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La Cimade |  La répression de la solidarité doit cesser!

En ligne depuis le 24 novembre 2016

Le tribunal de grande instance (TGI) de Nice juge aujourd’hui Pierre-Alain Mannoni pour avoir porté assistance à trois réfugiées érythréennes dans la vallée de la Roya. Il les a prises en stop le 17 octobre dernier alors qu’elles souhaitaient consulter un médecin. Pierre-Alain a simplement porté assistance à des personnes vulnérables en danger.

Billet publié le 23 novembre 2016 sur le blog de La Cimade, hébergé sur le site de Mediapart. Cliquez ici pour lire le billet sur le blog «Fini de rire».

Le tribunal de grande instance (TGI) de Nice juge aujourd’hui Pierre-Alain Mannoni pour avoir porté assistance à trois réfugiées érythréennes dans la vallée de la Roya. Il les a prises en stop le 17 octobre dernier alors qu’elles souhaitaient consulter un médecin. Pierre-Alain a simplement porté assistance à des personnes vulnérables en danger.

Pour son geste citoyen et solidaire, Pierre-Alain Mannoni aura subi une garde à vue de 36 heures, une perquisition et un contrôle judiciaire avant de se retrouver sur le banc des accusés d’un tribunal correctionnel.

Que lui reproche-t-on? «Aide à l’entrée ou au séjour irrégulier», un délit puni par l’article L.622-1 du Ceseda. Cet universitaire de Nice-Sophia-Antipolis risque cinq ans de prison et 30’000 euros d’amende pour avoir pris dans sa voiture trois jeunes femmes en détresse. Le gouvernement et l’institution judiciaire entendent donc pénaliser un citoyen solidaire comme s’il était membre d’un réseau criminel de passeurs.

Et pourtant, l’État ne souhaite en aucun cas porter assistance et secourir les personnes migrantes de la vallée de la Roya. Bien au contraire, cette frontière entre la France et l’Italie est  complètement contrôlée depuis juin 2015 et le gouvernement s’efforce de refouler avec zèle, et bien souvent en toute illégalité, tous les exilés qui tentent de rejoindre le nord de l’Europe. Les contrôles au faciès sont quotidiens et les mineurs non accompagnés ne sont pas épargnés par les forces de l’ordre qui les ramènent en Italie illégalement. Ces pratiques discriminatoires forcent les personnes en urgent besoin de protection à prendre des risques énormes, souvent au péril de leurs vies, pour continuer leur route.

Le cas de Pierre-Alain Mannoni n’est pas isolé. Des réseaux de citoyens solidaires se développent dans la vallée de la Roya. En 2015, Claire, une universitaire à la retraite était déjà condamnée par le TGI de Grasse à 1500 euros d’amende pour avoir accompagné deux jeunes érythréens de 15 et 22 ans à la gare d’Antibes. Un autre procès pour délit de solidarité prévu aujourd’hui, celui de Cédric Herrou, a été reporté en janvier. Plusieurs personnes de l’association Habitat et Citoyenneté ont été inquiétées dont  un travailleur social arrêté et placé hier en garde à vue. La répression des personnes solidaires des migrants s’accélère. Elle doit cesser immédiatement.

La Cimade apporte son soutien à Pierre-Alain Mannoni et à tous les citoyens solidaires qui assistent les personnes migrantes dans la vallée de la Roya et ailleurs. Alors que la France et l’Europe laissent mourir les migrants dans la mer Méditerranée par milliers, à Calais ou à la frontière franco-italienne, il est temps que le gouvernement français concentre ses forces dans une politique d’accueil et de solidarité plutôt que de réprimer les initiatives individuelles ou collectives qui pallient ses défaillances.

Pour aller plus loin:
> Non à la criminalisation de la solidarité ! La lettre ouverte de 682 universitaires.
> Le témoignage de Pierre-Alain Mannoni.
> Le témoignage de Cédric Herrou.
> La page relative au « délit de solidarité » sur le site du Gisti.

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