées dans des cellules ou des lieux clos pendant des semaines et, dans un cas, pendant près de cinq mois, avec des hommes et des garçons qu’elles ne connaissaient pas. Quatre ont affirmé être les seules femmes aux côtés de dizaines d’hommes, dans certains cas avec au moins un compagnon masculin ou un parent.

« Les femmes et les filles ne devraient pas être enfermées avec des hommes qui sont de parfaits inconnus, même pour seulement un jour », a déclaré Hillary Margolis, chercheuse auprès de la division Droits des femmes de Human Rights Watch. « Ces femmes et ces filles sont venues en Grèce chercher sécurité et protection, et en lieu et place, elles sont forcées de vivre dans la terreur. »

Cinq femmes ont fait état de grave détresse psychologique, dont deux de pensées suicidaires. D’autres ont déclaré avoir souffert d’insomnie, d’anxiété et d’autres troubles émotionnels et psychologiques, notamment par crainte d’être enfermés avec des hommes qu’elles ne connaissent pas.

Les ressources fournies par Athènes aux autorités du nord de la Grèce sont insuffisantes pour répondre à la hausse des nouveaux arrivants à la frontière terrestre avec la Turquie en avril dernier. Des responsables locaux qui ont rencontré Human Rights Watch ont reconnu que cette hausse avait provoqué un ralentissement des procédures d’accueil et d’identification, notamment l’enregistrement des demandes d’asile, ainsi que l’engorgement des centres de rétention et d’immigration, où la durée des détentions ne cesse de s’allonger.

En l’attente de la finalisation des formalités d’accueil et d’identification, les nouveaux arrivants en situation irrégulière et les demandeurs de protection internationale sont détenus dans les commissariats frontaliers de la région d’Evros, au centre de rétention de Fylakio, administré par la police grecque et/ou au centre de réception et d’identification (CRI) de Fylakio, qui dépend du ministère de la politique migratoire. Le ministère et la police grecque ont donné à Human Rights Watch accès à ces sites, et les autorités du centre de rétention et le RIC aidé à identifier les migrantes sur place pour que Human Rights Watch puisse les interroger.

Au centre de détention provisoire de Fylakio, huit femmes et une des filles ont déclaré avoir été détenues dans des cellules avec des hommes sans lien de parenté avec elles, dont six au moment des entretiens. Cinq femmes et deux filles ont été logées avec ces étrangers dans des préfabriqués et des « sections » verrouillées et clôturées au sein du CRI de Fylakio au moment des interviews. Certaines ont affirmé avoir été détenues avec de tels hommes dans divers lieux de détention.

Deux des femmes au centre de rétention ont dit avoir été incarcérées pendant au moins deux semaines dans des cellules avec leurs compagnons et de nombreux inconnus. « Maha », une Irakienne âgée de 38 ans, tremblait au moment d’expliquer qu’elle était la seule femme dans une cellule où se trouvaient une soixantaine d’hommes pendant plus de deux semaines. Elle a évité de boire de l’eau par peur de consommer celle qui servait aux toilettes communes dans la cellule. Elle vivait, a-t-elle raconté, presque exclusivement retranchée à l’intérieur du lit superposé qu’elle et son compagnon occupaient, sous des couvertures destinées à la dissimuler.

« Je n’ai pas bougé mes jambes 23 jours durant », a-t-elle confié en larmes, montrant la manière dont elle ramenait ses genoux contre sa poitrine toute la journée. « Si j’avais pu me tuer, je l’aurais fait. »

[…]


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