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RTS | “Non, l’Europe n’est pas menacée d’envahissement”, assure Moscovici

En ligne depuis le 15 novembre 2015

“L’Europe va peut-être accueillir 3 millions de réfugiés d’ici à 2017, mais ce n’est rien par rapport aux 550 millions de personnes qui y vivent”, a estimé jeudi à la RTS le commissaire européen Pierre Moscovici.

Interview à Pierre Moscovici, diffusé par la RTS, le 12 novembre 2015. Cliquez ici pour écouter l’interview sur le site de la RTS.

“On ne peut pas parler de déferlante. Il faut combattre les thèses d’extrême-droite qui laisse à penser à l’envahissement”, a indiqué jeudi Pierre Moscovici, interrogé par Darius Rochebin pour le Journal de 19h30.

Le commissaire européen dit “comprendre les crispations qui peuvent être identitaires ou liées à la crise”. Néanmoins, “il faut prendre la mesure des phénomènes, il faut regarder les faits”, a martelé le Français en charge des Affaires économiques et monétaires au sein de la Commission européenne.

Les réfugiés contribuent à la croissance

Pierre Moscovici, dont le père est roumain et la mère polonaise, a appelé à considérer les aspects positifs et négatifs de la migration.

“Bien sûr qu’il y a un coût à l’accueil de réfugiés. On peut l’estimer par exemple à 10 milliards d’euros pour l’Allemagne. Mais c’est aussi de l’argent injecté dans l’économie. Une fois intégrées, ces personnes participent à la consommation et au marché du travail. Nous avons chiffré cela à 0,2 ou 0,3 point de PIB d’ici à 2017”, a annoncé Pierre Moscovici, en estimant que pour les principaux pays d’accueil, comme l’Allemagne, l’Italie et l’Autriche, “ce sera plus”.

Ces chiffres sont les mêmes que ceux de l’OCDE, du Fonds monétaire international et des économistes allemands, a-t-il aussi souligné.

Confiant pour la place financière suisse

Pierre Moscovici s’est aussi exprimé sur la fin du secret bancaire, qu’il juge bénéfique pour l’image de la Suisse. “La transparence fiscale qui se déroule à l’échelle mondiale est irrésistible. Il vaut mieux l’accompagner de manière intelligente par des mesures concertées que d’y résister ou de biaiser”, a-t-il estimé dans Forum.

“Il y aura toujours une industrie financière suisse qui sera prospère, qui sera forte, mais elle sera forte et prospère parce qu’elle sera innovante, parce qu’elle sera capable d’offrir des services à ses clients et non pas parce qu’elle servira de refuge supposé à je ne sais quelle tentation d’évasion fiscale”, a-t-il poursuivi.

Le commissaire européen n’est pas inquiet pour la place financière suisse. “Je n’ai aucune crainte pour la Suisse, je ne pense pas que la Suisse ait perdu son coup d’avance en la matière, je pense qu’elle évite de faire un pas de côté, ce qui est assez différent et qu’encore une fois cette forme de privilège n’était pas la bonne.”

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