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Action | Manifeste pour un avenir commun: Sans nous, rien ne va plus

En ligne depuis le 15 décembre 2003 et publié dans - modifié le 6 juin 2017

Que se passerait-il si tous les migrants, les sans-papiers, les réfugiés de Suisse quittaient leur travail? Impensable? Plusieurs actions seront menées dans toutes les régions du pays pour susciter la réflexion et attirer l’attention sur une autre conception de la migration. Une conception aux antipodes de l’idéologie officielle discriminatoire qui sous-tend la nouvelle loi sur les étrangers et la loi sur l’asile. L’idée du Manifeste a enthousiasmé et rassemblé un grand nombre de personnes migrantes ou non, de représentant(e)s d’organisations non gouvernementales, de syndicats et de partis politiques. Ils ont durant trois mois travaillé ensemble à son élaboration. La diffusion du Manifeste se fait dans le but de gagner de nombreux adeptes à cette autre conception de la migration. Pour plus d’informations et pour le soutenir: www.sansnous.ch. (SosF)

Nous, les soussignées et soussignés, nous constatons:

• que fuir son pays ou émigrer n’est pas nouveau, que depuis cent cinquante ans la Suisse est un pays d’immigration et qu’elle ne saura freiner celle-ci ni par un système de contingentement ni par la répression;

• que l’immigration contribue à instaurer une meilleure compréhension entre les cultures et offre la chance de fonder une société plus juste et plus pacifique – non seulement à l’échelle nationale, mais sur le plan international;

• que la Suisse ne peut en aucun cas se permettre de limiter l’immigration, car, sans elle, elle perdrait son économie florissante, sa sécurité sociale, sa richesse culturelle et sa prospérité;

• que si les immigrées n’étaient pas là pour se charger des travaux domestiques, l’intégration des femmes suisses sur le marché du travail ne serait pas possible;

• que la Suisse est pourtant en train de durcir le droit d’asile et d’introduire une loi sur les étrangers particulièrement sévère, soumettant ainsi notre vie privée et familiale à une surveillance policière toujours plus stricte. Les réfugiés et immigrés des deux sexes ont déjà supporté jusqu’ici beaucoup d’humiliations dans ce pays ! Les multiples votations à caractère xénophobe les ont très profondément blessés. Des lois plus sévères ne freineront pas l’immigration, mais elles engendreront davantage de souffrance, favorisant le trafic des êtres humains et l’absence de droits, et conduiront à une forme moderne d’esclavage.

La migration est un des grands défis de l’avenir. Ce n’est qu’en coopérant et en utilisant toute la diversité de nos ressources que nous serons à même de relever ce défi et de créer les conditions d’un avenir décent pour tous.

Des droits politiques, pas seulement des devoirs

Tous les êtres humains doivent pouvoir prendre part aux décisions politiques à leur lieu de domicile et d’imposition, et ce indépendamment des nationalités qu’ils ont acquises, que ce soit par naissance ou naturalisation. La dignité humaine, les droits de l’homme et les droits politiques sont indivisibles et s’appliqueront donc à tout être humain en Suisse. Là où règne l’égalité, une police spéciale pour les étrangers est superflue.

Des lois basées sur les droits de la personne

Plutôt qu’être marquées par la répression et la dissuasion, les lois s’inspireront de principes humanitaires, d’un esprit de respect et de solidarité, ainsi que des obligations du droit international.

• Il n’y aura plus de discrimination entre ressortissants de l’UE et non res-sortissants. Les différentes catégories de migrants, auxquelles sont associés des droits différents, seront abolies.

• Les autorisations de séjour seront octroyées indépendamment des objectifs du séjour ou des emplois.

• Les sans-papiers doivent obtenir une régularisation collective.

• Il faut instaurer un droit d’asile qui, au lieu d’être axé sur la dissuasion, porte assistance à ceux qui en ont besoin et reconnaisse à tous les requérants d’asile le droit de vivre dans la dignité et la sécurité.

Travail et rémunération équitables

Les immigrées et immigrés ne seront plus désavantagés dans le travail, que ce soit dans la recherche d’emploi, le salaire, les possibilités de perfectionnement ou de promotion ou les conditions de travail. Les conventions collectives de travail les protégeront de la sous-enchère salariale. Leur droit à la mobilité et le libre choix d’une profession et d’un employeur leur seront garantis.

Égalité des chances pour tous les enfants

Le plurilinguisme des enfants de migrants et de réfugiés est une importante ressource économique et culturelle, pour autant qu’on en reconnaisse la valeur et qu’on le favorise. L’école doit relever ce défi et mettre fin à toute discrimination basée sur l’origine géographique et sociale des enfants.

La migration n’est pas une fatalité

La Suisse doit ratifier au plus vite la Convention de l’ONU sur les droits des migrants, la Charte sociale européenne ainsi que d’autres conventions internationales importantes. Elle renforcera son programme d’aide au développement et à la coopération. Rappelons que les versements des immigrés à destination de leurs pays d’origine dépassent aujourd’hui de loin les contributions de la Suisse à l’aide au développement.

Les mouvements migratoires s’intensifiant au fur à mesure qu’augmentent les inégalités politiques, sociales et économiques, il s’agit de lutter pour un monde dans lequel tous les êtres humains peuvent vivre librement et dans la dignité. Plus besoin alors de parler de l’immigration: car si nombre d’hommes et de femmes aiment parcourir le monde, seule une minorité d’entre eux s’installent volontairement à l’étranger leur vie durant.

Nous, les immigrés et réfugiés de Suisse, nous apportons sans cesse notre contribution sur le plan culturel, politique, social et économique. Mais que se passerait-il si nous cessions de le faire, ne serait-ce qu’un seul jour? Les trains continueraient-ils de rouler, les poubelles d’être vidées, les machines de fonctionner? Qui ferait les lits des chambres d’hôtel, servirait les repas, s’occuperait des clients ou des personnes nécessitant des soins? Qui mènerait les recherches scientifiques, nettoierait rues et appartements, se produirait sur les scènes de théâtre ou jouerait sur les terrains de football? Nous appelons tous les migrants à se mobiliser pour soutenir les revendications de ce manifeste, à se regrouper et à coopérer avec les organisations suisses progressistes. Nous avons notre mot à dire et ne manquerons pas d’appuyer nos propositions par des actions publiques. Sans nous, rien ne va plus.

www.sansnous.ch