Aller au contenu
Documentation

NEOCARTO | Carte : “L’externalisation” ou quand les frontières se déplacent

Depuis le début des années 2000, l’Union européenne et ses États membres se sont appuyés sur les régimes du sud de la Méditerranée pour délocaliser leur politique d’asile et d’immigration. C’est ce qu’on appelle l’externalisation.

Selon Claire Rodier (juriste au GISTI), avec le lancement de la “dimension externe” de la politique d’asile et d’immigration en 2004, ce principe d’externalisation est devenu «la clef de voûte de toutes les négociations menées avec les voisins de l’Est et du Sud».

wAinsi, tout accord commercial ou économique conclu entre l’Union européenne et un pays voisin est désormais agrémenté d’une clause migratoire qu’il est difficile de refuser. C’est de facto une sous traitance contrainte de la surveillance des frontières qu’organise l’Europe. Un effet: la multiplication des lieux de rétention au sud de la méditerranée.

La carte ci-dessus montre la localisation des camps recensés par le réseau Migreurop chaque année. A leur localisation ponctuelle (les points noirs), est ajoutée une zone rouge représentant l’espace couvert par ces camps (définie automatiquement par une enveloppe convexe: convex hull). Au fil des ans, cette frontière mobile ainsi matérialisée se déplace, se répand, pour finalement franchir la méditerranée et rejoindre le Sahara. Si la limite de cette zone sur la carte est par construction artificielle, l’animation a néanmoins l’avantage d’illustrer simplement ce déplacement de frontière et cette politique d’externalisation (ou d’expansion ?) de l’Europe.

PS: Cette carte a été réalisée intégralement avec le langage R (avec les packages maptools, rgeos et animation). Mon programme n’étant pas générique, je ne le partage pas ici mais je peux sans aucun problème le donner par email à qui le voudrait. Enfin, je suis pour ma part preneur de toute idée ou proposition pour faire évoluer cette carte.

Pour lire l’article sur le site de NEOCARTO, cliquez ici.
Pour voir la carte interactive, cliquez ici.