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Hébergement | Gestion de la pandémie dans les centres collectifs: mission impossible?!

En ligne depuis le 6 août 2020 et publié dans - modifié le 15 septembre 2020

Alors que le mot d’ordre du Conseil fédéral reste, y compris après le déconfinement, de «maintenir ses distances», les conditions de vie et les espaces restreints dans les centres d’asile ne permettent toujours pas à leurs habitant-e-s de se protéger contre la pandémie.

Le 28 mai 2020, une campagne de dénonciation a été lancée au niveau suisse par Solidarité sans frontières (SOSF) et les Juristes démocrates de Suisse (JDS). Elle est assortie d’un manifeste et de très nombreux témoignages et vidéos de personnes concernées attestant de la promiscuité et du manque de moyens d’hygiène à disposition, notamment dans les centres zurichois (p.8).

Parallèlement, une plainte pénale a été déposée par les deux organisations et plusieurs personnes hébergées dans les centres de renvoi du canton de Zurich contre la Direction de la sécurité et le service social zurichois, ainsi que la société privée ORS Service AG. Il leur est reproché d’avoir insuffisamment respecté leur devoir de protection et les recommandations de la Confédération pour endiguer la pandémie de coronavirus dans les centres de renvoi, et d’avoir violé diverses dispositions du code pénal suisse et de l’ordonnance Covid-19. Sont dénoncées l’exposition (mise en danger de la vie ou de la santé d’autrui), les lésions corporelles par omission, la contrainte et la violation de la loi sur les épidémies.

Un modèle problématique

Droit de rester Neuchâtel, action devant le centre de Boudry

Si la situation à Zurich est particulièrement tendue (voir p.11), suscitant de nombreux articles de presse et la réaction outrée du Conseiller d’État responsable du dossier Mario Fehr mi-juin (NZZ, «…Das sind wirklich Fake News…», 11.06.20), c’est tout le système d’asile et d’hébergement collectif renforcé ces dernières années avec la nouvelle procédure d’asile que questionne la pandémie (p.9). La logique des autorités étant d’héberger provisoire- ment , impossible pour elles de protéger les résident-e-s dans le cadre donné, en particulier lorsque cuisines et sanitaires sont communs. Déjà peu enclins à la transparence, les responsables de ces lieux se retranchent derrière leur vérité et leurs murs, isolant davantage les habitant-e-s des regards extérieurs.

La symbolique est forte: lorsque, le 29 mai 2020, le collectif Droit de rester Neuchâtel a démarré une action destinée à faire écho à la campagne «nous dénonçons» devant le Centre fédéral de Boudry (CFA), les habitant-e-s leur ont raconté avoir eu l’interdiction de sortir et les stores automatisés ont été descendus pour les empêcher d’assister à l’action. « Cela dénote, avec la lumière la plus crue, les pratiques régulières du SEM en matière de gestion des CFA mais globalement des droits les plus élémentaires », relève Droit de rester dans un communiqué.

Quid en cas de deuxième vague ?

Alors que la pression liée à la pandémie se réduit, la perspective d’une deuxième vague doit amener les autorités – fédérales, cantonales et communales – à évaluer objectivement, outre leur gestion de la crise sanitaire, les conditions de vie faites aux personnes issues de l’asile actuellement considérés comme des êtres humains de seconde zone. Et d’en tirer les leçons. Face au virus, nous sommes tous égaux: protéger les réfugié-e-s,quelle que soit leur situation administrative, c’est protéger l’ensemble de la population.

SOPHIE MALKA

TÉMOIGNAGES DES CENTRES D’HÉBERGEMENT

Des habitant-e-s de centres d’asile du canton de Zurich témoignent des conditions dans lesquelles ils vivent durant la pandémie de Covid-19. Les témoignages couvrent la période du 16 mars au 5 avril 2020 et ont été rédigés par des adultes et des jeunes.

Pas de désinfectant
Centre de renvoi – Adliswil, 21 mars 2020
« La nuit dernière, les personnes âgées ont été emmenées au centre de Bülach. Nous avons demandé du désinfectant, mais ils ont répondu qu’il n’y en avait pas assez. Nous n’en avons encore reçu aucun ».

Maintenir la distance dans une chambre à huit?
Centre d’aide d’urgence – Kemptthal, 25 mars 2020
«Vous nous dites de garder nos distances à cause du coronavirus, alors que nous vivons dans une pièce de 6 à 8 personnes. Comment pouvons-nous garder nos distances ? Quelqu’un peut- il nous le dire ?

9 personnes dans une chambre – 3 de plus qu’avant
DZ Hinteregg – 23 mars 2020
«Avant le virus, nous étions 6 personnes dans une chambre. A présent nous sommes 9. Je sais que nous ne devrions pas nous plaindre. Mais c’est vraiment grave, triste et inhumain. Le Parlement et les institutions qui décident du sort des réfugiés nous ont oubliés.»

> Vers le site du manifeste: wir-klagen-an.ch

Illustration: Ambroise Héritier / Vivre Ensemble n°178 | juin-juillet 2020

Également dans ce numéro, sur le sujet de l’hébergement – bilan post Covid-19

  • Témoignage : “l’épidémie aurait été plus facile à gérer si les personnes migrantes avaient été logées en appartement…”
  • Société civile dans les centres fédéraux: une lutte contre l’isolement des requérant-e-s d’asile

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