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Editorial | Realpolitik et schizophrenie

En ligne depuis le 5 juillet 2011 et publié dans - modifié le 9 juillet 2017

Dessin de François Maret (www.francoismaret.ch) paru dans Vigousse du 4 mars 2011 (www.vigousse.ch)

Vive la Realpolitik! Qui n’a pas frémi d’admiration devant ces hommes et femmes, jeunes, parents, grands-parents, défilant visages découverts au mépris des risques dans les rues tunisiennes, égyptiennes et libyennes pour exiger le départ de leurs oppresseurs?

Ils étaient là, crevant nos écrans, à demander la démocratie, des libertés, des droits que l’Occident leur sert généralement dans de grands discours. Et puis, dans le même flash d’information, le retour aux vieux démons, attisé par quelques raffiots débarqués à Lampedusa: «Les Tunisiens qui demandent l’asile en Suisse ne doivent désormais disposer que de moyens de droit limités. […] Le mieux serait de ne pas les laisser entrer du tout en Suisse» dixit Ruedi Lustenberger, conseiller national PDC. La situation en Libye était alors totalement confuse, laissant présager le pire pour les populations locales et les réfugiés pris en otage par Tripoli. Mais déjà les politiciens fourbissaient leurs armes juridiques et politiques à l’encontre d‘éventuelles «hordes» de migrants, la première étant de les traiter de «réfugiés  économiques» (1). Un contraste saisissant.

Saisissant par le fait que la relation entre la cause – la violence politique- et l’effet – la migration et l’asile politique- soit ici si évidente, si incontestable. Alors que tout, dans la politique migratoire suisse, tend à taire ce fil rouge: chaque petite hausse des demandes d’asile est utilisée pour justifier un durcissement de la loi. Le projet de révision actuellement au Parlement ne fait pas exception. La lutte contre les causes de l’exil? Vous n’y pensez pas !Il est plus aisé, du moins pour sa propre conscience, de durcir les conditions d’accueil des réfugiés lorsqu’on désincarne la problématique, qu’on l’appréhende en termes de processus, d’objectif statistique et de financement. La banalisation du mal commence par la déshumanisation des personnes, de leur trajectoire, de leur passé.

Ce «mal» revêt notamment les habits de l’aide d’urgence. Qui n’a d’aide que le nom. Kit de survie déterminé par les cantons, il vise un objectif: rendre la vie en Suisse intenable pour les personnes recalées dans leur demande d’asile (p. 2).

Les dégâts collatéraux sont immenses, affirme la Dre Franceline James, responsable d’une consultation d’ethnopsychiatrie à Genève, dans son article: “Santé mentale des réfugiés, santé mentale de notre société”  (p. 11). Si son analyse questionne la pratique de la médecine psychiatrique censée soigner les troubles des réfugié-e-s et demandeurs d’asile en Suisse, elle interpelle également notre responsabilité collective:

«Des conditions d’accueil déplorables et dégradantes risquent de détruire durablement les personnes qui avaient survécu au pire».

Dans son essai à succès Indignez vous!, Stéphane Hessel appelle chacune et chacun à trouver un motif d’indignation, moteur de la résistance. Vous trouverez dans ce numéro matière à forger votre indignation. Et, pourquoi pas, à passer à l’action. Par exemple en signant l’appel à l’abandon du régime de l’aide d’urgence. Vous pouvez également offrir ce journal à une de vos connaissances. Lorsque l’on sait, on agit (et on vote) souvent plus intelligemment.

Sophie Malka

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