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Le Courrier | Perquisition musclée pour un mineur débouté

En ligne depuis le 11 février 2017

Jeudi dernier, la police recherchait un jeune originaire de Guinée débouté de l’asile. Elle a perquisitionné sans succès l’appartement de son ancienne «marraine» à Chêne-Bourg.

Article de Iliann Dunand, publié dans Le Courrier, le 25 janvier 2017. Cliquez ici pour lire l’article sur le site du Courrier.

Jeudi dernier, à la recherche d’un mineur (1) débouté de l’asile en juillet 2016, la police a perquisitionné le domicile de son ancienne «marraine» soupçonnée de l’héberger clandestinement. Sans résultat, cette opération en vue de son expulsion est qualifiée de disproportionnée par la jeune femme.

Un réveil «musclé»

6h30 à Chêne-Bourg, la sonnette de la famille P. retentit. La plupart de ses membres dorment quand, de derrière la porte, la police s’annonce. Après quelques balbutiements, le père ouvre et se retrouve face à six «Robocop» en uniforme d’intervention avec matraques et menottes prêtes à l’emploi. Un mandat de perquisition octroyé par le tribunal administratif de première instance (TAPI) les autorise à s’introduire dans le domicile. Sarah P., étudiante en Lettres de 25 ans, est soupçonnée de loger Alpha D., un jeune mineur originaire de Guinée débouté de l’asile six mois plus tôt.

En l’espace de quelques minutes, toutes les pièces sont passées au peigne fin alors que certains membres de la famille sont encore dans leur lit. Les agents regardent dans les armoires et fouillent jusqu’à la salle de chauffage. Quelques questions sont posées à la volée, un agent surveille le jardin… Une opération minutieusement préparée. Pour preuve: le portail du jardin avait été ficelé le mercredi après-midi déjà. Un seul hic, Alpha D. n’était pas présent et n’aurait jamais vécu là.

«Nous avons été très étonnés de voir la police débarquer» raconte Sarah. La perquisition a marqué les esprits: «six policiers en uniforme spécial avec des matraques c’est très impressionnant. Pour venir chercher un jeune de 17 ans, c’était disproportionné. Et d’ailleurs, c’était extrêmement bizarre, ils ne sont pas allés voir le terrain de l’entreprise de mon père, à une centaine de mètres. Il y a des locaux et une caravane…». Toujours selon l’étudiante, l’échec de l’opération a renforcé le sentiment d’absurdité des évènements.

Un cas Dublin

En février 2016, la famille P. fait la connaissance du jeune Guinéen., âgé de 16 ans, lors d’un repas entre habitants des Trois-Chênes et requérants logés dans un abri PC. Commence alors un marrainage, mené en particulier par Sarah. Elle propose à l’Office cantonal de la population et de la migration (OCPM) qu’il ait son adresse officielle chez les P. à Chêne-Bourg. Une façon de l’aider dans le labyrinthe administratif de l’asile. «Il n’a jamais été question qu’il vienne vivre chez nous» précise son ancienne marraine. Peu après, le jeune homme reçoit une «non entrée en matière» (NEM) à laquelle un recours devant le Tribunal fédéral ne changera rien.

Sur la base des accords Dublin, un départ pour Rome est fixé à la mi-juillet, mais Alpha D. passe dans la clandestinité. Par la suite, il contacte brièvement la famille P. pour dire qu’il est en sécurité. En novembre, celle-ci résilie sa demande concernant le courrier et le SEM en accuse réception. «En juillet, je m’étais attendue à ce les forces de l’ordre veuillent m’interroger. Mais six mois après, nous étions passés à autre chose avec ma famille».

Une pratique en augmentation

Cette perquisition n’est pas sans rappeler celles vécues par deux élus vaudois. Leonore Porchet, présidente des Verts, dont le logement a été perquisitionné en septembre dernier pour avoir hébergé un requérant d’asile, avait publiquement promu une désobéissance civile vis-à-vis de l’application des accords Dublin (lire Le Courrier du 15 septembre 2016). D’après elle, il faut voir dans ce type d’opération policière «des mesures d’intimidation visant à décourager la population à aider des personnes venues se réfugier en Suisse».

Lire: Des parrains et marraines de réfugiés sont perquisitionnés

A ce titre, elle évoque les menaces d’amendes proférées par la Confédération aux cantons romands s’ils n’augmentaient pas leur taux de renvois. Par son témoignage, la famille P. participe également à la dénonciation de ces pratiques d’interventions, ainsi que de la situation actuelle des renvois de personnes migrantes.

Contactée par téléphone, la police cantonale se contente de confirmer une intervention, sans problème particulier inscrit au rapport.

Note:

(1) Le Tribunal Fédéral conteste toutefois la validité du certificat de naissance.

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