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Le Courrier | Requérants démunis face à la pandémie

En ligne depuis le 17 mars 2020

Les organisations du domaine de l’asile s’inquiètent du manque de protection des requérants d’asile face au Covid-19. Certaines demandent que les décisions d’asile soient suspendues.

Article de Julie Jeannet  publié le 16 mars 2020 par le quotidien Le Courrier. Cliquez  ici pour le retrouver sur le site (pour les abonnés) 

Requérants démunis face à la pandémie

Cet article a été reproduit grâce à l’aimable autorisation du quotidien Le Courrier. L’accès à cet article ne doit pas faire oublier que l’information a un coût et ce sont les abonné-e-s au Courrier qui garantissent son indépendance.

Le Secrétariat d’Etat aux migrations (SEM) a annoncé vendredi qu’un requérant d’asile avait été testé positif au Covid-19 et mis en isolement dans le centre de Chevrilles du canton de Fribourg. Il a également communiqué qu’un formateur du centre fédéral de Berne et un employé du centre de Bâle avaient également été contaminés. Depuis, l’inquiétude monte, auprès des organisations de défense des migrants.
«L’accès à la santé dans les centres est déjà problématique en temps normal, mais cette épidémie montre les véritables risques sanitaires que représentent la concentration de plusieurs centaines de personnes dans le cas des procédures d’asile», dénonce Amanda Ioset, secrétaire politique de Solidarité sans frontière.

Réponse laconique

Alors que les autorités recommandent à la population de rester confinée, comment mettre en oeuvre les distances sanitaires préconisées dans une structure où dorment, mangent et vivent des centaines de personnes? «En connaissant les conditions de vie dans les centres, on peut bien imaginer qu’isoler socialement les gens est très difficile à faire. A Boudry par exemple, les salles communes sont étroites, j’imagine difficilement comment on peut appliquer les deux mètres de distance sanitaire», s’interroge Denise Graf, juriste pour Droit de rester.
Interrogé à ce sujet, le SEM avance de manière très laconique par e-mail avoir pris les mesures médicales et organisationnelles nécessaires recommandées par l’Office fédéral de la santé publique pour isoler les cas concernés et protéger les demandeurs d’asile et le personnel. Son porte-parole, Lukas Rieder, explique que le nombre de places dans les centres passe de 4000 à 2200. En revanche, le SEM ne donne aucune information sur le dispositif médical mis en place ni sur le nombre de personnes dormant actuellement dans la même chambre, bien qu’interrogé spécifiquement à ce sujet.

Suspendre les procédures

Une autre préoccupation croissante concerne la poursuite du traitement des demandes d’asile. L’organisation Freiplatz Aktion Basel a réclamé samedi à Mario Gattiker, directeur du SEM, et à la conseillère fédérale Karin Keller Sutter un moratoire sur les décisions d’asile. «Il est actuellement impossible d’offrir une procédure d’asile équitable. Les autorités doivent suspendre toutes décisions», exige Moreno Casasola, collaborateur de l’organisation bâloise. Cette demande est soutenue par Solidarité sans frontières et Vivre ensemble.
«Des décisions sont encore tombées en fin de semaine dernière. Elles exigent des réponses dans un délai de cinq jours. Or c’est impossible car la plupart des permanences d’assistance juridique sont fermées. Il est impossible de faire recours», déplore Sophie Malka, de Vivre ensemble. Le SEM affirme pourtant que les auditions, les rapatriements et les attributions cantonales continueront à être effectués et que les représentants légaux et le Tribunal administratif fédéral continueront de travailler sans restriction.
Une attitude qui consterne les organisations de défense des personnes migrantes. «Toutes les rencontres entre requérants, personnel du SEM et représentants juridiques comportent des risques de contamination. Les autorités ne peuvent pas continuer à ce rythme. La santé de toutes les personnes présentent en Suisse doit primer, peu importe leur statut», martèle Sophie Malka.

Julie Jeannet


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