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Scolarisation des enfants migrants | Des enseignants suisses tirent la sonnette d’alarme

En ligne depuis le 17 décembre 2015 - modifié le 24 mai 2016

Dans une prise de position le 16 décembre 2015, le syndicat des enseignants romands (SER) et son confrère alémanique du LCH ont fait part de leurs inquiétudes aux cantons et à la Confédération quant à l’intégration scolaire des enfants migrants.

Cliquez ici pour télécharger la prise de position en version PDF.

INTÉGRER LES ENFANTS RÉFUGIÉS – Prise de position du SER et de LCH

Le droit à l’éducation et l’intégration nécessitent des ressources
Tous les enfants et les jeunes accueillis en Suisse ont un droit à l’éducation, à la prise en charge et à l’intégration. Pour répondre à leurs besoins éducatifs et leur assurer un accès au monde du travail, des investissements conséquents de tous les cantons et de la Confédération sont nécessaires. Il est impossible de financer avec les ressources existantes la charge supplémentaire que représente pour les écoles l’intégration des enfants réfugiés. La situation exceptionnelle exige un effort particulier dans de nombreux pays, dont la Suisse. Il est incompréhensible que l’on réduise ou que l’on supprime des postes et des ressources consacrés à l’intégration ou à l’apprentissage du français, comme le prévoient différents cantons. Ceux qui continueraient à économiser sur l’école ou feraient payer les parents qui en ont besoin, attiseraient le ressentiment et la discorde. Les parents veulent être certains que la réussite scolaire et la sécurité de leurs enfants ne sont pas menacées.

Les enseignants et les écoles ont besoin de soutien
En raison de la guerre ou de leur fuite, des enfants et adolescents traumatisés développent des troubles de la concentration, des états d’absence, une agressivité, de la méfiance, des problèmes de sommeil, des comportements régressifs, des craintes, des attitudes de refus ou des symptômes dépressifs. De nombreux enfants arrivent sans parents. L’intégration doit commencer aussi rapidement que possible, avec l’acquisition des premières connaissances linguistiques et culturelles. C’est pourquoi des mesures particulières telles que l’apprentissage du français, des services de conseil et de soutien psychologique sont nécessaires. Les directions d’établissement ont besoin de ressources en temps d’enseignement pour le développement de concepts propres à l’établissement, l’engagement du personnel enseignant formé nécessaire, l’intensification de la coopération interne et la collaboration avec les organes externes. Des fonds provenant de la Confédération doivent être attribués aux écoles.

Impliquer les écoles et les enseignants en tant que partenaires
Communes et écoles doivent être considérées comme partenaires des autorités des migrations. Les enfants, les jeunes et les écoles qui accueillent ont besoin de sérénité et de perspectives fiables. Les apprentissages ne sont possibles que dans un environnement sécurisé, avec des relations de qualité et des perspectives d’avenir. Les écoles doivent être informées à l’avance des attributions afin qu’elles puissent élaborer localement des concepts cohérents et disposer d’enseignants capables et compétents. C’est aussi valable pour les expulsions qui, non préparées, peuvent être choquantes pour tous les enfants et les enseignants qui les encadrent. Pour ce faire, les cantons doivent budgéter les mesures nécessaires et en faire état. Cela inclut aussi que soient réglés tout de suite des détails tels que fournitures scolaires, vêtements et équipements pour le sport ou les camps. Pour bénéficier de l’expérience des écoles, les cantons doivent soutenir les échanges intercantonaux et les plates-formes Internet telles que www.profilQ.ch, ainsi que les colloques professionnels.

Enfants et adolescents ont droit à l’éducation, indépendamment de leur statut légal. Dans les écoles, les enseignants s’attendent à un nombre croissant d’enfants réfugiés, traumatisés des zones de guerre. Beaucoup d’entre eux sont des enfants non accompagnés qui n’ont jamais été scolarisés ou plus depuis longtemps. Les défis auxquels les enseignants sont confrontés doivent être rapidement pris en compte de manière compétente et crédible par la classe politique. Les enseignant-e-s sont prêts à assumer leur part de cet effort.

Exigences du SER et de LCH

1. Le droit fondamental à l’éducation et l’intégration professionnelle et sociale inscrit dans la constitution fédérale et dans les conventions internationales doit être garanti, particulièrement dans la situation exceptionnelle actuelle, pour les enfants et les adolescents réfugiés.

2. Les cantons doivent élaborer en collaboration avec la Confédération des standards de qualité et des solutions de financement pour répondre aux besoins spécifiques de scolarisation et de prise en charge des enfants ou des jeunes réfugiés, en particulier ceux qui ont été traumatisés ou sont arrivés sans parents, ainsi que pour la scolarisation dans le secondaire II et l’intégration professionnelle de ceux qui sont plus âgés.

