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Argovie | Neuf ans dans un container

En ligne depuis le 15 octobre 2002 et publié dans - modifié le 3 mai 2017

En 1993, une famille de Pakistanais déposait une demande d’asile en Suisse, fuyant les persécutions dont ils faisaient l’objet dans leur pays à cause de leur appartenance religieuse (à la communauté islamique modérée des Ahmadi). Si leur demande d’asile fut refusée, ils obtinrent en octobre 2001 une admission provisoire, juste après la mort accidentelle de leur deuxième enfant. La famille fut attribuée par l’Office fédéral des réfugiés (ODR) au canton d’Argovie, qui la plaça dans la petite commune de Rohr (2700 habitants).

La municipalité les logea dans un vieux «container» (cabine métallique), situé entre la cour de l’école et la mairie, au bord d’un espace asphalté, point de rencontre pour des bandes de jeunes. La famille et ses six enfants (dont trois nés en Suisse) passa huit ans dans cet habitat disposant d’une cuisine exiguë, d’une salle de bains et de deux petites chambres dont l’une fait office de chambre à coucher/salon. Le tout dans un piteux état (trous au plafond de la cuisine, linoléum déchiqueté).

Nombreuses agressions

En 2000, les autorités communales, pressées par les organisations humanitaires locales, placèrent un second container sur le toit du premier. Mais comme celui-ci n’est relié au premier que par une échelle métallique extérieure et ne possède pas de toilettes, la famille l’utilisa peu et préféra se serrer dans les deux chambres du bas: «parce que nous avons peur», nous dit Monsieur.

Depuis son arrivée, la famille est agressée et menacée régulièrement le week-end, par une bande de jeunes, l’emplacement du container se prêtant de façon idéale à ces attaques. Vitres brisées à coup de pierres, stores abîmés, fusées lancées par la fenêtre ouverte, excréments humains déposés devant la porte d’entrée, balles de caoutchouc tirées contre Monsieur, etc…). La police, appelée sur les lieux à plusieurs reprises, s’est révélée totalement inefficace et impuissante…

Inertie des autorités

Il a fallu une conférence de presse et des articles dans la presse, pour que la famille, au bout de neuf ans, ait la perspective d’être enfin logée décemment à partir de la mi-octobre 2002. Mais dans une commune voisine, la municipalité «se trouvant dans l’impossibilité de trouver un logement adéquat». Pourtant un architecte de la commune, interpellé par l’article du Tages Anzeiger, avait proposé en juin, un appartement spacieux et peu cher. Au dernier moment, après avoir promis à la famille et à nous que le déménagement aurait lieu, les autorités municipales de Rohr se rétractèrent, invoquant les raisons suivantes: «Après mûre réflexion, nous sommes persuadés que nous ne rendrions pas service à la famille en les plaçant dans cet appartement de bon standing. Ils risqueraient de ne pas être acceptés par les autres locataires qui ne se gêneraient pas pour le leur faire ressentir…» (1)!


Notes:

(1) Traduction libre de la réponse de la municipalité de Rohr à l’architecte.

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