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Editorial | A contre-courant

En ligne depuis le 1 juin 2000 et publié dans - modifié le 17 juin 2017

Ne nous y trompons pas, le vote des citoyens d’Emmen contre la naturalisation est hélas plus représentatif de l’opinion publique moyenne que les résolutions courageuses des villes de Genève et Lausanne. Nous voterons cet automne sur la limitation à 18% de la population étrangère, et ce vote s’annonce difficile. Incapable de comprendre qu’on ne combat pas la xénophobie en venant à sa rencontre, les autorités fédérales, dans le cadre de l’asile, multiplient ces temps-ci les signaux aberrants:

  • Programme massif de renvois forcés pour tous les Kosovars qui n’ont pas séjourné au moins sept ans en Suisse, comme s il fallait bien souligner que ces étrangers sont des indésirables;
  • Projets de camp d’internement pour tous les déboutés, histoire de bien convaincre la population que ceux qui tentent de rester chez nous sont potentiellement dangereux;
  • Extension de l’interdiction de travailler, et création d’une assistance au mérite dans une optique disciplinaire pénalisant les requérants ne présentant pas de papiers d’identité, afin de les stigmatiser un peu plus en les poussant dans la marginalité.

Bref: les idées xénophobes progressent à grand pas et les autorités ne cessent de leur donner la caution de l’officialité. C’est aujourd’hui la Conseillère d’Etat UDC zurichoise Rita Fuhrer qui donne le «la» pour la définition de notre politique d’asile, en duo avec Jean-Daniel Gerber, chef de l’Office fédéral des réfugiés (ODR). Ses propositions d’assistance disciplinaire paraissent presque modérées en regard de l’idée des camps d’internement. Ce n’est pourtant là que le nouvel avatar de la vieille tactique qui consiste à utiliser une proposition extrême pour faire passer pour un bon compromis une option à peine moins rigoureuse. L’a-t-on déjà oublié? C’est Rita Fuhrer elle-même qui avait lancé l’idée des camps d’internement en octobre 1997…

Quinze ans de bourrage de crâne et d’amalgames sur le thème des «faux réfugiés», des «requérants délinquants» et des «abus» ont ancré des idées toutes faites qui ne changeront que si nous redonnons aux requérants d’asile la possibilité de vivre normalement et d’assumer par eux-mêmes leurs besoins vitaux en travaillant. Car c’est en leur imposant d’être des assistés qu’on en a fait des boucs émissaires. La pétition nationale qui figure au centre de ce numéro est l’occasion rêvée de faire un travail de sensibilisation à contre-courant des tendances populistes à la mode.

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