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Intervention – Sur la base d’un fact-checking, le Comptoir s’adresse directement à l’auteur d’une information incorrecte ou  pouvant relayer une représentation stéréotypée de la réalité en matière d’asile, pour lui proposer une argumentation et de la documentation. Nous en publions une sélection, après échange avec le journaliste.

Un document de voyage délivré n’est pas un voyage effectué dans le pays d’origine

En ligne depuis le 19 avril 2016

Le Comptoir des médias est intervenu auprès de la RTS (La 1ère) à la suite d’une information, erronée, donnée au journal de 8 heures du 21 juillet 2015. Le journaliste a en effet annoncer le “nombre de voyages effectués dans les pays d’origine des réfugiés ou admis provisoirement”. Or, il ne s’agissait pas de “voyages effectués“, mais de documents de voyages délivrés par le Secrétariat d’Etat aux migrations (SEM) selon l’Ordonnance sur l’établissement de documents de voyage pour étrangers.

Le journaliste a affirmé:

“L’UDC mal à l’aise durant la crise syrienne et plutôt discrète au sujet de l’accueil des victimes du régime de Bassar al-Assad, a retrouvé de la voix pour parler de l’Erythrée. Selon le parti, les requérants d’asile de ce pays sont en majorité des migrants économiques. La publication il y a quelques jours du nombre de voyages effectués dans leur pays d’origine par des réfugiés ou admis provisoires a également fait bondir l’UDC. ‘Si l’on est menacé, affirme le parti, impossible de retourner chez soi’. Face à ce discours, les autres formations politiques sont un peu tétanisées”.

Nous avons écrit le 21 juillet 2015 aux deux journalistes qui ont traité le sujet le message suivant pour leur faire part de notre position:

Dans le cadre de notre projet Le Comptoir des médias, nous nous permettons de vous écrire au sujet des propos tenus au journal de ce matin à 8 heures: “La publication, il y a quelques jours, du nombre de voyages effectués dans leur pays d’origine par des réfugiés ou admis provisoires a également fait bondir l’UDC”.

Or, cette affirmation n’est pas correcte. En effet, il ne s’agit pas de “nombre de voyages effectués dans les pays d’origine des réfugiés ou admis provisoirement”, mais du nombre de documents de voyage délivrés par le SEM selon l’Ordonnance sur l’établissement de documents de voyage pour étrangers.

Selon les données du SEM, entre 2011 et 2015, 40’500 documents de voyage ont été délivrés à des réfugiés reconnus et 9’500 à des personnes avec permis F (admissions provisoires) ou, exceptionnellement à des demandeurs d’asile (permis N).

Vu les nombreuses sollicitations des journalistes autour de ce sujet, le SEM a décidé de répondre de façon large à cette question en ajoutant un paragraphe à sa rubrique FAQ.

Une réponse qui appuie les arguments mis en avant plus haut:

“On entend aussi souvent dire qu’un grand nombre de réfugiés érythréens retourneraient en Érythrée. Aucun élément ne permet toutefois de prouver ces allégations. La loi sur l’asile interdit aux réfugiés reconnus de se rendre dans leur pays d’origine. Si des indices concrets de l’existence de ces voyages parviennent à sa connaissance, le Secrétariat d’État aux migrations (SEM) engage une procédure en vue de la révocation de l’asile ou du retrait de la qualité de réfugié. Le SEM examine en moyenne une vingtaine de cas de soupçons de voyages non autorisés en Érythrée par an”.

Ceci contredit clairement vos propos.

Le journaliste nous a répondu le jour même en admettant que “son souci de brièveté l’a poussé à un coupable raccourci”. Et il a ajouté: “Je vous prie de croire que ma vigilance en la matière sera désormais décuplée”