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Témoignage | Formations accélérées PROFORA: Retrouver sa dignité

En ligne depuis le 7 janvier 2003 et publié dans - modifié le 20 juin 2017

Récemment nous avons recueilli le témoignage d’une requérante d’asile camerounaise, qui a suivi durant quatre mois avec une quinzaine d’autres personnes une formation d’auxiliaire en santé communautaire et qui occupe actuellement un emploi régulier dans un établissement médico-social (EMS) pour personnes âgées du canton de Neuchâtel. Dans cette expérience positive, il y a bien évidemment les acquis professionnels et l’accès facilité au marché du travail, mais ce qui a été aussi très important pour cette femme… c’est de retrouver son équilibre et sa dignité.

Mme C., cinquante ans, originaire du Cameroun, est arrivée en Suisse en été 2000. Elle est venue seule, ayant dû laisser ses enfants au pays. Elle se sent très isolée et supporte mal son inactivité. Obligée de rester plus de quatre mois dans un centre d’accueil, elle s’affaiblit et se déprime. Elle apprend cependant qu’il existe des possibilités de formation, notamment comme auxiliaire de santé. Elle approche son assistante sociale et lui exprime clairement son intérêt:

«Le médical m’a toujours attirée, depuis mon plus jeune âge. Déjà dans ma famille, j’étais la fille aînée, je m’occupais toujours de mes grands-parents, des personnes âgées de la famille et parfois aussi de celles des voisins. J’aurais voulu apprendre un métier pour soigner, mais dans mon pays, c’est difficile, il faut de l’argent pour pouvoir apprendre…, et aussi être jeune, et quand j’étais jeune je n’avais pas les moyens. L’assistante sociale m’a bien comprise et encouragée… Mais vu mon âge, mon manque de bagage, je n’osais pas croire que je serais prise…».

Aide psychologique essentielle

«Au centre, j’étais très mal, j’avais à tous moments des pertes de mémoire, je n’arrivais plus à dormir. J’étais aidée par un psychiatre, mais son traitement ne suffisait pas. Les médicaments m’abrutissaient, j’étais mal dans ma peau, je souffrais de rester sans rien faire, j’étais constamment dans un état de peur qui me paralysait. Je me sentais au bord du gouffre et j’étais prête à me faire du mal. Cette formation fut là comme une planche de salut. Ce qui m’a le plus aidée c’est de pouvoir à nouveau réfléchir, occuper mon esprit. Chaque jour, quand je me mettais à étudier, je m’y employais de tout mon corps, c’était à la fois un effort physique et moral. Cela m’a vraiment aidée».

Encadrement et compréhension

«Dès que j’ai commencé cette formation, j’ai ressenti un immense soulagement. Je n’étais plus seule. Des professeurs, des responsables s’occupaient de nous. Nous sentions leur appui et cela nous encourageait. Pour moi, le plus précieux, c’était leur patience face à mes difficultés de compréhension, mes oublis…Ils nous aidaient aussi à comprendre nos différences. Et bien sûr, il y avait les échanges avec les autres élèves, beaucoup de solidarité. On se revoit encore, on s’invite».

Une base pour trouver un emploi

«Avant cette formation, je ne savais pas comment faire pour trouver du travail, me présenter devant un employeur, avoir une chance… vu mon âge et mon statut. Cette formation, cela m’a donné une base. Dès que j’ai eu terminé les cours et les semaines de stage, avant même de recevoir une attestation de capacité, je suis allée trouver mon assistante sociale. Elle m’a donné le nom d’une agence de placement qui avait signalé une place de travail dans un home pour personnes âgées. Je me suis présentée avec mon rapport de stage. Je fus tout de suite acceptée et aujourd’hui je travaille toujours dans cet EMS».

Se libérer de l’assistance

«Ce qui est le plus important pour moi, c’est de travailler, de pouvoir payer mon logement, ma nourriture, mes habits, mes impôts. Quand on peut subvenir à ses besoins, on est tranquille, on sait que l’on ne dérange personne, ça fait du bien au fond du cœur. Quand on est à l’assistance, dans le corps il y a comme un blocage, on ne se sent pas bien, on ne se sent pas libre, et chaque jour on s’affaiblit un peu plus».

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