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Le Courrier | Editorial: Vols spéciaux, une insulte à la dignité humaine

En ligne depuis le 14 juillet 2015

La Suisse ne peut plus fermer les yeux devant les vols spéciaux. Depuis le 17 mars 2010, lorsque le décès d’un Nigérian expulsé de force avait défrayé la chronique, les conditions de ces renvois sont connues du public. Ce tragique événement avait poussé la Confédération à placer ces vols sous surveillance médicale et sous observation par la Commission nationale de prévention de la torture (CNPT).

Editorial de Laura Drompt, publié dans Le Courrier, le 14 juillet 2015. Cliquez ici pour lire l’éditorial sur le site du Courrier.

La lecture du rapport annuel de la CNPT est édifiante: malgré quelques améliorations, ces vols spéciaux au cours desquels les «passagers» se voient menottés, casqués et entravés des heures durant sont une insulte à la dignité humaine.

Des personnes se montrent «récalcitrantes ou particulièrement violentes»? On les attache à une chaise roulante, voire à une civière (selon la CNPT, le cas s’est produit au moins deux fois en une année). Une femme au comportement psychotique doit être «apaisée»? On lui administre des sédatifs de force, peu importe qu’elle soit rapatriée avec sa fille de 8 ans. Des personnes souffrent de troubles psychiques? On les immobilise complètement – «à titre préventif».

Les mineurs ne sont pas non plus épargnés. Entre 2014 et 2015, des jeunes ont été entravés à trois reprises. «Les deux mineurs s’étaient emportés après l’interruption du rapatriement de la famille, à défaut de certificat d’aptitude au vol du père de famille», explique la police cantonale vaudoise. «L’entravement partiel de l’adolescent s’était imposé en raison de la résistance, active et passive, qu’il avait opposée, se défend son pendant argovien. Les liens avaient néanmoins été retirés une fois que l’appareil avait atteint son altitude de croisière.»

Sur vingt pages, la CNPT relève et dénonce des situations révoltantes. Elle demande par exemple que soit envisagée la présence d’un traducteur, afin qu’il ne faille plus «faire intervenir un enfant de 9 ans pour servir d’intermédiaire entre sa mère et le médecin
accompagnant».

Expulser, renvoyer: la politique migratoire de la Suisse n’a que ces mots à la bouche. Et nous laisse un goût de cendres. Comment un Etat de droit peut-il assumer pleinement de telles pratiques? L’énumération de ces dérives devrait faire l’effet d’un électrochoc.

Malheureusement, le scénario le plus probable est qu’une nouvelle année passe sans évolution. Jusqu’à la prochaine parution du rapport de la CNPT.

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