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Amnesty | Des vies à la dérive. Réfugiés et migrants en péril en Méditerranée

En ligne depuis le 16 décembre 2014 - modifié le 12 février 2015

Un an après les naufrages de Lampedusa qui ont fait plus de 500 morts, un nouveau rapport d’Amnesty International souligne à quel point la honteuse passivité de certains pays de l’Union européenne (UE) a fait croître le nombre de victimes, des milliers de réfugiés et de migrants se noyant en tentant désespérément d’atteindre les rives de l’Europe.

Communiqué de presse publié sur le site d’Amnesty International Suisse, le 30 septembre 2014. Cliquez ici pour lire le communiqué de presse sur le site d’Amnesty.

VieDerive

Le rapport, intitulé Des vies à la dérive. Réfugiés et migrants en péril en Méditerranée, décrit les conclusions que l’organisation a tirées de ses récentes visites en Italie et à Malte et d’un séjour de recherche sur un navire de la marine italienne. Les entretiens menés avec des rescapés, des experts et des représentants des autorités soulignent la réalité des dangers auxquels s’exposent ceux qui fuient la guerre, les persécutions et la pauvreté, et mettent l’accent sur la réaction pitoyable de la plupart des États d’Europe.

Les réfugiés ne cessent d’augmenter

«Tandis que l’UE construit des murs de plus en plus hauts, le nombre de réfugiés et de migrants qui veulent traverser la Méditerranée dans un ultime espoir d’arriver en Europe ne cesse d’augmenter. Entassés sur de frêles embarcations par des passeurs sans scrupules, ils sont plusieurs centaines à osciller chaque semaine entre la vie et la mort, entre l’espoir et le désespoir», a indiqué John Dalhuisen, directeur du programme Europe et Asie centrale d’Amnesty International.

«Depuis le début de l’année, plus de 2500 personnes parties d’Afrique du Nord ont péri noyées ou ont disparu en Méditerranée. L’Europe ne peut pas rester indifférente au drame qui se déroule à sa porte. Ce que l’UE et ses pays membres doivent fournir d’urgence, c’est un nombre accru de navires de recherche et de sauvetage en Méditerranée centrale, munis d’un mandat clair de sauvetage de vies humaines en haute mer et des ressources nécessaires à cet effet.»

Conflits et persécutions au Moyen-Orient

Les conflits et les persécutions au Moyen-Orient et en Afrique, les privations économiques et la fermeture de frontières terrestres en Europe du sud-est ont poussé les gens, désespérés, vers la Méditerranée. En 2014, plus de 130 000 réfugiés et migrants ont ainsi traversé illégalement les frontières méridionales de l’Europe par la mer. Ils ont pratiquement tous été pris en charge par la marine italienne. Ils venaient pour la plupart de Libye, pays déchiré par la guerre.

Le rapport identifie certaines faiblesses structurelles des services de recherche et de sauvetage en Méditerranée centrale, et lance un appel en faveur d’itinéraires plus sûrs et plus légaux pour ceux qui fuient les conflits et les persécutions et tentent d’atteindre l’Europe. Il faudrait pour cela des programmes de réinstallation et d’admission humanitaire et des mesures facilitant le regroupement familial. Le rapport plaide aussi en faveur d’un réexamen des règlements de Dublin régissant le traitement des demandes d’asile au sein de l’UE.

Divergence entre État côtiers

Un manque de coordination entre les États côtiers, en particulier Malte et l’Italie, accentue encore davantage les dangers. Des différends de longue date opposant ces deux pays au sujet de leurs obligations respectives de recherche et de sauvetage sont peut-être à l’origine de la mort de plusieurs centaines de réfugiés et de migrants, survenue le 11 octobre 2013 lorsqu’un chalutier transportant plus de 400 personnes a coulé dans la zone de recherche et de sauvetage de Malte.

Les dirigeants de l’UE n’ont mené aucune action significative malgré les protestations de la communauté internationale, qui disait qu’il fallait faire plus pour sauver les vies en mer. La seule réaction est venue de l’Italie, qui a lancé l’opération Mare Nostrum et déployé une partie importante de sa marine pour des opérations de recherche et de sauvetage en Méditerranée centrale. Cependant, tous les efforts déployés par l’Italie n’ont pas suffi à empêcher toutes les pertes de vies humaines déplorées au cours de l’été 2014.  Et l’Italie a récemment fait savoir que l’opération n’est pas durable à long terme.

L’EU doit se mobiliser

«Mare Nostrum a sauvé des dizaines de milliers de vies en mer, mais ce n’est pas une solution à long terme. Il faut un effort concerté de la part de l’UE pour assumer une responsabilité partagée», a ajouté John Dalhuisen. «Il a été suggéré récemment de faire intervenir l’agence de l’UE de surveillance des frontières, Frontex. Il s’agit là d’une initiative positive, mais uniquement si les États membres de l’UE mobilisent suffisamment de moyens en haute mer et si le mandat de Frontex met clairement l’accent sur ses fonctions de recherche et de sauvetage.»

Le rôle de la Suisse

«Face à l’augmentation des personnes déplacées en raison des conflits qui font rage au Moyen Orient et en Afrique, la Suisse ne peut pas fermer les yeux et renvoyer toute la responsabilité de l’accueil des réfugiés aux pays situés aux fontières sud et est de l’Europe. Amnesty salue la récente proposition de Mme la Conseillère fédérale Simonetta Sommaruga de soutenir l’Italie dans le travail d’enregistrement des requérants. Néanmoins, il est urgent que la Suisse s’engage aussi à cofinancer les opérations de recherche et sauvetage en mer méditerranée.», a déclaré Cyrielle Huguenot, coordinatrice pour les questions migratoires à la Section suisse d’Amnesty International.

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