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En ligne depuis le 3 août 2017 et publié dans

Ce matin, jeudi 30 mars 2017, dans le cadre de mon travail d’aumônier à l’AGORA j’ai accompagné Angèle à l’Office cantonal de la population et des migrations (OCPM) afin qu’on lui renouvelle son attestation d’aide d’urgence. Etant passée par l’Italie avant d’entrer en Suisse, Angèle est frappée d’une décision de non-entrée en matière Dublin. Le délai pour l’exécution du renvoi en Italie échoira le mercredi 5 avril 2017. Cette situation est très stressante. C’est souvent pendant la dernière semaine que le renvoi est exécuté.

Après 35 minutes d’attente, son aide d’urgence est prolongée d’une semaine, jusqu’au 6 avril. Angèle semble soulagée. Je la mets néanmoins en garde : la prolongation octroyée pour l’aide d’urgence ne garantit absolument pas que le délai du 5 avril sera dépassé. Autrement dit, elle ne pourra pas forcément entrer dans la procédure d’asile en Suisse.

Il est environ 9 heures et je lui propose de la ramener en voiture au centre d’hébergement collectif des Tattes où je dois assister à une réunion. Angèle accepte. Nous rejoignons le véhicule stationné à 50 mètres de l’OCPM. Je suis parquée en épi entre deux voitures. J’ouvre la porte, je m’installe au volant et introduis la clé de contact. Angèle s’apprête à s’assoir sur le siège avant. Tout à coup, le hurlement strident d’une sirène jaillit d’une banale voiture grise qui vient se coller en long contre l’arrière de ma voiture. Nous nous retrouvons complètement coincées. Mon premier réflexe est de me demander ce que j’ai bien pu faire. Tout de suite, une femme et deux hommes s’élancent vers nous en ajustant sur un bras un brassard sur lequel on peut lire «Police».

«Enlevez la clé et présentez votre carte d’identité!» m’ordonne l’un des hommes. Au même moment, Angèle est tirée hors de la voiture par l’autre policier. Il lui maintient un bras en arrière pendant que la femme lui passe les menottes et les boucle dans le dos. J’entends Angèle crier qu’elle n’a rien fait de mal. Mon cœur s’emballe, je me mets à trembler. J’ai tellement honte! Honte de la manière dont on traite une personne inoffensive, à qui l’on ne peut rien reprocher! Honte pour mon pays!

Je ne m’attendais pas à ce qu’ils viennent chercher Angèle ici même. J’accompagne des personnes depuis près de 30 ans, et je ne peux pas m’habituer à cette manière de traiter des êtres humains. Je suis toujours aussi indignée!

Pourquoi agir ainsi avec une personne innocente qui demande protection, uniquement parce qu’elle ne se trouve pas au bon endroit pour demander l’asile?

Véronique Egger

Dans le même numéro, lire le témoignage de Véronique Marti qui a suivi le renvoi d’Angèle au travers de l’émission Vacarme (RTS).

Arrestations à l’OCPM: Un abus de confiance?

De nombreuses personnes déboutées de l’asile ou frappées d’une NEM vivent la probabilité de leur expulsion comme une épée de Damoclès. Elles sont contraintes de pointer à intervalles très réguliers à l’Office cantonal de la population et des migrations (OCPM) afin de renouveler leur «attestation de délai de départ». Ce document – le papier blanc – leur permet de toucher l’aide d’urgence, une aide à la survie à laquelle elles ont droit en vertu de l’article 12 de la Constitution. A cet égard, hormis les cas où il existe des motifs pénaux ou lorsque la personne a montré un refus de collaborer, les arrestations par la police à l’OCPM ou à ses abords à des fins d’exécution de renvoi sont considérées comme inappropriées. Elles n’auraient d’autre conséquence, à terme, que d’empêcher les individus concernés d’accéder à un droit fondamental garanti par la Constitution: celui «de recevoir les moyens indispensables pour mener une existence conforme à la dignité humaine».

Anouk Piraud et Sophie Malka

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