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En ligne depuis le 8 février 2015

Michel Agier était l’invité de Manuela Salvi dans le programme Haute définition, le 8 février 2015. Pour écouter l’interview, cliquez ici ou sur l’image ci-dessous.

Michel Agier

MondeDesCampsMichel Agier est anthropologue et directeur de l’Ecole des hautes études en sciences sociales (EHESS) à Paris. Il est notamment l’auteur du livre Un monde des camps.

Exrait de l’interview:

Manuela SALVI: “Ces migrants vous les qualifiez d’indésirables. Indésirables, voire invisibles”
Michel AGIER: «Les deux termes sont liés. L’idée de l’étranger indésirable est une idée ancienne qui a été utilisée dans les années 1930 à propos des réfugiés espagnols, en 1939, quand il y a eu environ 550’000 réfugiés espagnols qui sont arrivés en France. On a parlé d’indésirables et une bonne moitié d’entre eux a été mise dans des camps de regroupement en France. Hannah Arendt a repris le terme ensuite dans un essai sur “Nous, les réfugiés”, où elle parlait des Juifs dans le monde, et elle disait: “Nous n’aimons pas être appelés réfugiés”, car cette identité est associée à celle d’indésirable, parce qu’on ne sait pas quoi faire de ces gens-là. On ne les veut pas dans le périmètre de l’Etat-nation. Elle évoquait la mort sociale qui préfigure la mort physique. Aujourd’hui on est dans un autre contexte historique. Je ne pense pas qu’on puisse parler de mort sociale, il faut faire attention aux termes qu’on utilise et qui seraient plutôt métaphysiques. C’est pour cela que je parle plutôt de disparition de l’étranger, de cet étranger indésirable. Il disparait de notre vue, donc les camps prolifèrent parce que ce sont des lieux où effectivement les gens ne meurent pas, parfois ils sont maintenus en vie ou en survie humanitaire. mais ils disparaissent de notre vie et de la société. Et donc cela produit à l’échelle globale une population d’étrangers dont la principale caractéristique n’est pas d’être de telle ou telle ethnie, de telle culture, de telle nationalité, mais d’être invisible, disparu».

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