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En ligne depuis le 21 septembre 2009 et publié dans - modifié le 3 juillet 2017

Je m’appelle Nora*. Je suis arrivée en Suisse en 2004. J’ai d’abord passé six jours au Centre d’enregistrement de Vallorbe. Puis j’ai été attribuée au canton de Genève. Je suis alors placée dans un des foyers de la ville.

Au foyer, c’est la loi du plus fort

Je partage ma chambre avec une autre personne. Tout le reste – sanitaires, cuisine- avec une dizaine d’autres personnes, hommes et femmes mélangés, résidant dans le couloir. Il y a parfois des familles. Toutes viennent d’un pays différent. Après quelques mois, je déménage dans un autre foyer, pour quelques semaines. Puis un autre, non loin de là. Tout est commun, comme d’habitude, et l’application du règlement, pas toujours le même. Là-bas, les gens sont stressés. Il faut montrer qu’on a une personnalité, sinon, on vous écrase. C’est un peu comme la jungle, c’est le plus fort qui gagne. La cohabitation s’avérant très stressante pour moi, j’ai cherché dès 2005 à obtenir un logement individuel; j’avais des certificats médicaux. J’ai beaucoup insisté.

La nouvelle qui va changer ma vie

Début 2007, l’Hospice général donne son feu vert au principe d’un logement individuel. Je travaillais à temps partiel. Ma procédure d’asile venait de déboucher sur une admission provisoire. Mais ensuite, plus rien. Ils n’arrivent pas à me trouver de logement. Puis au début de cette année, après tant d’attente, aidée dans mes démarches auprès des fondations immobilières par une assistante sociale du CSP, je reçois un courrier m’annonçant enfin la bonne nouvelle. Une nouvelle qui va, je crois, changer ma vie. Me voilà enfin dans ce chez moi tant espéré. Le bail est à mon nom. Tout est neuf, et tout est nouveau pour moi. Le simple fait de se brosser les dents devant MON miroir, d’avoir MA propre baignoire dans laquelle je peux prendre un bain de temps en temps – car j’adore ça! – ou simplement d’être dans MA cuisine, c’est un bonheur immense.

Ces choses que l’on n’imagine pas

Et puis il y a ces autres choses, que l’on n’imagine pas; comme le fait que mes voisins ne soient pas sur le dos des uns et des autres. Ou de ne pas avoir de règlement à suivre, de compte à rendre. Au foyer, je ne pouvais partir même deux jours car si j’étais absente alors que c’était mon tour de faire le nettoyage, on déduisait une pénalité sur mon assistance. Aujourd’hui, personne ne vient me dire quoi que ce soit sur la manière de gérer mon chez moi… Aujourd’hui encore, je n’en reviens pas. J’ai mis du temps à me sentir à l’aise avec mes voisins, à ne plus être sur la défensive. Cette vie en foyer vous conduit à des comportements que vous n’imaginez pas. Il faudrait que certains essaient de vivre cela rien qu’une semaine, en se faisant passer pour un demandeur d’asile, pour se rendre compte. Alors parfois, c’est vrai, on se retrouve plus seul. Mais cette nouvelle vie, pour moi, c’est une page qui se tourne.

Nora

*prénom d’emprunt

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