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Le Courrier | Réfugiés cherchent employeurs

En ligne depuis le 28 juillet 2016

Une association créée récemment veut permettre à des réfugiés de trouver un emploi.

Article de Florian Erard, publié dans Le Courrier, le 27 juillet 2016. Cliquez ici pour lire l’article sur le site du Courrier.

«Stigmatisation et accès au marché du travail sont deux obstacles rencontrés par les réfugiés en Suisse», souligne d’emblée Lisa Godde, de l’association Thrive créée en mars de cette année.

Des étudiants en master de l’Institut des hautes études internationales et du développement ont réfléchi aux possibilités d’améliorer l’intégration des réfugiés. L’emploi leur a semblé essentiel, d’où la création de la plateforme Thrive. Sa vocation? Faire converger employeurs et réfugiés, quel que soit leur niveau de formation ou leur profession, en recherche d’emploi. Concrètement, les migrants et les futurs patrons déposent leur dossier sur le site. L’association se charge de faire le lien entre l’offre et la demande.

Permis provisoires: des repoussoirs?

«La plupart des employeurs ignorent que les détenteurs d’un permis F (admission provisoire) peuvent travailler», observe Mme Godde. Il est à noter que les personnes en attente de décision administrative (permis N) ont l’interdiction de travailler uniquement dans les trois mois qui suivent leur demande d’asile (1). Nicolas Roguet, du Bureau pour l’intégration des étrangers (BIE), souligne l’effet repoussoir de l’appellation «provisoire» qui n’incite pas les potentiels patrons à intégrer un réfugié au sein de leur équipe.

Ali*, qui s’est inscrit sur la plateforme Thrive, en fait actuellement l’expérience. Venant du Yémen, il a mené une carrière de diplomate. En Suisse depuis huit ans, il est au bénéfice d’un permis provisoire. «On ne m’a proposé que des contrats précaires d’une durée de trois mois. Ce permis n’aide pas à conserver ma motivation et suscite des appréhensions chez les employeurs qui ne souhaitent pas s’engager durablement», analyse-t-il. Et de préciser qu’il a effectué tous les stages et formations qui lui étaient proposés pour démontrer sa volonté de travailler. Par ailleurs, il mentionne s’être porté candidat à d’autres postes et son dossier lui a été retourné au motif d’une surqualification. Aujourd’hui, il table sur une validation des acquis, via un certificat fédéral de capacité, pour travailler dans l’administration.

L’enjeu de l’employabilité, l’association tente d’y répondre de diverses façons. Elle prépare une conférence, au mois d’octobre, sur le sujet ainsi qu’une bourse d’emploi inversée. Des chercheurs d’emploi choisis par l’association se présenteront aux employeurs potentiels. D’ici là, un travail d’information important devra être fait auprès des entreprises, magasins, restaurants, précise Mme Godde.

Égalité des chances

S’il salue, dans un premier temps, l’initiative de Thrive, le conseiller d’État Mauro Poggia, chargé du Département de l’emploi, des affaires sociales et de la santé, émet tout de même une réserve: «Il faut être attentif à ne pas mettre nos chômeurs et les réfugiés en concurrence, notamment pour les emplois peu qualifiés.» Un argument que balaie Mme Godde: «Les chômeurs bénéficient d’une structure, pas les migrants. En outre, ces derniers possèdent des compétences complémentaires à celles qu’on trouve en Suisse, notamment pour la traduction dans des langues comme le tigrinya. Ces gens doivent avoir des chances égales dans la société qui les accueille.»

Le BIE offre, quant à lui, son soutien aux réfugiés pour la recherche d’emploi. Il a récemment publié une brochure informative pour les migrants, finance des projets d’intégration via des associations et des partenaires. Un dispositif doit d’ailleurs bientôt voir le jour: une fois la langue acquise, les migrants effectueront un bilan de compétence, avant de se voir proposer une formation adaptée et de prendre part à une bourse à l’emploi.

Note:

(1) En cas de décision négative en première instance et avant l’expiration des trois mois, l’interdiction de travailler peut être prolongée de trois mois supplémentaires, indique la loi sur l’asile.

Dessin de Ambroise Héritier

Dessin de Ambroise Héritier

Voir aussi le préjugé “Oisiveté?” de notre brochure

Il y a ce qu’on dit sur les réfugiés. Et il y a réalité.

“Travail sur appel, contrats précaires, salaires très bas… Qui profite de qui?”
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