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Incendie aux Tattes | Une tragédie qui touche les personnes les plus marginalisées

En ligne depuis le 28 décembre 2014 et publié dans - modifié le 4 août 2017

L’incendie meurtrier survenu mi-novembre au sein du foyer des Tattes, à Genève, a fortement ébranlé toutes les personnes vivant sur place et celles travaillant auprès des réfugiés. Un jeune homme, Fikre Seghid, 29 ans, originaire d’Erythrée, est décédé, une quarantaine d’autres hommes ont été hospitalisés, certains dans un état grave. Outre les intoxications liées à la fumée, plusieurs personnes se sont défenestrées. Deux hommes resteront lourdement handicapés. Conçu pour héberger 500 demandeurs d’asile, les Tattes logeaient au moment de l’incendie 685 personnes. Il s’agit du plus grand lieu d’hébergement cantonal de demandeurs d’asile de Suisse. Au moment où nous mettions sous presse, l’enquête était en cours pour déterminer les causes de l’incendie. Nous espérons qu’elle permettra aussi d’éclaircir les raisons pour lesquelles celui-ci a provoqué autant de victimes et de déterminer les responsabilités. Deux personnes, qui seraient des résidentes du foyer, ont été interpellées pour les besoins de l’enquête et inculpées.

Quelles que soient les circonstances de cette catastrophe, celle-ci soulève de nombreuses questions liées aux conditions réservées aux 189 personnes hébergées dans le bâtiment en proie aux flammes. Celui-ci avait récemment été «densifié» avec des lits à étages: les chambres de deux logent désormais quatre personnes. Le lieu est destiné aux hommes placés sous le régime de l’aide d’urgence. Il y hébergeait aussi des demandeurs d’asile, quoiqu’en ait dit le communiqué de l’Hospice général (lire: “Incendie au foyer des Tattes | Quand la comm’ déconne“) (1).

L’encadrement est abaissé au minimum: l’objectif est d’inciter les personnes déboutées à quitter la Suisse. Or, comme l’a rappelé la Coordination asile.ge dans son communiqué au lendemain de l’incendie, «dans les lieux à forte densité, l’encadrement social doit être renforcé pour désamorcer les tensions entre requérants d’asile et créer du lien entre les habitants des foyers. À cet égard, la mise en place au niveau fédéral du régime dit d’«aide» d’urgence, qui vise à désocialiser les demandeurs d’asile déboutés de la procédure, provoque une dégradation de l’état de santé psychique et physique des personnes et attise les tensions entre les habitants, ce qui peut aggraver les conséquences négatives d’un évènement tragique comme l’incendie précité.» (2) Si l’AGORA, présente le lendemain matin de l’incendie, a apporté un réconfort et une aide matérielle immédiate aux victimes, elle relève l’extrême fragilité des victimes et des personnes soumises à ce régime. Quel que soit leur statut, leur parcours a inévitablement été parsemé de violences et de catastrophes.

Une partie des locataires des immeubles a été relogé dans des abris de protection civile. La Coordination asile.ge a appelé le voisinage à leur apporter un peu de solidarité. Beaucoup d’autres s’étaient réfugiés chez des proches. Nous ne manquerons pas de revenir sur ce drame dans une prochaine édition ainsi que sur notre site Internet.

Sophie Malka


Notes:

(1) Voir notamment le communiqué de l’Hospice général du 17.11.14.

(2) «La Coordination asile.ge exprime sa sympathie envers les victimes et questionne les autorités», communiqué du 18.11.14.

 

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