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Témoignage | “Ici, les gens souffrent de problèmes psychologiques, de manque de sommeil et de mauvaise alimentation”

En ligne depuis le 4 novembre 2019 et publié dans

Réflexions sur la vie au Centre fédéral de Perreux¹ par l’un de ses habitants

Récit recueilli lors de la journée des réfugié-e-s, le 15 juin 2019, par Droit de Rester Neuchâtel. Traduit de l’anglais.

« De l’extérieur, cet endroit ressemble à une prison, parce qu’il est entouré de clôtures. À l’intérieur, il y a des règles strictes et on nous demande notre carte d’identification pour faire n’importe quoi: aller à la cafétéria, laver nos vêtements, travailler à l’intérieur, aller dans le petit parc autour du centre… Ils scannent notre carte chaque fois que l’on entre ou sort du bâtiment. Ils vous fouillent chaque fois que vous venez de l’extérieur, même si vous revenez des bâtiments annexes du Secrétariat d’État aux Migrations (SEM) ou de Caritas pour votre procédure. »

Image prétexte, tirée du reportage de CanalAlpha du 3 novembre 2019 sur le centre fédéral de Perreux

Un jour, je suis arrivé en retard au centre, à 19h30 au lieu de 19h, et ils m’ont pénalisé en m’empêchant de sortir le lendemain. Cela nous incite forcément à rester confinés: je ne veux pas subir ce système, ce contrôle « policier », donc je ne quitte pas très souvent le bâtiment. Cela étant, le personnel de sécurité est gentil. Je ne les blâme pas: ils ne font qu’obéir aux instructions de leurs supérieurs.

Ici, les gens souffrent de problèmes psychologiques, de manque de sommeil et de mauvaise alimentation. Parfois, je ne veux voir personne et je reste au lit pour perdre du temps. Le système est organisé de manière à se débarrasser rapidement des gens.

À mon arrivée au centre, je suis resté une semaine dans un container² à l’extérieur du bâtiment principal. Il y avait 40 personnes à l’intérieur et nous avons tous pris froid. Pendant la journée, nous avions accès au container, mais il fallait toujours montrer sa carte pour entrer et sortir.

Pour les douches, il y a des horaires spécifiques: de 8h à 9h30 et de 19h30 à 21 h. Si tu te réveilles tard, tu ne peux pas prendre une douche le matin. Il n’y a pas d’eau chaude aux robinets sauf pour les douches.

Il n’y a pas de prise électrique ni d’accès Internet dans les chambres. Tu dois alors aller dans le couloir et il est difficile de trouver de la place pour brancher ton téléphone. Alors je reste éveillé tard afin de recharger mon portable et utiliser Internet.

Les demandeurs d’asile n’ont pas la possibilité de cuisiner pour eux-mêmes. C’est peut-être de la bonne nourriture pour un hôpital (NB: la nourriture du centre provient des cuisines de l’hôpital psychiatrique de Perreux), mais pas pour nous. Parfois, je ne mange que le pain. Nous dînons à 18 h, donc si tu ne gardes pas de fruits dans ta chambre, tu as faim le soir. Il y a un bar à café aussi, mais la plupart du temps le café est froid.

Accès aux soins

Si l’infirmière décide que vous méritez de voir le médecin, elle vous y réfère. Je toussais, j’ai pris froid, j’avais de la fièvre. Je lui ai dit que c’était urgent. Elle m’a confirmé que j’avais besoin d’un rendez-vous, mais comme il n’y a qu’un seul médecin, elle m’a dit que le rendez-vous était seulement deux jours plus tard. Elle aurait pu me donner des médicaments tout de suite.

J’ai demandé à apprendre le français et ils m’ont dit qu’ils n’enseignaient qu’aux enfants. J’ai demandé si je pouvais suivre les leçons avec eux, mais ce n’était pas possible. Je n’ai vu aucun adulte apprendre le français. J’ai vu un calendrier avec des activités, mais je ne comprends pas ce qu’il y a et à quel moment. Je n’ai été invité à aucune activité ou visite. J’aimerais bien y participer.

ABDEL (PRÉNOM D’EMPRUNT)

 

¹  *Les demandeur-e-s d’asile peuvent y séjourner jusqu’à 140 jours (4 mois et demi)
²  Préfabriqué dans lequel les nouveaux arrivants passent quelques temps en attente d’un transfert dans le bâtiment principal ou dans un centre d’une autre région.


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