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En ligne depuis le 15 octobre 2002 et publié dans - modifié le 21 juin 2017

La Suisse votera sur le droit d’asile le 24 novembre prochain. Officiellement, tous, de l’extrême gauche à la droite modérée en passant par les milieux les plus divers sont opposés à l’initiative de l’Union démocratique du centre (UDC). Le grand paradoxe est pourtant que cette initiative, qui prône la non entrée en matière pour tous ceux qui sont passés par un pays tiers «sûr» et la dégradation des conditions de vie des réfugiés sollicitant malgré tout l’asile chez nous, a déjà fortement influencé les débats sur la révision de la loi d’asile, au point que le récent message du Conseil fédéral, publié le 4 septembre reprend la plupart de ses propositions, en se contentant de les rendre plus présentables.

Sur le fond, le grand débat initié par l’UDC porte sur la question des pays tiers «sûrs» par lesquels les réfugiés qui s’adressent à la Suisse ont transité. Partant de ce constat, l’UDC en vient à dire qu’une demande d’asile faite en Suisse est quasiment abusive puisque ces requérants pouvaient au cours de leur périple s’adresser ailleurs. Appliquée systématiquement, cette logique reviendra à écarter toutes les demandes d’asile, mis à part les rares réfugiés qui nous arrivent par avion malgré la multiplication des contrôles. La Suisse est en effet entourée de pays démocratiques. Elle n’est donc jamais la première possibilité de refuge. Il y a heureusement peu de chance que nos pays voisins acceptent de reprendre tous «nos» requérants.

Sans le dire, les initiants postulent que notre pays n’aurait plus besoin de pratiquer l’asile. Beaucoup se laisseront prendre à ce projet, qui offre le grand avantage de ne pas renvoyer les réfugiés chez eux, au risque de les mettre en danger, mais seulement de les renvoyer «ailleurs». C’est oublier que les autres pays cherchent aussi à renvoyer plus loin ceux qui leur arrivent. Des accords de reprises ont déjà été passés de pays voisins à pays voisins. Et au bout du compte, on peut se demander si les réfugiés renvoyés de Suisse ne se retrouveront pas, de pays de transit en pays de transit, livrés purement et simplement à leur Etat d’origine.

Plus généralement, on l’oublie souvent, le droit d’asile ne peut exister en pratique que si tous participent à l’effort général pour accueillir ceux qui fuient. La plupart restent, par la force des choses, à proximité de leur pays. Mais si les Etats voisins d’un pays en crise, qui sont de toute façon les plus sollicités, réalisent que des pays beaucoup moins exposés, comme la Suisse, se refusent par principe à accueillir des réfugiés, il y a fort à parier que ces pays de premier asile fermeront leurs portes pour ne pas être débordés.

Pays dépositaire de la Convention de Genève sur la protection des réfugiés de 1951, la Suisse donnerait ainsi le signal de la mise à mort du droit d’asile. Dire NON le 24 novembre est donc primordial. Et cela d’autant plus que le Conseil fédéral dans son projet de révision de la loi sur l’asile, s’inspire également de cette logique fatale du renvoi vers les pays tiers «sûrs».

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