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Mixed Migration Center | Popularité croissante des routes migratoires de l’Atlantique

En ligne depuis le 23 février 2021 - modifié le 22 février 2021

Un rapport réalisé par le Mixed Migration Center  démontre que les voies atlantiques deviennent des routes migratoires de plus en plus prisées. En effet, le nombre d’exilé·e·s provenant du Sénégal et de la Mauritanie se dirigeant vers Îles Canaries pour chercher une protection, n’a de cesse d’augmenter. Le centre de recherche recommande un meilleur dispositif d’accueil et d’études des dossiers, mais surtout de créer des chemins sécurisés et légaux de “migrations circulaires” entre l’Afrique de l’Ouest et l’Europe.

Nous reproduisons l‘introduction du résumé de l’étude réalisée par le Mixed Migration Center, publié en février 2021.

 

Réouverture d’une passerelle : la popularité croissante de la route de l’Atlantique

Rapport de synthèse

Nous avons pris les pirogues avec le seul objectif d’arriver en Espagne, de travailler et de mettre nos parents dans les meilleures conditions, puis de revenir parmi eux sains et saufs. C’est ce qui nous a motivés, mais malheureusement, nous ne sommes pas arrivés à destination.

Un Sénégalais de 23 ans

Introduction

L’année 2020 a vu une augmentation spectaculaire du nombre de réfugiés et de migrants arrivant illégalement par bateaux aux îles Canaries, un archipel espagnol au large des côtes du nord-ouest de l’Afrique : plus de 23 000 cette année-ci, contre environ 1 305 en 2018 et 2 700 et 2019. Entre janvier et la mi-novembre 2020, au moins 511 personnes sont mortes ou ont disparu sur la route de l’Atlantique, ce qui en fait la route maritime irrégulière la plus dangereuse vers l’Europe. Beaucoup de ceux qui partent pour les îles Canaries sont interceptés en mer, et certains qui atteignent les îles sont déportés en Mauritanie.

Ce rapport de synthèse examine : les raisons de la migration et du choix de cet itinéraire particulier ; les risques, les dangers et les incidents de protection rencontrés au cours du voyage migratoire ; l’accueil et le filtrage dans les îles Canaries, en mettant l’accent sur les implications pour les enfants et les demandeurs d’asile ; les expériences de retour, en mettant l’accent sur les retours forcés depuis les îles Canaries et la Mauritanie ; et les conséquences des tentatives de migration infructueuses. [1]

Après l’arrivée record de 31 678 réfugiés et migrants aux Canaries en 2006, l’Espagne a intensifié ses efforts pour dissuader les migrations le long de la route de l’Atlantique, en signant des accords bilatéraux avec le Sénégal et la Mauritanie et en renforçant la coopération en matière de sécurité maritime. La vague d’arrivées de 2020 a suscité un nouvel élan de coopération bilatérale et d’activité diplomatique visant à gérer les flux migratoires. L’Union européenne a qualifié la situation aux îles Canaries de “non durable”.

Les récentes visites de responsables espagnols en Mauritanie et au Sénégal semblent avoir mis l’accent sur les dimensions sécuritaires de la coopération. Cela s’observe à la fois dans le discours public axé sur la perturbation des réseaux criminels et en termes d’assistance matérielle d’équipements de police et de soutien aux patrouilles par le biais de bateaux, d’avions et de personnel. Cette approche sécuritaire risque d’ignorer les facteurs économiques et sociaux qui sous-tendent les fortes pressions d’émigration que le Sénégal continue d’exercer.

En attendant, les efforts visant à accroître les voies de migration légale, par exemple en établissant des filières de migration circulaire, sont plus en phase avec la demande et les motivations sous-jacentes de la migration au Sénégal. Mais les voies de migration légale ont été limitées, et une récente mesure visant à récompenser la migration légale en établissant la portabilité des droits de sécurité sociale ne les étend pas. Néanmoins, les récentes discussions visant à s’appuyer sur le programme pilote de migration circulaire de l’Espagne sont les bienvenues, et de telles initiatives devraient être explorées et étendues davantage.

[1] Pour les références, la méthodologie de recherche, les témoignages directs de 46 réfugiés et migrants interrogés, et les points de vue des informateurs clés, veuillez lire le rapport complet ici.


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