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Documentation

UniGe | Une cartographie de Genève à l’attention des personnes migrantes LGBTIQ+

Les personnes migrantes queer reflètent une double minorité, à la fois par leur trajectoire de migration, et par leur orientation sexuelle, identité ou expression de genre, et sexe biologique (OSIEGSB). Aujourd’hui, nous relayons un projet de recherche participatif porté par Karine Duplan, chercheuse en sciences sociales à l’Université de Genève et à la Haute école de travail social de Genève, qui porte sur les expériences des personnes migrantes queers à Genève.

Afin d’accompagner les prochaines personnes qui se retrouvent dans une situation de migration LGBTIQ+ à Genève, Karine Duplan a élaboré, conjointement avec des personnes elles-mêmes concernées par cette double minorité, une carte des espaces safe (informations concernant le social/l’associatif, la santé, l’apprentissage du français, les conseils juridiques, l’alimentation, l’hygiène, les vêtements, l’hébergement, ainsi que des endroits à visiter).

retrouvez ci-dessous le descriptif du projet de Karine Duplan, accessible sur le site de l’Université de Genève

Queer(s) in exile: une ethnographie sensorielle pour la justice spatiale

UniGe, Karine Duplan | juillet 2026

La figure du réfugié queer, défini comme une personne traversant des frontières pour échapper à l’oppression en raison de son appartenance à une minorité sexuelle ou de genre, a récemment gagné en visibilité sur l’agenda international des droits humains. Si les études sur les migrations queer ont mis en évidence l’espace ambivalent qu’occupent les exilé·e·s queer dans la plupart des discours — à la fois suspecté·e·s de vouloir se faire passer pour queer afin de revendiquer l’asile, et sujets fuyant des persécutions, dignes de protection —, peu de recherches se sont penchées sur les espaces ordinaires que les personnes migrantes queer parcourent dans leur pays d’accueil. Or, afin de combattre la dimension spatiale des inégalités sociales, notamment en termes d’accès à l’espace public et à ses aménités, il est nécessaire de prendre en compte les expériences des personnes migrantes queer.

À partir du cas genevois, ce projet de recherche dirigé par Karine Duplan (subside FNS n° 221128) a été mené en partenariat avec un centre d’accueil genevois qui fournit une assistance aux personnes contraintes à la migration. La recherche s’appuie sur une méthodologie participative originale combinant une série de méthodes d’ethnographie urbaine sensorielle, afin de rendre compte au plus près des voix et des expériences incarnées de ces sujets marginalisés. Trois objectifs de recherche principaux et complémentaires ont structuré le projet:

  1. Cartographier les espaces dans lesquels les exilé·e·s queer, à la fois étrangers/ères sexuel·le·s et culturel·le·s sans statut légal, évoluent au quotidien.
  2. Analyser les stratégies de place making (appropriation des lieux) des personnes migrantes queer, en mettant en lumière leur agentivité spatiale et corporelle, et la manière dont celle-ci se traduit par un sentiment paradoxal d’appartenance.
  3. Mettre en évidence les savoirs spatiaux de ces acteur·rice·s, dont l’expertise concernant la ville demeure sous-estimée.

Les personnes queer en exil parviennent à transformer l’espace en ressource. Elles apprennent à se repérer dans la ville, à y identifier des ressources utiles, et à s’y ménager des espaces de répit. Elles acquièrent une connaissance approfondie de la ville et deviennent expertes à partir de leur propre positionnalité. Cette expertise a été rassemblée dans deux ressources pratiques:

1) un guide d’arrivée à Genève destiné aux personnes queer en exil nouvellement arrivées à Genève, sous la forme d’une carte dépliante disponible en trois langues:

Premier document de la carte.

2) une carte des émotions de Genève, présentant les lieux intimes que les participant·e·s à la recherche ont choisi de partager

Ces cartes ont été co-produites avec les participant·e·s à la recherche, en collaboration avec le projet de recherche «Géographies intimes de l’exil queer», mené à la Haute école de travail social de Genève (HETS-GE). Elles sont destinées à être partagées!

Dans l’ensemble, cette recherche a produit un ensemble de données unique sur l’expérience urbaine et l’expertise des exilé·es queer. Elle met en lumière la manière dont ces personnes développent un sentiment d’appartenance locale et prennent part à la communauté urbaine. Ce faisant, cette recherche contribue à rendre visibles les vies, les besoins et les contributions des personnes marginalisées dans les politiques migratoires et d’égalité LGBTIQ+. Tout en participant à repenser l’inclusion (queer) et la citoyenneté au-delà de leur dimension juridique, ces données seront utiles aux services concernés pour contribuer à créer une ville plus vivable pour TOU·TE·S.

Informations complémentaires et liste des publications

La rubrique Documentation relaie des actualités et prises de position d’acteur·ices de la migration et de l’asile. Les contenus publiés reflètent les opinions de leurs auteur·ices et ne représentent pas nécessairement la position d’asile.ch.

©Image de couverture: Guide d’arrivée par Karine Duplan