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Editorial | Deux et deux font cinq

En ligne depuis le 1 décembre 1999 et publié dans - modifié le 17 juin 2017

A peine la révision totale de la législation sur l’asile est-elle sous toit, qu’on nous annonce chaque mois de nouveaux durcissements. Interdiction de travailler prolongée, exécution toujours plus brutale des renvois, restrictions de l’aide sociale, etc.

Tout cela au nom d’un thème omniprésent depuis l’arrivée de Jean-Daniel Gerber à la tête de l’Office fédéral des réfugiés (ODR): comparée à ses voisins la Suisse est trop attractive. La preuve: si l’on examine le nombre des demandes d’asile, la Suisse est loin en tête des pays européens, avec 583 demandes pour 100’000 habitants, alors que l’Italie n’en compte que 12 (cinquante fois moins!). Entre les deux l’Allemagne et la France font respectivement cinq fois et quinze fois moins bien que la Suisse.

Les lecteurs de Vivre Ensemble, à qui nous l’avons déjà signalé, savent que ces chiffres sont bidon. Mais ils n’en ont pas moins fait le tour de la presse, et une large part du public n’a pas d’autre possibilité que de faire confiance à cette information.

Voilà pourtant qu’à la suite d’une question parlementaire de la conseillère nationale Liliane Maury Pasquier, le Conseil fédéral a dû admettre, avec beaucoup de mauvaise grâce, en date du 4 octobre 1999:

  • que la Suisse compte les personnes, enfants compris, la demande d’asile faite par un père de famille de quatre enfants étant comptée pour six, alors que tous les grands pays (notamment la France et l’Allemagne et sans doute aussi l’Italie) la comptent pour une;
  • que la Suisse compte les réfugiés de la violence placés sous statut provisoire, alors que de nombreux autres pays (dont nos trois voisins) n’intègrent pas dans leurs statistiques tous ceux qui bénéficient de ce statut distinct de l’asile;
  • que la Suisse ajoute encore à ses statistiques les nourrissons nés en Suisse, les regroupements familiaux sans examen des motifs d’asile et les deuxièmes demandes d’asile, gonflant ainsi l’écart avec d’autres pays.

Sur cette base, tout le débat relatif à l’asile est faussé. Et faussé consciemment, car les indications données en réponse à cette question parlementaire sont connues de l’ODR depuis longtemps. Bien sûr, le durcissement du droit d’asile passe ainsi comme une lettre à la poste. C’est si facile d’abuser les médias en jouant de son statut d’office fédéral. Mais en inquiétant le public par des données aberrantes, l’ODR joue un jeu dangereux. L’asile était le premier sujet de préoccupation des électeurs alémaniques. Christoph Blocher peut dire merci à Jean-Daniel Gerber.

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