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Droit de rester Neuchâtel | Scolarisation des enfants réfugiés au Centre fédéral de Perreux

En ligne depuis le 7 février 2019

L’association Droit de rester a publié un communiqué de presse sur les conditions d’accueil des réfugié-e-s au Centre fédéral de Perreux, à Boudry. Le Centre fait figure de dispositif pilote dans le cadre de la mise en œuvre de la nouvelle procédure d’asile accélérée qui entrera en vigueur le 1er mars 2019. Dans ce contexte, c’est au canton qu’incombe le dossier de l’instruction des enfants en âge d’être scolarisés. Or, l’association déplore des manques importants majoritairement corrélés au fait que les enfants sont scolarisés uniquement dans le Centre. Ils reçoivent un nombre d’heures d’enseignement restreint par rapport à l’enseignement public, voir nul pour les enfants de plus de 15 ans.  L’association a adressé une lettre à la conseillère d’Etat en charge de l’Education, Monika Maire-Hefti. Ses réponses sont reprises dans un article du Courrier.

Pour accéder au communiqué de presse en version pdf, cliquez sur le lien suivant.

Nous reproduisons ci-dessous l’article de Mohamed Musadak publié dans Le Courrier , le 1er février 2019.

Les enfants réfugiés vivant au centre fédéral de Perreux ne sont pas scolarisés dans les écoles publiques et ont deux fois moins d’heures de cours.

Ecole au rabais pour les requérants

Neuchâtel La nouvelle procédure d’asile accélérée prive- t- elle les enfants réfugiés de scolarité normale ? C’est la question que soulève l’association Droit de rester Neuchâtel dans une lettre publique adressée récemment à Monika Maire-Hefti, conseillère d’Etat chargée de l’Education. Les enfants vivant dans le centre fédéral pilote de Perreux, à Boudry, ne sont pas scolarisés dans une école traditionnelle ni ne bénéficient du même nombre de périodes d’enseignement. Une pratique que l’association de défense des migrants considère comme discriminatoire. Car si le lieu dépend de la Confédération, l’obligation de scolarisation appartient, elle, au canton. Dans un courrier daté de la semaine dernière, la conseillère d’Etat répond et avance des explications.

Actuellement, le centre de Perreux héberge 111 personnes, dont 18 enfants et 7 mineurs non accompagnés. Depuis l’automne 2018, les enfants de moins de 15 ans bénéficient d’une instruction directement sur place dans une salle à usages multiple. Les écoliers de 4 à 8 ans suivent 8 périodes de cours par semaine, alors que les petits Neuchâtelois en ont entre 16 et 27, selon leur âge. Les enfants demandeurs d’asile âgés de 9à15 ans ont quant à eux, droit à 12 périodes contre 27 à 30 pour les élèves scolarisés dans une école classique.

Obligation de l’Etat »

« Ce n’est vraiment pas satisfaisant d’avoir aussi peu d’heures de cours, dénonce Edy Zihlmann, membre de Droit de rester. La durée maximale de procédure est de cent quarante jours. Dans la vie d’un enfant, cette durée est énorme et peut durablement avoir un impact sur son avenir. L’Etat se soustrait à ses obligations. » Le militant souligne également « l’absence de toute forme d’instruction pour les adolescents de plus de 15 ans ».

Mais ce qui inquiète le plus Edy Zihlmann, c’est le fait même de donner les cours au centre – fermé – de Perreux. « Le lieu est cerné par des clôtures, des fouilles au corps systématiques y sont quotidiennement pratiquées et la violence fait malheureusement partie du décor. Les conditions pour un climat propice à l’apprentissage ne sont absolument pas réunies. »

Dans son courrier de réponse, la conseillère d’Etat Monika Maire-Hefti conteste la durée de passage – et donc de scolarisation – des demandeurs d’asile dans le centre : « Selon le Secrétariat d’Etat aux migrations, la durée du séjour se si- tuera en moyenne, selon toute probabilité, à quarante jours. » En conséquence, la magistrate estime que la salle de classe à Perreux est « adaptée à la durée moyenne de séjour des élèves et répond aux attentes de la Confédération. » Elle y voit même des bons côtés : « Sur le plan scolaire, cette localisation présente des avantages pour le suivi des élèves. Cela permet de faciliter le contact entre les parents et les enseignants ou encore d’avoir une coordination efficiente entre ces derniers et les collaborateurs du centre. »

Solution différente à Zurich

L’élue socialiste reconnaît toutefois que la situation n’est pas idéale et que des améliorations sont prévues : « Un maximum d’activités scolaires doivent être organisées hors cadre, soit à l’extérieur du centre ; la classe sera installée à l’avenir dans un autre bâtiment mieux adapté ; un soin particulier est porté à la décoration et au climat de la classe et, enfin, le nombre d’enseignants et de périodes attribuées à la classe sera renforcé en fonction du nombre d’élèves. »

L’association Droit de rester, quant à elle, n’en démord pas et continuera d’exiger une intégration dans le cadre scolaire public, en l’occurrence au centre scolaire voisin de Cescole. Pour appuyer sa demande, l’association met en avant la solution trouvée à Zurich. « Dès l’automne prochain, les enfants du centre fédéral de Duttweiler iront dans des écoles publiques. Une décision que l’on doit au Conseil municipal de Zurich, se réjouit Edy Zihlmann. L’immersion, même pour une courte période, est la chance d’offrir un peu de normalité à ces enfants et un environnement favorable à l’épanouissement. »


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