3. Même avec la fluctuation du nombre des élèves, un taux fixe d’encadrement d’enseignants doit être défini pour l’accueil de ces élèves, afin que l’on puisse garantir la présence d’enseignants expérimentés et des effectifs de classe raisonnables.

4. Les écoles doivent recevoir tout de suite l’appui minimum nécessaire et indispensable pour faire face aux défis, au moment de l’accueil des enfants ou des jeunes réfugiés.

5. La Confédération et les cantons doivent les réseaux existants d’échange intercantonal des expériences et prennent des mesures pour la durabilité des processus d’intégration.

Martigny et Zurich, le 16 décembre 2015.

Personnes de contact:  Georges Pasquier, président SER, 078 686 68 12, president@le-ser.ch / Beat Zemp, président LCH, 061 903 95 85, beat.w.zemp@LCH.ch

A lire aussi ci-dessous, l’article paru dans le CourrierLa scolarisation des migrants coince dans le canton de Vaud”, Mario Togni, 16 décembre 2015.

La scolarisation des migrants coince dans le canton de Vaud

Le nombre de requérants d’asile mineurs a fortement augmenté. Le manque de places touche en particulier les 15-18 ans. Au niveau suisse, les syndicats d’enseignants déplorent un manque de moyens.

L’école vaudoise peine à accueillir les jeunes migrants arrivés en nombre dans le canton. Comme le révélait lundi la RTS, la pénurie touche surtout les mineurs de 15 à 18 ans prêts à rejoindre l’école post-obligatoire, en particulier les classes d’accueil de l’Organisme pour le perfectionnement scolaire, la transition et l’insertion professionnelle (OPTI). Face à la hausse importante des entrées de requérants d’asile en Suisse, les places manquent cruellement.

«Dans le contexte migratoire actuel, les besoins évoluent de jour en jour», explique Evi Kassimidis, porte-parole de l’Établissement vaudois d’accueil des migrants (EVAM), qui chapeaute leur formation. En un an, de décembre 2014 à décembre 2015, ce sont 400 requérants d’asile mineurs supplémentaires qui ont été pris en charge par l’EVAM, portant leur nombre à 2070 sur un total de 6520 personnes. «La tranche des 15-18 est fortement représentée, notamment car nous accueillons beaucoup de jeunes hommes érythréens», précise la porte-parole.

«Nous arrivons à suivre le rythme, mais je ne sais pas jusqu’à quand»

Avant une intégration en milieu scolaire, l’EVAM dispense des cours de français intensifs. Quelque 130 jeunes de 15 à 18 ans les suivent actuellement, mais ils seront 70 de plus dès le mois de janvier. Par manque de débouchés au post-obligatoire, la durée de cette formation préalable tend à s’allonger de plusieurs mois, contraignant la structure à se réorganiser.

«Nous avons cette année plus que doublé le nombre de places dans nos cours», souligne Evi Kassimidis. En partie en augmentant les capacités, mais aussi en limitant la durée d’enseignement hebdomadaire. Cela n’étant pas suffisant, l’EVAM doit également recourir à de prestataires externes. Sachant que les mineurs sont prioritaires, ce sont avant tout les adultes qui sont envoyés dans des écoles de langues privées.

«Pour le moment, nous arrivons à suivre le rythme, mais je ne sais pas jusqu’à quand», s’inquiète la porte-parole de l’EVAM. Derrière cette situation se cache un enjeu d’intégration. «Une fois les connaissances de bases acquises, ces jeunes ne devraient pas rester dans nos structures, car l’école est un important vecteur d’intégration sociale.» L’OPTI est la voie privilégiée des jeunes arrivés récemment en Suisse, alors que le gymnase ou l’apprentissage requièrent un bagage scolaire solide.

Le placement à l’école obligatoire plus compliqué?

A cela s’ajoute un autre problème. Selon la RTS, le placement à l’école obligatoire de jeunes migrants de 15-16 ans, dont les capacités ne permettent pas d’accéder immédiatement au post-obligatoire, serait plus difficile que par le passé. Les jeunes de plus de 15 ans sont en principe admis à l’OPTI, mais de telles exceptions, évaluées au cas par cas, sont possibles. Y a-t-il eu un durcissement? Le Département de la formation, de la jeunesse et de la culture conteste. «Il n’y a eu aucun changement de pratique sur ce point», assure Michael Fiaux, délégué à la communication.

Concernant la capacité d’accueil de l’OPTI, il relève que les besoins sont évalués en amont et en concertation avec les acteurs concernés, dont l’EVAM: «A ce jour, nous n’avons pas reçu de demande pour des places supplémentaires. En cas de demande, le dispositif peut tout à fait évoluer en cours d’année», précise-t-il.

Le délégué à la communication ajoute que, dès la rentrée 2016, le système sera plus souple. La scolarisation dans les classes d’accueil de l’OPTI se déroulera sur la base du semestre et non plus de l’année, ce qui permettra d’adapter plus facilement les capacités en cours de cursus.

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