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ONU | 60.000 jeunes réfugiés et migrants arrivés en Italie manquent de soutien

En ligne depuis le 9 novembre 2019 - modifié le 11 novembre 2019

Les quelque 60.000 jeunes réfugiés et migrants qui sont arrivés en Italie comme enfants non accompagnés entre 2014 et 2018, et qui ont depuis atteint l’âge de 18 ans, ont besoin d’un soutien continu pour réussir leur transition vers l’âge adulte, soulignent l’UNICEF, le HCR et l’OIM dans un nouveau rapport conjoint publié vendredi.

Article publié sur le site ONU Info le 9 novembre 2019.  Le rapport en anglais UNICEF/UNHCR/OIM,” At a crossroads. Unaccompanied and separated children in their transition to adulthood in Italy”, November 2019, peut être téléchargé ici.

Le rapport À la croisée des chemins : Les enfants non accompagnés et séparés lors de la transition vers l’âge adulte en Italie, souligne la « triple transition » que vivent les jeunes réfugiés et migrants à l’âge de 18 ans – de l’adolescence à l’âge adulte, d’une vie dans un pays à l’autre, et à travers la douleur et les traumatismes émotionnels ressentis en quittant la maison et lors de voyages dangereux.

«La différence entre un réfugié ou un migrant de 17 ans qui a fui le conflit ou la violence et un jeune de 18 ans qui a vécu la même expérience traumatisante est négligeable», a déclaré Anna Riatti, Coordonnatrice du Programme de migration du Fonds des Nations Unies pour l’enfance (UNICEF).

La perte potentielle d’un soutien continu pour des dizaines de milliers de jeunes – en raison d’une distinction artificielle fondée sur l’âge – les exposera à un risque accru d’isolement social, de violence, d’abus et d’un avenir incertain.

« La perte potentielle d’un soutien continu pour des dizaines de milliers de jeunes – en raison d’une distinction artificielle fondée sur l’âge – les exposera à un risque accru d’isolement social, de violence, d’abus et d’un avenir incertain », a-t-elle ajouté.

« Reconnaître la nature complexe de la distinction entre enfants et adultes et reconnaître que les personnes majeures ont des besoins spécifiques est au cœur de cette recherche », a estimé de son côté Roland Schilling, Représentant du Haut-Commissariat des Nations Unies pour les réfugiés (HCR) pour l’Europe du Sud.

« Une meilleure compréhension des facteurs qui favorisent ou entravent une transition positive entre le statut d’enfant réfugié et celui d’adulte indépendant, autonome et résilient aidera les États à intensifier leurs efforts pour protéger non seulement les enfants réfugiés, mais aussi leur transition réussie vers la vie adulte », a-t-il fait valoir.

Double valeur ajoutée

« La valeur ajoutée de cette recherche est double : elle met en lumière les vulnérabilités et les risques des enfants non accompagnés et séparés pendant leur transition vers l’âge adulte, tout en soulignant leurs forces, leur capacité d’action et de résilience, ainsi que leur potentiel. En outre, cette recherche attire l’attention sur les meilleures pratiques à diffuser », a déclaré pour sa part Laurence Hart, Directrice du Bureau de coordination de l’Organisation internationale pour les migrations (OIM) pour la Méditerranée.

Le nouveau rapport décrit les facteurs qui entravent la transition des jeunes réfugiés et des migrants vers l’âge adulte. Il s’agit notamment de la lenteur et de la complexité des procédures d’obtention de documents juridiques, de la discrimination et du racisme, de la difficulté d’accéder à l’éducation et à la formation et de trouver un emploi, de surmonter les traumatismes émotionnels ainsi que le risque de violence, notamment pour les filles.

Parmi les facteurs qui soutiennent les jeunes réfugiés et migrants pendant cette période critique de leur vie figurent les relations positives avec leurs pairs et leurs tuteurs, l’accès à l’école, à la formation professionnelle et aux possibilités d’emploi, ainsi qu’un logement sûr et adéquat.

Des recommandations pour les autorités italiennes et la Commission européenne

Dans le rapport, les trois agences des Nations unies fournissent des recommandations clés aux autorités italiennes et à la Commission européenne.

Aux autorités italiennes, il est notamment recommandé d’adopter une stratégie nationale intersectorielle pour accroître l’inclusion sociale des jeunes réfugiés et migrants ayant récemment atteint l’âge de 18 ans, ainsi qu’un plan d’action national contre le racisme, la xénophobie et la discrimination; assurer la mise en œuvre intégrale de la loi n° 47/2017 sur les mesures de protection des UASC; veiller à ce que les jeunes aient accès à un soutien psychosocial, aux soins de santé, à l’éducation, à la prévention de la violence sexiste et à la réponse à y apporter, à la formation et aux services d’emploi; et accroître la participation des jeunes réfugiés et migrants aux activités sociales et récréatives.

La Commission européenne doit quant à elle en particulier faciliter une coopération efficace entre les États membres pour évaluer l’intérêt supérieur de chaque enfant et mettre en œuvre les procédures de regroupement familial; mettre en place un système de collecte de données et d’informations précises sur les enfants réfugiés et migrants non accompagnés et séparés, actuels et anciens, afin de renforcer les systèmes de protection; et affecter des ressources dans le cadre du prochain Fonds communautaire pour l’asile et la migration afin de renforcer et d’intensifier les bonnes pratiques identifiées dans le présent rapport.

Entre 2014 et 2018, plus de 70 000 enfants réfugiés et migrants non accompagnés et séparés sont arrivés en Italie par la mer, dont 90 % avaient entre 15 et 17 ans. On estime qu’au moins 60 000 personnes ont eu 18 ans au cours des cinq dernières années.


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