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Editorial | Lex Blocher: résistance

En ligne depuis le 12 décembre 2005 et publié dans - modifié le 24 juin 2017

La Suisse de Christoph Blocher a de quoi faire froid dans le dos. Sa loi sur l’asile révisée voudrait nous conduire à une Suisse sans réfugiés, ou presque… Une Suisse repliée sur elle-même, où les rares demandeurs d’asile qui parviendraient à franchir la frontière seraient menacés sous tous les prétextes de non-entrée en matière, exclus de l’aide sociale et visés par deux ans de détention en vue du refoulement.

Est-ce la mort du droit d’asile? La réalité est plus complexe. La mort du droit d’asile a déjà été annoncée après l’arrêté urgent de 1990. Mais l’instinct de survie de ceux qui n’ont plus rien à perdre, la solidarité agissante des militants de l’asile, la marge d’interprétation qui subsiste pour nombre de clauses légales, les garde-fous du droit international et les contradictions de notre société, à la fois xénophobe et attachée à son image humanitaire, ont permis à des milliers de réfugiés, année après année, d’arracher malgré tout un droit de séjour. Il en ira encore ainsi à l’avenir, si nous restons mobilisés.

Contre une telle loi, le référendum va de soi. Après les débats consternants des Chambres fédérales, c’est un acte d’hygiène mentale. Il ne nous conduira sans doute qu’à 30 ou 33% des voix, tant le pays est marqué par l’alignement quasi total du centre droit sur l’UDC. Mais là n’est pas l’essentiel. Pour nous, le référendum est une chance. Etre capable de récolter 50’000 signatures, c’est amorcer une campagne de grande ampleur, qui n’a aucun égal dans notre vie publique. C’est à travers cette dynamique et celle des Etats généraux de la migration et de l’asile* les 17 et 18 décembre prochain, que nous pourrons le mieux organiser la résistance, renforcer les réseaux existants et en recréer d’autres, développer sous toutes ses formes un travail d’explication et de conviction au sein même de la population.

On croit parfois qu’une loi adoptée par le peuple sera appliquée d’autant plus durement. C’est le contraire qui est vrai. Car la campagne de votation, en dénonçant les excès de la révision, pousse ceux qui l’ont voulue à promettre une application raisonnable. Elle pose ainsi les bases d’une jurisprudence modérée. Après le vote de 1999, le nouveau régime de protection provisoire n’a jamais été appliqué, l’application des clauses de non-entrées en matière est restée bien plus limitée que ce que l’on pouvait craindre, et la possibilité de notifier des décisions en allemand en Suisse romande a été fortement limitée.

Vivre Ensemble, SOS Asile VD, la Coordination genevoise, la Freiplatzaktion à Zurich et tant d’autres fêtent cette année 20 ans de luttes pour la défense du droit d’asile. Vingt ans, c’est l’âge de la maturité. Celle qui nous permet de ne pas céder au découragement aujourd’hui, et de continuer, demain comme hier, à tendre la main à nos amis réfugiés. En bref, de continuer de faire vivre, envers et contre tout, une autre Suisse que celle du rejet et de la haine. Signer et faire signer le référendum, c’est poursuivre notre combat et résister à la blochérisation des esprits.

Vivre Ensemble

* pour plus d’information: www.sansnous.ch

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