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ife | «Ne pas tourner le dos aux réfugiés érythréens pour des gains politiques»

En ligne depuis le 31 octobre 2017

Billet publié sur le site de l’association ife (Information forum for Eritrea), le 29 octobre 2017. Cliquez ici pour lire le billet sur le site de l’association.

Sheila Keetharuth. Photo: UN Photo / Jean-Marc Ferré

Le 26 octobre 2017, Madame Sheila Keetharuth, Rapporteuse Spéciale de l’ONU sur l’Erythrée a présenté sa mise à jour à l’Assemblée Générale à New York. La Rapporteuse Spéciale sur l’Erythrée débute son élocution en félicitant l’Erythrée pour ses efforts en termes de sécurité sanitaire, lui permettant d’être le seul pays africain avec la Tanzanie à être préparé en cas de pandémie à un niveau mondial. Elle félicite également l’Erythrée pour sa première entrée dans le patrimoine universel de l’UNESCO.

Elle dresse ensuite un bilan inquiétant sur les questions de droits humains qui demeurent tristement inchangés. Elle rapporte à cet égard que:

«L’Érythrée n’a toujours pas de constitution qui protège les droits humains fondamentaux, aucun appareil judiciaire indépendant, aucune assemblée législative – en fait, aucune institution qui garantirait un équilibre des pouvoirs ou protégerait tout détournement du pouvoir par l’Etat».

Elle rend aussi la communauté internationale attentive à la montée de mouvements populistes empêchant un accueil digne et approprié des personnes fuyant de graves violations de droits humains. A ce sujet, l’expert dit:

«J’invite la communauté internationale à ne pas tourner le dos aux réfugiés érythréens en vue d’obtenir des gains politiques à court terme en réponse aux demandes ou promesses électorales populistes, pouvant se traduire par des restrictions, harcèlements et violations des droits de l’homme.»

«Au mieux, les efforts visant à réduire le nombre de réfugiés érythréens ne conduiront qu’à une baisse temporaire des effectifs, mais ils n’empêcheront pas les gens de traverser les déserts et les mers à la recherche de refuges sûrs. Aucune barrière ne sera insurmontable pour une personne fuyant des violations des droits de l’homme.»

La Rapporteuse spéciale continue sa déclaration en citant le récit d’une famille qui, depuis 2003, avait perdu toute trace du père de famille qui avait été enlevé par les autorités érythréennes. Par la suite et par des voies inofficielles, la famille avait réussi à localiser le lieu de détention du père. Néanmoins, il était détenu depuis 14 ans:

  • sans être informé des raisons relatives à sa détention;
  • sans être informé de la durée de sa détention;
  • sans qu’il n’ait accès avec le monde extérieur, ni même un avocat;
  • sans qu’il ne soit traduit en justice pour déterminer la légalité de sa détention.

L’été dernier, des gardes de prisons se sont rendus au domicile de la famille pour remettre le cadavre du père en indiquant qu’il était subitement décédé en détention.

La Rapporteuse spéciale souligne, à juste titre, que de tels actes, équivalant à une peine de mort sans la moindre comparution devant la justice, ne sont acceptables nul part dans le monde que l’Etat de droit soit appliqué ou non.

Aussi, Madame Keetharuth rappelle et invite les Etats membres à créer leurs propres analyses comparatives sur la situation en Erythrée. Elle met toutefois en exergue une série spécifique de domaines sur lesquels il convient de se pencher, à savoir:

  • la création d’institutions assurant le respect de l’Etat de droit;
  • une évaluation transparente (1) de l’appareil judiciaire et (2) de la situation des droits humains, soutenue par des données réelles afin d’apporter les améliorations appropriées;
  • une évaluation de l’indépendance des juges, avocats et procureurs;
  • un combat contre l’impunité institutionnalisée.

Elle termine sa déclaration en réitérant son ouverture pour un dialogue et un partenariat avec les autorités érythréennes.

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