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Parlez-vous l’asile? Réfugié ou migrant: «Et vous, vous diriez quoi?»

En ligne depuis le 20 octobre 2016 - modifié le 24 octobre 2016

Dans son édition du 20 octobre, Le Courrier revient, par la plume de Laura Drompt, sur la table ronde organisée le 13 octobre par Vivre Ensemble pour réfléchir et finaliser un guide-glossaire à l’intention des journalistes pour parler d’asile et de migration.

Cliquez ici pour lire l’article sur le site du Courrier.

Parlez-vous d’asile?
Réfugié ou migrant: «Et vous, vous diriez quoi?»

C’est une évidence, ces personnes sont des réfugiées. Dans les pages de Vigousse, on ne parle plus de migrants.» Thierry Barrigue s’adresse à une tablée d’une dizaine de personnes autour de la table, en brandissant un numéro spécial sur l’asile paru cet été (voir notre édition du 1er juillet 2016).

Jeudi dernier, journalistes, blogueurs, membres d’associations spécialisées ou d’instances officielles en charge de l’accueil des étrangers étaient invités par l’association Vivre Ensemble à participer à une table ronde. Le but: réfléchir aux mots justes, à la fois précis et non-discriminants, pour parler asile et migration au public. Ces discussions se basaient sur le travail du «Comptoir des médias», observatoire romand émanant de Vivre Ensemble. En cas de faux-pas sémantique, de mauvaise ou de sur-interprétation de chiffres, le comptoir prend contact avec les rédactions pour les informer et rectifier le tir.

Des rappels à l’ordre qui pourraient agacer: la profession tient à sa liberté d’expression. «Le but n’est pas de dire ce qu’on a le droit d’écrire ou pas, ça ne fonctionnerait pas», admet Sophie Malka, coordinatrice de Vivre Ensemble. La démarche vise à sensibiliser plutôt qu’à moraliser.

Les réflexions de jeudi serviront à finaliser un glossaire explicatif et pratique, baptisé «Mémots», qui sera distribué début 2017. Comment et quand utiliser les termes «permis F», «illégal», «réfugié»? Le point est fait sur ce vocabulaire sensible. Un conseil: éviter les généralisations ainsi que les substantifs. «Parler de personne migrante fait déjà la différence», remarque une participante. Pas toujours facile lorsqu’il s’agit d’écrire un titre court sur une seule ligne, opposent certains. Parfois, la bonne volonté se heurte en effet aux impératifs médiatiques.

Les trois groupes de travail se voient poser des cas pratiques. Réfugiés ou migrants: «Quel mot utiliseriez-vous?», demande une organisatrice. Trois exemples sont donnés: une famille syrienne fuyant la guerre, un opposant politique turc persécuté et un adolescent gambien chassé par la famine. «A mes yeux, ce sont tous des réfugiés», note une blogueuse. Dans les faits, la Confédération accorderait un permis provisoire aux premiers, l’asile au second, et une «non-entrée en matière» au dernier.

Les journalistes doivent-ils adopter ces catégorisations? Ou volontairement passer outre, au risque d’imprécisions, voire de qualificatifs juridiquement faux? Le débat s’installe, un constat émerge: «Le problème, ce n’est pas de parler de ‘migrants’. Le problème, c’est que ‘migrants’ est péjoratif aux yeux de certains.» La tablée acquiesce. Chacun insiste sur la nécessité d’aborder l’asile sous un angle pédagogique, de lui rendre un visage humain. Migrants ou réfugiés? Libre aux journalistes, ensuite, de faire leur choix en ayant conscience que certains mots pèsent plus lourd que d’autres. Au vu du travail permanent du comptoir des médias (y compris auprès du Courrier), il reste du chemin à parcourir.

Laura Drompt

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