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Editorial | Srebrenica: le massacre continue

En ligne depuis le 16 janvier 2002 et publié dans - modifié le 18 juin 2017

La police valaisanne a choisi le 14 décembre, jour du cinquantenaire du HCR, pour renvoyer par la force un survivant de Srebrenica, en le séparant de sa famille. Celle-ci a aujourd’hui disparu; celui-là a rejoint les centaines de milliers de victimes de l’épuration ethnique, qui attendent toujours de retrouver leur foyer. Des réfugiés de l’intérieur qui vivent toujours plus comme des parias, au fur et à mesure que l’aide humanitaire se retire de Bosnie pour d’autres zones de crise.

Dans 50 ans, des commentaires tardifs diront, à n’en pas douter, l’obscénité de ce renvoi. Mais pour l’heure, d’autres rescapés de la ville martyre que les Nations Unies avaient promis de protéger, attendent chez nous dans l’incertitude la plus totale, d’être fixés sur leur sort. Et certains nous arrivent encore, après avoir désespérément tenté de se refaire une vie dans un pays bouleversé par la guerre.

C’était le cas de H., violée par les miliciens dans les caves de Srebrenica, violée à nouveau trois ans après par des hommes masqués là où elle tentait de revivre. Depuis peu, H. sait, elle, qu’elle pourra rester «provisoirement» en Suisse. La Commission de recours en matière d’asile (CRA) en a décidé ainsi le 11 décembre. Mais jusqu’au bout, l’Office fédéral des réfugiés (ODR) se sera acharné sur elle. Il faut lire ce préavis méprisant que nous reproduisons en page 5, et par lequel l’ODR répondait à son recours, alors qu’elle venait de faire une tentative de suicide, pour mesurer avec quelle froideur nous accueillons aujourd’hui ceux qui sont sortis de l’enfer.

Dans d’autres cas, hélas, la CRA a confirmé la décision de renvoi. En 1997, celle-ci avait pourtant reconnu le caractère exceptionnellement grave de ce qu’ont enduré les habitants de Srebrenica. Elle avait admis que le traumatisme extrême qui en résultait rendait «tout renvoi inexigible», même après la fin de la guerre. Certes, la CRA a précisé par la suite que seuls ceux qui avaient fui avant le changement de situation pouvaient encore être reconnus réfugiés (cf. Vivre Ensemble, n°77, avril 2000). Mais pour les autres, l’admission provisoire paraissait logique car l’exécution du renvoi restait inconcevable. Cela, malheureusement, la pratique récente semble le remettre en question. Si certains survivants de Srebrenica obtiennent bien l’admission provisoire, d’autres sont purement et simplement renvoyés.

Cette situation est insoutenable. Ces hommes et ces femmes que l’on veut renvoyer ont vécu le même drame que ceux auxquels nous avons donné asile, et leurs nuits sont hantées par les mêmes cauchemars. Faire comme si ce traumatisme ne comptait plus, pour ceux d’entre les survivants qui ont d’abord cherché refuge dans une autre région de Bosnie, avant de se résoudre à l’exil, est proprement insensé. Il est urgent de mettre fin à ce jeu de massacre et de permettre aux rescapés de Srebrenica de retrouver un peu d’espoir.

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