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Megafon | Manifestation contre les centres de renvoi à Berne

En ligne depuis le 14 juillet 2020

La semaine dernière, les personnes migrantes des centres de renvoi d’Aarwangen, de Bözingen et de Gampelen à Köniz (BE) ont protesté devant le Secrétariat d’État aux migrations (SEM) contre les conditions de vie dans les centres d’asile en Suisse. Megafon, le journal de la Reitschule à Bern, leur a consacré un reportage vidéo. Le groupe Stop Isolement demande la levée des restrictions de liberté par l’obligation de signature, l’interdiction du travail non rémunéré, l’abolition des conditions de vie nuisibles à la santé et la fin de la répression sociale. Elle exige également l’égalité des droits en matière d’accès au marché du travail, au logement, aux soins de santé et à l’éducation.

Le 13 juillet 2020, Megafon a publié un reportage vidéo sur cette manifestation, tendant le micro aux personnes exilées pour faire connaître leurs difficultés. Pour regarder la vidéo, cliquez sur l’image ci-dessous ou directement sur le site de Megafon. Nous proposons sous l’image une traduction française du reportage.

Manifestation contre les centres de renvoi à Berne

INterview Jrm

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Des personnes migrantes ont manifesté devant le SEM contre les centres de renvois. Ici, ils ont leur mot à dire.

Saeed, Aarwangen : Je suis arrivée à 12 ,13 ans. Maintenant j’en ai 19. Je n’ai pas été autorisé à faire un apprentissage, j’ai dû l’arrêter en cours de route. Depuis 7 ans, je n’ai rien d’inscrit dans mon casier judiciaire. Je vis depuis plusieurs années au sein d’un centre d’asile et là-bas, ça n’est pas facile.

Naima, Bözingen : Cela fait presque cinq ans qu’on est là. Je viens du Maroc, mon mari vient d’Irak. Ils ont dit que les Marocains n’avaient pas le droit d’obtenir l’asile. Ils ne nous traitent pas bien. Ils nous parlent mal. Nous ne sommes pas les bienvenus. On sent toujours qu’on est pas les bienvenus en Suisse.

Est-il possible pour vous de vous déplacer librement en dehors du centre d’asile ?

Saeed, Aarwangen : Avant c’était beaucoup plus souple, tu pouvais signer quand tu voulais (confirmation d’absence). C’est comme en prison, sauf sans les murs. Tu dois être tous les jours à la maison, juste pour signer.

Naima, Bözingen : Maintenant c’est obligé de faire signer le week-end aussi.

Qu’est-ce qui a changé pour vous depuis l’ouverture du nouveau centre de retour ?

Saeed, Aarwangen : Avant on recevait encore 2 francs par heure pour nettoyer. Là c’était vraiment super propre. Mais maintenant, on ne reçoit plus d’argent pour les nettoyages. Il faut juste nettoyer gratuitement.

Naima, Bözingen : Il y a beaucoup de changements pour les enfants. Par exemple, l’année dernière ma fille participait à un groupe de jeu. Cette année, ils ne vont pas payer pour qu’elle puisse aller au groupe de jeu.

Quelles ont été les mesures prises lors du semi-confinement dû aux dangers du Coronavirus ?

Saeed, Aarwangen : Tout le monde est  concerné par le Corona, mais chez nous au centre de retour, le Corona n’existe pas. Cela n’intéresse personne non plus. Quand on va au bureau de l’ORS, là-bas ils portent tous le masque. Ils ont tous du gel hydrologique pour désinfecter. Nous dans nos petites chambres n’avons rien.

Naima, Bözingen : Il y a les toilettes et les couloirs partagés. Si une personne est malade, nous serons tous malades.

L’accès aux soins a-t-il toujours été garanti ?

Saeed, Aarwangen : J’ai dû aller 5 ou 6 fois au bureau pour obtenir un rendez-vous chez le médecin. Tu as mal au pied ? Tu reçois du thé à boire. Tu as mal à la tête ? Tu reçois du thé à boire. Tu as mal au ventre ? Tu reçois du thé à boire. Quel que soit ton problème, tu reçois toujours du thé à boire. Je connais quelqu’un qui a eu des problèmes de dos. Il voulait un rendez-vous chez le médecin. Ils ne le lui ont pas accordé. On lui a dit que ça n’était que des douleurs de dos. Cela s’est empiré. Finalement, il a dû être opéré.

Vous avez manifesté devant le SEM, que vous ont-ils dit ?

Naima, Bözingen : Eux, ils travaillent juste derrière l’ordinateur. Il faut venir au centre pour voir notre souffrance toute la journée.


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