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Le Courrier | Craintes autour d’un renvoi imminent

En ligne depuis le 22 juin 2017

Un requérant d’asile nigérian débouté est menacé d’un renvoi forcé imminent, malgré un risque suicidaire aigu et un sévère trouble de stress post-traumatique.

ARticle de Sophie Dupont, publié dans Le Courrier, le 22 juin 2017. Cliquez ici pour lire l’article sur le site du Courrier.

Mercredi matin, un requérant d’asile nigérian débouté de 34 ans a été arrêté par la police neuchâteloise et transféré à Genève en vue d’un renvoi forcé prévu ce mercredi soir. Le Service d’Aide juridique aux exilés (SAJE) craint pour la vie de l’homme, qui souffre d’un syndrome de stress post-traumatique grave et d’un risque suicidaire aigu, selon plusieurs expertises médicales, pour qui un renvoi n’est pas recommandé.

Suite au rejet de sa demande d’asile, un recours avec mesures provisionnelles a été déposé ce mercredi matin au Tribunal administratif fédéral, qui doit se prononcer dans un délai de 24 à 48 heures. Le SAJE a fourni de nouvelles pièces concernant le risque de persécution de son mandant. Militant actif d’une organisation indépendantiste de son pays, il serait recherché par la police et le SAJE craint une exécution extrajudiciaire au cas où il serait remis aux autorités de son pays. Le Secrétariat d’Etat aux migrations (SEM) n’a au contraire pas considéré que le requérant risquait la persécution au Nigeria.

«Un dossier médical lourd»

«J’ai rarement vu un dossier médical aussi lourd», s’inquiète Chloé Bregnard Ecoffey, responsable de projet au SAJE. Un des rapports que s’est procuré Le Courrier mentionne que le risque de passage à l’acte de suicide est élevé ainsi que le risque d’agression envers autrui, en cas de décompensation psychotique. Les médecins sont particulièrement inquiets du fait que le requérant débouté parle de s’ôter la vie de manière précise, en mentionnant la méthode qu’il compte employer en cas de renvoi. Pour les médecins, le Nigeria ne dispose pas de structure pour la poursuite de son traitement psychiatrique, ce qui met d’autant plus la vie du requérant en danger.

Mercredi matin, l’homme débouté a été reçu par un médecin de garde à Neuchâtel avant d’être emmené à l’aéroport de Genève. Ce dernier «a estimé qu’il n’y avait pas de contre-indication au renvoi», note Serge Gamma, chef du service des migrations. Le médecin a-t-il pris connaissances des rapports médicaux? Le chef de service l’ignore. «C’est l’administration fédérale qui indique si un renvoi est exécutable», poursuit-il. Pour donner son feu vert, le SEM se base sur l’expertise d’une entreprise prestataire de services médicaux, Oseara SA, qui assure également l’accompagnement médical pendant le vol. Pour Serge Gamma, «le canton n’est nullement responsable». Quant à la demande de mesures provisionnelles, «si le TAF estime que c’est nécessaire, il se prononcera avant la fin de la journée». Sans nouvelle du Tribunal, le renvoi sera effectué mercredi soir comme prévu, assure le chef de service. A l’heure où nous écrivions ces lignes, le TAF ne s’était pas prononcé.

Chloé Bregnard Ecoffey note que d’autres cantons, comme Vaud, ne procèdent pas aux renvois pendant le délai de recours. «Neuchâtel savait que le SAJE suivait le dossier et pouvait se douter qu’un recours serait déposé», relève-t-elle.

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